BEAUCAIRE

Situation géographique

Beaucaire est située dans le département du Gard et dans la région Languedoc Roussillon.

Toponymie :  de l’antique UGERNUM(celtique ), à l’époque romaine , le lieu  devient BELLI QUADRUM = place forte par sa hauteur sur le Rhône enfin la ville portera le  joli nom du provençal  BEL CAIRE=  belle  pierre voir :  «  le beau coin » 

 

BEAUCAIRE ville d'adoption de notre amie fidèle et membre de la Fédération Christiane Chamand Debenest qui a eu la gentillesse de nous passer ses documents personnels et  nous confier :

 

« L'étoile de Noël fut celle de mon destin,  car elle me fit naître à Poitiers. La région poitevine avait dans son patrimoine les signes prémonitoires d'un chemin lumineux qui devait m'amener vers le Midi en compagnie de l'histoire qui relie ma ville Poitiers à celle où je vis BEAUCAIRE !! Deux villes qui portent le label « d'ART et d 'HISTOIRE ».

Que de coïncidences !! Pensez donc !! Déjà le parler de ma grand-mère maternelle de Civray est imprégnée de celle dont Guillaume de Poitiers, félibre avant la lettre fut le chantre et qui devint la langue que Mistral a magnifiée et conservée dans ce Midi qui, pour moi fait communier la Provence et le Languedoc parmi les sept régions parlant la langue d'Oc ».

De plus, Saint Gilles, protecteur de Civray, accompagne les pèlerins de Compostelle qui passeront dans la ville de Saint Gilles du Gard.

Plus violemment certes ! Charles Martel de Poitiers passe par Aubusson pour atteindre le Gard à Montfrin, village où vécu Henri Reynaud, le Tartarin de Daudet.

Quant à la poésie qui hante mes rêves : la chèvre marron,  de ma grand-mère paternelle rencontra pour mon bonheur grâce  à notre ami Alphonse Daudet, la chèvre blanche de Moussu SEGUIN...et bien d’autres coïncidences !!   ... Aussi, quel beau mariage que la rencontre de mes deux régions !!

 

Alors, suivons le fil de l'histoire de BEAUCAIRE à travers la tapisserie d’Aubusson dont j'ai eu l'honneur de créer le carton Elle porte  le nom bien mérité :  « D ART et d’HISTOIRE » exaltant ,    ainsi , Beaucaire   dans son patrimoine et ses sites merveilleux.

 

Influence de Beaucaire dans l'œuvre de Daudet

Le père du petit Alphonse, Vincent Daudet, soyeux à Nîmes, avait coutume de faire la grande foire de Beaucaire.

 

Voici ce que disait Ernest Daudet, le frère d'Alphonse :

« La maison Daudet se transportait avec ses marchandises et son personnel dans la petite ville (…). Quoique six lieues à peine séparassent Nîmes de Beaucaire, on ne nous emmenait pas en foire, nous les petits. On  nous laissait à la maison. Mais elle nous appartenait ; nous y régnions souverainement et Dieu sait de quel bruit nous la remplissions. Puis, au retour, notre père nous rapportait un souvenir qui était comme le couronnement de cette période d'indiscipline, de gâterie et de libre allure : une cravache, une boîte de géographie, un sabre, un clairon, des riens qui nous ravissaient ». Mon frère et moi.

 

Passages sur la Foire de Beaucaire dans « Numa Roumestan ».

 

 

« … un mouvant champ de foire, balançant ses bateaux de toutes formes, ses chaluts aux voiles latines, venus d'Arles, de Marseille, de Barcelone, des iles Baléares, chargés de vins, d'anchois, de liège, d'oranges, parés d'oriflammes, de banderoles qui claquaient au vent frais, se reflétant dans l'eau rapide. Et ces clameurs, cette foule bariolée d'Espagnols, de Sardes, de Grecs en longues tuniques et babouches brodées, d'Arméniens en bonnets fourrés, de turcs avec leurs vestes galonnées, leurs éventails, leurs larges pantalons de toile grise, se pressant aux restaurants, en plein vent, aux étalages de jouets d'enfants, de cannes, ombrelles, orfèvrerie, pastilles du sérail, casquettes.
Et ce qu'on appelait « le beau dimanche », c'est-à-dire le premier dimanche de l'installation, les ripailles sur les quais, sur les bateaux, dans les trattorias célèbres, à la Vignasse, au Grand Jardin, au café Thibaud ; ceux qui ont vu cela une fois en ont gardé la nostalgie jusqu'à la fin de leur existence ».

 

Ecoutons Daudet dans son livre « Premier Voyage ».

 

Première nuit à Beaucaire pour  les deux adolescents de quinze ans Alphonse et son cousin :  Léonce Vermez.

« L'aubergiste nous a donné, à mon jeune cousin et à moi,  sa grande chambre pour que nous ne soyons pas en bas au cabaret avec les soldats, sa clientèle habituelle ».

