LA CAMARGUE       

 

Situation géographique

 

 

 

Dans le département des Bouches-du-Rhône.

Porte de la Camargue : ARLES, ville d'Art et d'Histoire, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.

 

 

 Historique de l'Arlésienne

 

 

 

Le 1er octobre 1872, le théâtre du Vaudeville présente « l'Arlésienne », pièce en trois actes, accompagnée d'une musique de Georges Bizet.

C'est un drame vécu dans la famille de Frédéric Mistral qui est à l'origine de la pièce. Ce fut un échec retentissant de la part du public parisien qui chercha en vain cette Arlésienne dont on parlait beaucoup et qu'on ne voyait jamais.

Rappelons que l'Arlésienne se passe en Camargue, au mas de Castelet, dans les environs du mas de Giraud.

 

 

 

Le Trésor d'Arlatan

 

 

Dernier roman de Daudet, paru d'abord en 1895 dans le « Figaro », et publié en 1897. Il s'inspire du récit antérieur « En Camargue », paru dans Etudes et Paysages, en 1874.

« Le Trésor d'Arlatan » dédié au cher souvenir de Timoléon Ambroy.

Le roman commence par un poème en provençal « La Cabane ».

Daudet s'imprègne de cette vaste région attractive et mystérieuse.

 

Ecoutons Daudet    C'était une ligne uniforme, indéfiniment prolongée, coupée d'étangs et de canaux étincelants dans la blondeur des salicornes. Pas d'arbres hauts ; des bouquets de tamaris et de roseaux, comme des îlots sur une mer calme »  avec « la lumière d'une belle journée entre un soleil rouge et un ciel bleu admirable ».

 

 Daudet nous décrit  aussi la Camargue des marais dans une lente et noire macération où l'écrivain s'engloutit. Un Daudet sombre, perclus de douleurs qui n'a plus que quelques mois à vivre.

 

L'acteur principal du roman :« Arlatan » rebouteux que Daudet a bien connu propose ses herbes et ses potions magiques, ZIA , sœur de NAIS, possédée et tentée d'aller vers Arlatan : « Une force mauvaise m'a portée chez cet homme ... ». « Il y a des moments où je ne suis plus moi... des flammes me traversent, m'enlèvent... ».

 

Ce roman mêle sorcellerie du Midi, maléfices, merveilleux et la dualité du bien et du mal.

C'est un condensé des courants de son époque, romantisme, réalisme naturalisme et impressionnisme.

 

En 1887, il est reçu chez son cher ami Timoléon Ambroy au mas Blanc. Pour le rejoindre aujourd'hui, il suffit de prendre la nationale 113 Arles-Nîmes, en tournant à droite après le lieu-dit la Tourette.

 

Ce jour-là, Mistral se trouvait au  mas de Vers. Une photo célèbre où l'on voit Daudet assis sur une chaise et Mistral dans un fauteuil en pleine nature immortalise les deux amis.

 

LA CABANE

La famille Ambroy possédait le Château de Montauban à Fontvieille, mais aussi une cabane près du Vaccarès. Daudet aime y séjourner dans la solitude, c'est pour lui un refuge, un cagnard comme le fut le moulin de Fontvieille.

Ecoutons Daudet

« ...Comme il fait bon dans la cabane... »

« A perte de vue, autour de la Cabane, s'étalait un gramen ras et fin, criblé de petites fleurs d'hiver, qu'on ne rencontre qu'en Camargue et dont quelques-unes, comme les saladelles, changent de couleur à chaque saison ».

 « Un toit de roseaux...  c'est l'après-midi surtout que la cabane est charmante... « coumo fai  bon quand lou mistrau, pico la orto emé si bano, estre soulet dins la cabano ».

 

Malgré ses douleurs, Daudet et Julia invitent Timoléon Ambroy,  Edmond Goncourt, ainsi que Théodore Aubanel à l'hôtel du Nord, aujourd'hui Hôtel Nord-Pinus.

