BEZOUCE

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Situation géographique :  Bezouce est un village médiéval aux confins de la garrigue, situé entre Nîmes et le Pont du Gard. Bezouce fait partie des 79 communes membres du Schéma de Cohérence Territoriale SCOT du Sud du Gard, ainsi que des 41 communes du Pays Garrigues et Costières.

 

Ecoutons DAUDET : «...Où les grands hommes ont habité, quelque chose d'eux-mêmes erre et flotte dans l'air jusqu'à la fin des âges », extrait de Tartarin de Tarascon.

 

I.             ALPHONSE DAUDET : Un écrivain illustre

 

Alphonse arrive vers trois ans à Bezouce dans la famille TRINQUIER.

La femme de Jean Trinquier est choisie pour élever le jeune enfant de santé délicate, en raison de sa parenté avec la fidèle servante de la famille DAUDET, Anne TRINQUIER, que plus tard, dans ses écrits Alphonse appellera la vieille « Annon ».

 

A Bezouce, il est élevé avec les enfants du village et de la famille Trinquier, dont une fille de douze ans, qu'il appellera dans un roman « La Trinquierette ». L'acte de naissance se trouve dans les registres à la Mairie de Bezouce (voir l'arbre généalogique de la famille Trinquier).

 

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La maison des Trinquier existe encore à Bezouce. Elle a été magnifiquement restaurée par un particulier au début des années 2000.

 

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Le jeune Alphonse suit tantôt Jean Trinquier à travers la campagne, dans les travaux des champs, mais aussi  la mère Trinquier, surnommée « la mamarre », notamment pour faire le lavage du linge à la fontaine de Geoffroy, source dont les eaux se déversaient dans un lavoir, rendez-vous de toutes les « bugadières » des alentours.

On peut encore voir l’architecture de ce lavoir à Bezouce sous lequel se déroulent les festivités de la commune.

 

 

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Alphonse Daudet conservera toute sa vie des souvenirs de sa prime enfance à Bezouce. Il en rapporte dans son oeuvre de fortes impressions, y compris…« du banc de pierre devant la maison ».

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Bezouce, c’est un peu mon Maillane à moi

 
 

 

 


C'est à ce contact familial, au cours de promenades avec ses petits camarades du village qu'il apprit le « patois » ; ce dialecte régional qu'on lui interdisait de parler dans sa propre famille, mais que plus tard, il devait défendre et écrire. Cette langue du terroir, entendue et parlée dès son enfance, marquera durant toute sa vie, ses écrits, son oeuvre littéraire, d'un  rythme, d'une expression musicale, d'une clarté sans égale.

 

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II. Influence de BEZOUCE dans l'Oeuvre d'Alphonse DAUDET

 

Ecoutons les confidences qu'il fit au grand félibre Baptiste BONNET :  «  Ces impressions d'enfance ne s'oublient jamais.... Comme MISTRAL dans son village, à BEZOUCE, j'ai communié avec le peuple, j'ai vécu de sa vie, de ses jeux, de ses chansons et de ses légendes. Si je n'ai pas partagé ses pénibles labeurs, je l'ai vu courbé sur la glèbe, dans ses lassitudes heureuses, sous les brûlures du soleil, aux moissons, aux vendanges.

 Le soir dans le calme des vespres, je l'ai vu... écouté conter ses travaux, et, sur le banc de pierre devant la porte de la maison de BEZOUCE, près de lui, je me suis grisé du moût divin de notre langue ».

 

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En 2008, le maire Daniel PRATS fait placer à chaque entrée de la commune, deux panneaux « BEZOUCE, berceau d'Alphonse DAUDET ». Chaque année le jour anniversaire de sa naissance, la commune organise une manifestation en hommage à Daudet.

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III  Etymologie de BEZOUCE

Le nom de la commune a évolué au cours de l'histoire du village :

En 1146, Bezouce s'appelait « Biducia », en 1384 « Bezocia » , au 15ème Bezouce.  Deux hypothèses  sont avancées :

« bis usta » qui signifie deux fois « brûlée », en raison des nombreuses attaques ou « bis ostium » qui signifie seconde halte, vu sa position sur l'ancienne voie romaine.