« L'angélus du matin sonnait sur les deux rives, aux clochers de Beaucaire comme a ceux de Tarascon, dont on voyait en face étinceler les blanches pointes, par-dessus les créneaux et les hautes murailles rousses du château du roi René ».

La foire de Beaucaire, un grand marché européen, Les Presses du Languedoc, 2002 par Maurice CONTESTIN.

 

La devise de Beaucaire fut : « Célèbre pour sa foire, illustre par sa fidélité ».

 

Cette foire se déroulait sous le vocable de sainte Marie-Madeleine, et elle débutait, chaque année, la veille de la fête de la Sainte, le 21 juillet.

 

Alphonse Daudet dira de cette Foire « elle était la féerie de l'année,... à la chaude lumière de juillet... le long du pré au bord du Rhône... bateaux de toutes formes... tartanes, voiles latines... ceux qui ont vu cela une fois en ont gardé la nostalgie jusqu'à la fin de leur existence ».

Les marchandises venaient des quatre coins de l'univers... et le port était «  une danse dans le soleil », soulignera Frédéric Mistral dans son poème du Rhône évoquant la foule cosmopolite, les marchands, la batellerie et son fouillis de voiles et de couleurs...

 

L'Hôtel de Ville de Beaucaire, se trouve une magnifique tapisserie d'Aubusson, œuvre de notre amie peintre  Christiane Chamand-Debenest qui nous l'a commentée.

Nous découvrirons donc les richesses du patrimoine de Beaucaire à travers cette tapisserie.

 

Construction des motifs de la tapisserie.

 

Les motifs de la tapisserie s'inscrivent dans une atmosphère SANG et OR, couleurs emblématiques de Beaucaire, du Languedoc et du Midi.

 

Sang : le rouge de la force et de la passion.

Or : la royauté, sa suprématie, le brillant de la civilisation et du soleil.

Le blason du Royaume est simplifié dans ses détails et dans sa géométrie.
Les couleurs symboliques sont dans l'ordre avec la présence de la triple fleur de lys.

 

Puis, nous  retrouvons sur les hauteurs de ses collines, l’Ugernum, de l’antiquité,  mot   désignant  un lieu en hauteur, qui  devient pendant la période romaine  un castrum.

Cette place forte  permet la  conquête du sud du pays, grâce à la voie dont le nom : DOMITIENNE porte celui de Cneus Domitius Ahenobarbus, proconsul sous le règne de l'empereur Auguste, en 27 av. J.C.

Cette route unira l’Espagne à l’Italie. Les BORNES MILLIAIRES la symbolisent 

Elle s’ajoute  à la présence du Rhône autre voie d’accès, qui sera toujours un avantage pour la notoriété de la ville au cours des siècles.

Notons les nombreux vestiges de l’époque romaine que l’on peut voir dans le très beau musée Jaquet du château

En plus  au  Mas des TOURELLES, lieu viticole  sur un site archéologique,  où le vin est produit à la façon romaine.

Le Château :

 

Nous l’avons plus haut présenté comme le gardien sur sa hauteur  le « BEAU ROCHER   autre traduction du « Bel Caire « 

Ses   belles  murailles entourent et protègent les maisons au pied du fier château des Comtes de Toulouse.

 

Parmi tous les événements et les sièges que ses murs  retiennent en mémoire, on peut évoquer  l'épisode fameux où le prestigieux beaucairois

Raimond VII, Comte de Toulouse, tient en échec les Croisés que Simon de Montfort avait installés dans le château.

Raimond VII a 19 ans, et, il fait le serment suivant :

« C 'est à Beaucaire que j'ai trouvé la vie, c'est donc à Beaucaire que je trouverai la gloire et la mort... ».

 

Il assiège le château, y enferme la garnison des Croisés et, après deux mois de siège, le 15 août 1216, Beaucaire est libérée.
Par le traité de Paris en 1229, le roi saint Louis rattache le Languedoc au royaume de France.

A côté de la violence des guerres, il ne faut pas oublier les cours d’amour où les troubadours de langue d’oc composant  leurs galantes poésies  .De plus , au XIII e siècle c’est aussi là que nait la célèbre  histoire  des amours contrariées du fils du comte GARIN de Beaucaire  qui donnera l’œuvre :    AUCASSIN et NICOLETTE.

Pour servir la  Foi de nombreux  lieux saints : le génie des artistes pour chanter Dieu serviront de beaux monuments :

 

SAINT ROMAN


Sur l'une des trois collines, proche de la ville, nous voyons au loin des rochers et de la verdure cachant cette abbaye troglodytique qui date du Vème siècle, et, qui reste un trésor unique, reflet d'une forte spiritualité ayant perduré pendant plusieurs siècles.

Elle renferme dans ses vestiges, des tombes et des voûtes ayant sans doute entendu, les chants et les prières de moines acétiques rassemblés autour de la cathèdre, siège de leur prieur.

Notre-Dame des Pommiers

 

L'ancienne église est romane du XIIème siècle est encore présente dans quelques  vestiges, comme le merveilleux  bas relief  de la passion du christ.
 Cette sculpture  est  romane, mais  l'église elle, est baroque, datant du début du 18ème siècle et bâtie sur les plans de Jean-Baptiste Franque.

