Barbentane – Sur les traces d’Alphonse Daudet

 

Alphonse Daudet est sans conteste  l’écrivain le plus connu de notre territoire.

Dans son œuvre riche et complexe, il évoque beaucoup de nos villes et villages et fait deux fois références à la commune de Barbentane.

La citation de la plus importante concernant le village se trouve dans Numa Roumestan  (1881) : « La farandole était menée par un gars de Barbentane, le pays des danseurs fameux… »

Cet extrait est intéressant car il montre d’une part l’importance de la Farandole, symbole provençal par excellence, à Barbentane, mais aussi car il a été matérialisé par une œuvre d’art, une sculpture, qui orne désormais la place de la Salamandre, au cœur du vieux village, récemment rénové.

Créée par l'artiste Christiane Chamand Debenest en 2011, la sculpture « la Farandole » est une œuvre unique, destinée à renforcer l'identité provençale de Barbentane.

Construite avec 350 kilos de terre crue et coulée dans le bronze, elle représente 5 jeunes provençaux qui exécutent une farandole. Cette œuvre commémore également les deux groupes de farandoleurs qui se sont distingués à Barbentane à la fin du XIXe siècle : la « farandole provençale » et « l'hirondelle de Barbentane ». Ils comptaient dans leurs rangs des danseurs de niveau national dont la réputation a donc  été rapportée dans ce célèbre roman d'Alphonse Daudet.

Cette œuvre forme le point de départ d’un parcours nous permettant de découvrir le riche patrimoine de Barbentane

Situé au confluent du Rhône et de la Durance, Bellinto, village ligure, subit au cours des premiers siècles, l’invasion des Celtes, Romains, Barbares et Sarrasins. C’est pour s’installer sur les hauteurs, à l’abri de remparts protecteurs que Bellinto quitte la plaine et devient Barbentane.

Au fil des siècles, des personnages illustres, tels que le Pape Urbain V, François Ier, Richelieu et Louis XVI, y font des haltes plus pacifiques.

Sur leurs traces, flânant dans Barbentane, vous découvrirez :

Le Balisage Touristique : Circuit de découverte du patrimoine constitué de 16 plaques en lave émaillée implantées sur les monuments les plus représentatifs de la commune.

Un fascicule d’accompagnement est disponible à l’Office de Tourisme.

 

La Prison : Construite au XIIIe ou XIV ème s. comme Tour des remparts, très tôt utilisée comme prison, restaurée en 1991, elle fut intensément utilisée pendant la Révolution au gré des pouvoirs locaux changeants : révolutionnaires fédéralistes (girondins), jacobins (les sans culotte dits aussi les « rouges), ou royalistes  (les « Blancs ». On y vit même ensemble, tant  la confusion était extrême, des fédéralistes emprisonnés par ordre du Comité de Salut Public et des jacobins arrêtés par la Municipalité fédéraliste ! Les Barbentanaises n’échappèrent pas à cette geôle : huit d’entre elles y furent jetées lors d’une manifestation d’une centaine de femmes réclamant  la réouverture de l’église en 1794. Elles furent, comme tant d’autres, transférées par charrettes au redoutable château de Tarascon. Cette prison est ouverte chaque année pendant les Journées du Patrimoine.

 

La Petite et La Grande Pousterle : Ce sont les passages en partie couverts qui faisaient  communiquer le village et la Montagnette.  Leur nom vient du provençal «pousterlo» qui signifie porte ou poterne. La petite Pousterle partant de l’angle intérieur Sud-Est des remparts est de nos jours condamnée. La grande Pousterle longe l’ancien rempart  Est. Et le château des Robin bien aménagé au  XIX ème s. par  l’adjonction de deux tours et d’un élégant ponceau qui franchit  la Pousterle.

 

La Tour Anglica : D’une hauteur de 28 m, elle fut construite en 1365 sur l’emplacement d’une ancienne tour des évêques d’Arles par le cardinal Anglic de Grimoard, frère du pape Urbain V. Elle appartint jusqu’à la Révolution à l’archevêque d’Avignon qui était Coseigneur principal de Barbentane bien que n’y séjournant qu’assez peu.