 

IV. Histoire et Patrimoine de BEZOUCE

 

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Des empreintes préhistoriques :

Lors de fouilles, de nombreux objets ont été découverts : poteries, pièces de monnaies, etc...

Le club archéologique de Bezouce présente de rares objets de la période gallo-romaine : broyeurs à grains, amphores, poteries, cruchons, assiettes-jattes, sigillées, lampes à huile, parures et colifichets en os, bronze, outils en fer.
La préhistoire locale est marquée par la culture Fontbouisse et la période du bronze final.

 

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Des empreintes romaines :

Le village est traversé par deux aqueducs.

L'un date de l'époque romaine, l'autre a été construit sous Napoléon III et s'appelle l'aqueduc du « POUZIN ». Cet aqueduc devait alimenter la ville de Nîmes, mais vu le coût des travaux, il ne fut jamais achevé. Il suit le tracé de l'aqueduc romain, soit sur le côté, soit en superposition.

 

Des empreintes barbares :

GOTHS, FRANCS, SARRAZINS, NORMANDS.
Les invasions répétées et les exactions mirent à feu et à sang le village de Bezouce.

Des empreintes des guerres de religion :

Besocia en 1384 est une paroisse du doyenné de Marguerittes, majoritairement de confession catholique. Les écoles sont dirigées par les Frères de Saint Andreol.

L'établissement des Frères a été fondé en 1859, par le Baron de Fontarêches.

Pendant les guerres de religion, Bezouce fut pris et repris par les deux partis ; deux fois, en 1562 et en 1579, les catholiques furent massacrés et le village pillé par les Huguenots.

Bezouce, entre Nimes et le Pont du Gard…

 
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Des empreintes royales :

 Bezouce était un village fortifié, entouré de remparts, petite place forte, objet au cours des siècles de sièges et de durs combats. Les grandes rues du coeur de village suivent l'emplacement supposé des remparts. Ceux-ci furent construits après 858, (incursions des normands) et détruits en 1629 sur l'ordre du Cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII. Le cardinal séjourna à Bezouce, du 4 au 7 juillet 1629, et y reçut la soumission des protestants de Nîmes.

Ironie de l'Histoire, face à la maison où vécut Alphonse Daudet, une immense bâtisse qui appartenait à la Famille des Montmorency. Les  armoiries se trouvent au-dessus de la porte.

Vers 1500, les eaux de Meynes et de Lafoux étaient renommées pour leurs bienfaits. La reine Claude de France, fille de Louis XII  et d'Anne de Bretagne, femme de François 1er avait l'habitude de venir y loger (1499-1524) avec sa garde royale, installée au camp de la Reine, aujourd'hui, emplacement des Arènes.

 

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La reine Claude de France eut sept enfants (trois garçons, quatre filles). C'est son deuxième fils Henri II qui devint roi de France. A la tête d'une importante armée, il campait hors des remparts de Bezouce.

 

François 1er, né à Cognac en 1494, mort à Rambouillet en 1547.

A vingt ans, François 1er succède à Louis XII. Il est sacré roi de France à Reims. Son règne va durer trente deux ans de 1515 à 1547.

Dans la mémoire collective des français, une date « 1515 », un exploit « Marignan ». François 1er avait une stature colossale, 1m95. L'armure d'apparat, fabriquée sur mesure, est actuellement exposée au Musée des Armées à Paris.

L'histoire nous relate le passage fréquent de François 1er, surnommé le « roi des rois » qui avait coutume de dire :  « une cour sans femmes est un jardin sans fleurs ».

 

Un roi mécène : grand amateur d'art, il fut surnommé « le père des lettres ». Le développement de l'imprimerie favorisa l'apparition de nouvelles et de livres.

Un roi bâtisseur : signe de sa puissance, la construction du Château de CHAMBORD.

 

Des empreintes de l'Evéché de Nîmes :

 Bezouce, fief catholique, fut successivement sous la dépendance des vicomtes de Nîmes, du Duc d'Uzès, du Comte de Toulouse, du Roi de France, et enfin des Evêques de Nîmes.
La seigneurie des Evêques de Nîmes par Bezouce date de 1269.