 

MARIE MADELEINE

 

Arrivée dans le bateau des Saintes Maries, elle s'isole à la Sainte Baume, où elle achève sa vie.

Son culte est très répandu dans le Midi et la Foire est une raison de plus pour accomplir le pèlerinage.

Dans la tapisserie, placé à l’intérieur de N.D. des Pommiers  un tableau  de Jean VIGNAUD représente  la Madeleine du matin de Pâques, sous le titre « noli me tangere », (ne me touche pas), 

Elle tient une petite urne d'aromates, pourquoi pas, le Saint Graal !

Elle est inscrite dans un triangle, la pointe vers le bas, symbole de la féminité.

Son abondante chevelure est celle d'une très belle femme qui pouvait aimer et être aimée de Jésus.

 

La Croix couverte

 

A la sortie de Beaucaire sur la route de Fourques, se dresse un gracieux oratoire du 14ème siècle bâti par Guillaume de Chalençon à la demande du duc de Berry.

 

Cet « Ouradou », n'abrite plus la croix qui lui a donné son nom.

Elle est aujourd'hui visible au Musée  Auguste Jacquet, dans les jardins du château.

 

L’EGLISE  SAINT PAUL des  CORDELIERS  ou FRERES MINEURS.

Comme Jésus descend de la maison de David, l'étoile de l'église Saint Paul en est  le symbole.

 

Ces religieux font partie des Ordres créés par Saint François d'Assises.

 

A savoir que sa mère : Donna PICA  tarasconnaise, épousa  sir Bernardone  drapier d’Assise venu à la foire de Beaucaire vendre sa marchandise. Les parents donneront à leur fils   le nom de FRANCOIS= le français

 

    La corde aux trois nœuds était portée par les moines.
Elle est le symbole de leurs trois vœux : la pauvreté, la charité, la chasteté.

 

L'HOTEL DE VILLE, une MERVEILLE qui évoque les SPENDEURS DU GRAND SIECLE

 

Le soleil résume à lui seul tout ce bâtiment.

Ce soleil qui brille si souvent dans le ciel du Languedoc,   symbolise ici, le 17ème siècle, le grand siècle, celui de Louis XIV.

L'Hôtel de Ville est le monument le plus somptueux du patrimoine beaucairois.
Construit de 1679 à 1683, il est dû à un architecte nîmois Jacques Cubizol et à un entrepreneur Chamontin, sous la direction d'un Inspecteur des Bâtiments Royaux, M. de la Feuille.
La magnificence de ce monument rayonnait à travers toute l'Europe par ceux qui l'avaient vu.

 

BONAPARTE ET LE SOUPER DE BEAUCAIRE


Le peintre LECONTE DU NOUY
représente la scène de ce souper en contrejour

 Dans les temps troublés de l'après Révolution, en 1793, Beaucaire subit des événements tragiques et le capitaine d'artillerie, un certain Napoléon encore Bonaparte, de passage à Beaucaire rapporte dans ses souvenirs :

 

Je me trouvais à Beaucaire le dernier jour de la Foire...

LE RHONE

 

Seigneur omniprésent, il roule ses flots à travers les époques et les modes. Il raconte les heurts et les malheurs de ses rives. Il a ses colères et ses cadeaux d'abondance, il apporte la vie.

Les voiles des bateaux du temps des foires sont transparentes et légères. Elles gomment le temps qui passe.
La vapeur transformera les habitudes et apportera un progrès positif et négatif à la fois. Il restera une certaine nostalgie...

La folie des hommes détruira ses ponts et leur génie les reconstruiront.

 

LES TEMPS MODERNES, AUJOURD'HUI A BEAUCAIRE :

 

Le temps a tissé cette belle histoire qui continue.
 De  l’écusson rouge et or aux fleurs de lys,  du Royaume , nous trouvons les couleurs bleu, blanc, rouge de notre drapeau

 Les jours s'écoulent sur le joli port, construit, peu à peu, rénové et embelli par le bon goût de ceux qui sont les gardiens de notre  belle ville.
                                              BEAUCAIRE 

Dans une République,,  entre  travail  et  jours de fêtes où brille le beau costume  des traditions,  on ne devrait couler que des jours calmes, justes et heureux.

 

    Texte rédigé   Christiane CHAMAND DEBENEST

 

 

Dans l'œuvre de Daudet, nous mentionnerons : «  la fameuse diligence de Beaucaire.... une bonne vieille patache.... qui flâne tout le long de la route... ». ( Une Lettre de mon moulin).

 

Le Musée Auguste Jacquet

Ce musée offre avec ses 800 m2 d'exposition, la découverte d'une ville d'Art et d'Histoire aux multiples facettes.

A travers les périodes les plus fastes de l'histoire de Beaucaire, laissez-vous séduire par ses collections, témoignages de la singularité culturelle de cette cité rhodanienne.

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