Elle était flanquée sur son côté Est d’une résidence épiscopale aujourd’hui disparue et qui avait été très remaniée en 1665. Elle fut chantée par Mistral dans les Iscles d’Or.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Porte Calendrale : Existante dès 1302, elle commande l’entrée des remparts nord. En 1740, malgré l’ardeur de son seul défenseur, le bourgeois Paul-Antoine Bijaudy, un conseil municipal décida sa démolition pour plusieurs raisons : son inutilité puisque les remparts attenants n’existaient presque plus, les scandales nocturnes dont ses guérites n’étaient le refuge, la gêne provoquée par son étroitesse pour les charrois de bois du four banal tout proche et enfin, tout simplement, par le besoin de belles et bonnes pierres exprimé par bien des habitants. Il s’ensuivit une longue attente, nul n’osant passer à l’acte. Un conseil de 1752 confirma, mais la porte est toujours là et c’est tant mieux ! Seules ses herses, ainsi que celles du Séquier, furent vendues en 1732.  

 

L’église : Son édification s’étend sur sept siècles ! L’austère nef d’entrée en fut au XIIIème siècle. L’origine, entièrement romane avec une petite chapelle latérale (autel saint Roch de nos jours). Cet ensemble est conforme à l’idée qu’on se fait de l’église d’une cité repliée en son « castrum ». Puis elle s’est façonnée, élargie. Le prolongement au XIVème s. en gothique provençal jusqu’à l’abside avec la chapelle des seigneurs Cabassolle et Puget (chapelle de la Vierge de nos  jours), la chapelle Sainte-Croix (début XVème) dès l’entrée à gauche en descendant quelques marches, le clocher et sa flèche (fin XVème s.), la nef latérale Nord (XVIème s.), la chapelle des seigneurs Mondragon (XVIIème s.) à gauche au fond de l’église et enfin la nef latérale Sud (fin XIXème s.). Sans oublier, bien sûr, le magnifique porche d’entrée (XVème s.) classé Monument Historique.

Cette église connut des périodes fastes et intenses en un temps où il y eut jusqu’à huit ou neuf prêtres à Barbentane et de plus tragiques (fermée par la révolution, son mobilier incendié sur la Place en 1793, sa flèche démolie en 1794 et depuis reconstruite).

La Maison Des Chevaliers : Maison seigneuriale de Guillaume de Barbentane, sans doute l’un des tout premiers seigneurs du lieu vivant en 1133. Suite à des alliances, vécurent ici sans discontinuer jusqu’à la fin du XVII ème s. les familles de Réal, de Cabassole et de Puget dont l’actuel Marquis de Barbentane est le descendant. Cette maison forte s’est agrémentée au XVIème s. d’une élégante façade avec galerie et arcades. Elle était en angle à l’Ouest et au Nord de la Place. S’y trouvant sans doute à l’étroit et les temps se faisant plus paisibles, Paul-François de Puget (1635-1701) entama en 1674 la construction du magnifique château au nord de la ville. L’aile Nord avait été acquise dès 1665 par la Communauté pour y installer une Maison de Ville qui faisait cruellement défaut jusqu’alors. Puis la demeure principale (aile Ouest) fut démembrée et progressivement rachetée par de riches familles de marchands ou artisans de Barbentane. Le Maire Joubert habitait la partie à l’entrée de la Pujade lorsqu’il y fut assiégé et malmené en 1792, au temps où la violence révolutionnaire se répandit. Cette maison est classée Monument Historique depuis 1929.

 

L’hôtel de Ville : Demeure des Chabert, probablement  construite par le notable Louis Chabert (mort en 1652 env.), au temps où la noblesse, la bourgeoisie et les artisans en quête d’espace cherchaient à quitter le centre-ville trop exigu.  C’est son fils Jean de Chabert (1627 env-1705) qui eut l’insigne honneur de recevoir et loger ici le jeune Louis XIV en route pour son mariage à Saint Jean de Luz, négligeant ainsi les très frondeurs seigneurs du lieu, de Puget et Robin. Jean de Chabert acquit à grands frais l’Office de Maire de Barbentane et l’anoblissement qui allait de pair et le transmit à son fils, mort en 1748. La communauté racheta cette charge. Jean-Antoine de Chabert petit fils du précédent fut le très royaliste Maire (1816-1830) à la Restauration. .  .  