 A l'époque, l'endroit s'appelle « Place des Hommes ».

 A l'angle de l'hôtel, un reste de fronton et deux colonnes corinthiennes, ce qui demeure d'un temple antique ou d'une porte.

 

       

 

 

Ils visitent Saint Trophime et son cloître, le Théâtre antique, les Arènes.

 

 

Le fameux pont de Trinquetaille se souvient encore des frasques du jeune Daudet.

 Son grand ami Mistral disait de lui :

« Daudet joue au casse-cou ; il se lance à la nage dans tout ce qui est vie, lumière et joie ».

 Mistral, Daudet, Anselme Mathieu et le peintre Grivolas se font conduire en barque de l'autre côté du Rhône à l'Auberge de Trinquetaille

 

Sur l'ancienne « Place des hommes », vers la St Jean, on voyait des milliers de tâcherons des moissons, debout avec leur faucille attachée dans un carquois qu'ils nommaient la badoque.  

 

Daudet retrouve ses amis Mistral, Roumanille, Aubanel, Mathieu au milieu d'une foule de bergers venus se louer au fermier des Mas.

 

Pour Goncourt, le costume provençal de la femme du pays d' Arles « a quelque chose à la fois de monastique et d'aphrodisiaque  ».

Pour Daudet, Arles se dit Arlésienne : « la beauté , la sensualité vivante, la parure, le provençal pur avec une intonation câline, féline symbolisant l'habitante d'Arles, mais aussi son côté femme fatale qui fait tourner la tête aux hommes ».


Deux destins auraient pu se croiser Van Gogh en 1888 et Daudet en 1891 à trois ans de distance sur le quai de la gare d'Arles.

 

 

Mistral  emmène son ami Daudet au pèlerinage des Saintes Maries de la Mer. Descente sous la voûte du chœur et de l'abside, là où sont enfermées les reliques vénérées de Marie Jacobé, Marie Salomé et leur servante Sara.

 

C'est encore à l'hôtel du Nord que Daudet descend quand il vient voir, pour une dernière fois, son ami Timoléon Ambroy de Fontvieille hospitalisé à Arles. Après le décès de Mme Ambroy, ses fils se sont querellés. Daudet n'a de cesse de réconcilier les frères. Il est exténué, rongé par sa maladie, mais reste digne et pudique et cache sa souffrance.  Après avoir étreint son vieil  ami, à la gare d'Arles, en attendant le train, il lit son Montaigne, qu'il oubliera sur le banc. C'est l'ami Jules Auvergne de Fontvieille qui le retrouvera.

 

La Camargue : terre de contrastes

Ecoutons Daudet : « …La Camargue qui prolonge jusqu'à la mer son herbe courte et ses marais pleins de roseaux... ».

 

« …. à perte de vue, espace infini d'horizons bleus et de ciel ouvert... le mistral...de son haleine puissante semble agrandir le paysage... les moindres arbustes gardent l'empreinte de son passage ».

 

« Comme de la mer unie malgré  ses vagues, il se dégage

de cette plaine un sentiment de solitude, d’immensité,

accru encore par le mistral qui souffle sans relâche et qui,  de son haleine puissante, semble aplanir, agrandir le paysage. Tout se monde se courbe devant lui. Les moindres arbustes gardent l'empreinte de son passage, en restent tordus, couchés vers le sud dans l'attitude d'une fuite perpétuelle... »

 

 

« … l'heure exquise c'est le crépuscule... où l'eau... garde si longtemps la lumière... En paix le grand soleil rouge descend enflammé, sans chaleur. La nuit tombe ».

 

« … si vous sentez venir le péril, faites comme les bœufs  en Camargue, les jours d'ouragan. Ils se serrent entre eux, toutes les têtes baissées et tournées du côté de la bise. Nos bergers provençaux appellent cette manœuvre : (via la bano au giscle), tourner la corne au giscle, à l'embrun. Je vous la recommande la manœuvre. »

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