En 1884 la municipalité de gauche d’Henri Mourret souhaita acquérir les lieux pour y implanter les Ecoles, et la municipalité conservatrice suivante (1885) de Pierre Terray poursuivit l’idée et  y groupa (1888) la Mairie à l’étage et la Poste-Télégraphe au rez-de-chaussée, les écoles étant construites sur les terrains vacants à l’arrière.

Cet édifice élégant est surmonté d’un campanile et d’une cloche de 250 kg qui peut être entendue dans toute la campagne.

 

Le Moulin De Bretoule : Il y avait sur la Montagnette six moulins à vent pour moudre le blé aligné sur « La Coste », lieu bien venté et autrefois dépourvu de tout arbre. Ils furent construits entre 1680 et 1774. Le seul subsistant, daté de 1774, est celui de Bretoule.construit par un meunier nommé Louis Berlandier. Bien que ne tournant plus depuis 1845 environ, il resta propriété de la famille. En 1898, l’original Claude Berlandier, arrière- petit- fils du bâtisseur, y fut trouvé pendu. Il avait souvent déclaré qu’il se supprimerait quand il n’aurait plus que deux sous en poche. Le nom de Bretoule vient du provençal « bretouneja » (bredouiller), petit défaut de langage fréquent dans la famille.

 

 

La Porte Du Séquier : Du XIII ème s. comme la Porte Calendrale, elle dut être reconstruite dès le début du XV ème et élargie. Elle est dominée par une tour carrée et le Capitaine de Ville, responsable de l’ouverture ou de la fermeture des herses, habitait une demeure adjacente à l’intérieur du rempart. Un écusson gravé dans la pierre au-dessus de l’arcade extérieure et aux armes du Roi François Ier fut martelé par les révolutionnaires et récemment remplacé par le blason moderne de la ville. L’écusson d’origine marquait le souvenir du passage du Roi en 1524 alors qu’il était en route avec son armée pour l’Italie où l’attendait la cruelle défaite de Pavie.

L’origine du nom « Séquier » fait l’objet de controverses, l’hypothèse la plus probable est que ce quartier Sud bien ensoleillé était propice pour faire sécher les récoltes (en provençal « seca » veut dire sécher).

 

De par sa situation géographique et son emplacement naturel inégalé, Barbentane a également attiré en tout temps des familles nobles désireuses de s’y établir. Leurs illustres membres ont laissé leur empreinte par les monuments qu’ils ont bâtis, comme nous venons de le voir dans les paragraphes précédents.

Cela nous mène à la deuxième citation de Daudet sur le village, qu’on trouve dans son œuvre maitresse Lettres de mon moulin (1887) : « Le Mas-de-Giraud est une vieille ferme des seigneurs de Barbentane, où nous entrons pour attendre le garde qui doit venir nous chercher ». 

 

Les  deux châteaux qui ornent le village, le Château d’Andigné et le Château des Marquis de Barbentane, en sont les plus belles illustrations.

 

 

Nous ne pouvons refermer ce chapitre sans évoquer le patrimoine naturel du village.

 

Qui peut résister à l’attrait des chemins couverts de pins, d’oliviers, d’abricotiers et d’amandiers, et de notre Montagnette  ?

Au pied de la colline ensoleillée, Barbentane cultive ardemment son art de vivre.

Nous vous invitons à flâner au cœur de la plaine maraîchère et fruitière façonnée par l’homme, en cheminant entre roubines et haies de cyprès.

Enfin, à Barbentane, n’oublions pas que la tradition est ardente mais qu’elle y a toujours un air de fête.

Des manifestations vous seront proposées toute l’année :

 

Nous espérons vous voir nombreux découvrir les attraits de ce village que nous aimons tant et qui a été mis deux fois à l’honneur dans l’œuvre du grand Alphonse Daudet.

 

Lors de votre visite, n’oubliez pas de déguster notre spécialité, la tirette, que vous trouverez dans nos boulangeries, une raison supplémentaire de prolonger votre séjour !

 

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