Un évêque va tout particulièrement prendre de l'importance, Monseigneur COHON. Il est nommé évêque de Nîmes le 12 septembre 1633 pour y jouer un rôle politique et administratif autant que religieux, face aux protestants. Il fut surnommé « l'évêque de fer ».

Monseigneur COHON s'était établi à Bezouce, une résidence d'été entourée d'un grand parc où il aimait venir se reposer.

L'évêque décède à Nîmes le 7 septembre 1670.

 

Des empreintes de la noblesse :

 Bezouce a connu l'installation d'une illustre famille d'Espagne.
Monsieur le Comte d'ESPANA, chevalier de MOLINES, comte et grand d'Espagne, maire de Barcelone.

Son épouse est issue de la Famille d'ORTEU.
Trois enfants naissent : Philomène, Anna, Joseph.

Don Joseph de ESPANA y de ORTEU épouse le 2 juin 1875, Amicie de DIGOINE du PALAIS.

 

La Baronnie du Baron de FONTARECHES :

 

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En 1807, le marquis de VALFONS, lieutenant général, acquiert la « terre de Bezouce » grâce au remboursement d'une dette de 100.000 francs par le duc d'Orléans, futur Louis Philippe II.

 

Sa fille Louise-Blanche MATHEI de VALFONS apporte en dot  la « terre de Bezouce » lors de son mariage, le 23 mai 1816, avec le Baron de Fontarèches, garde du corps du roi Louis XVIII. Le couple s'installe au château de Bezouce.

Pendant près d'un siècle, le Baron de Fontarèches  et ses descendants,

sont la providence et la gloire de Bezouce par leurs bienfaits, leur générosité et leur dévouement.

En 1859, le baron de Fontarèches donne une terre, finance  la construction de l'école privée actuelle et offre une nouvelle cloche pour l'église de Bezouce. Cette cloche a été fabriquée dans les ateliers de Monsieur Baudoin de Marseille.

 

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A la mort du Baron de Fontarèches, le château devient la propriété de

Monsieur de LATOUR du VILLARD qui le transmet à sa fille Madame de VILLELE.
En 1951, le Domaine de La Flourdalis et le Château de Bezouce deviennent la propriété de la Famille ROUX.

 

La Baronnie de la famille LONDES de PAYEN de l'HOTEL de LAGARDE. :

 

 

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Gustave Londes de Payen de l'Hôtel de Lagarde est né le 27 septembre 1856 à Bezouce et est décédé le 9 juin 1939 au château de GAZAVEL.

Il était rédacteur en chef au Ministère de l'Intérieur et avait épousé Thérèse de SAQUI de SANNES.

 

 

Leur fils Maurice né à Montfavet le 27 août 1896, marié à Marie PAVIN de LAFARGE décède à Bezouce le 20 août 1976. Ils ont six enfants :

Marie-Thérèse, Germaine, Micheline, Monique, Marguerite et un fils Jean, Marie, Charles que j'ai connu, décédé le 30 janvier 2006 à Bezouce.

Des empreintes d'un chemin de St Jacques de Compostelle :

 

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De nombreux calvaires furent érigés sur la commune de Bezouce.

J'en ai retrouvé onze, mais l'un d'eux m'a fortement interpellée c'est le calvaire de la Croix, en pierre dont les sculptures malmenées par le temps laissent cependant apparaître les insignes de la présence d'un chemin de St Jacques de Compostelle passant au pied de la Croix.

Le jacquet cheminait en sandales, une grande cape appelée, mantelet, et un chapeau feutre à larges bords. Il se munissait d'un bâton (bourdon), d'une besace et d'une gourde ou calebasse.

Le jacquet ne peut acquérir la coquille qu'au terme de son pèlerinage à Compostelle. Chaque  pèlerin reçoit un passeport appelé « créanciale ».

 

Les plus importantes des routes qui mènent à St Jacques se réunissent à PUENTE la REINA en Espagne.

 

La via Turonensis ou voie de Tours,

La via Lemovicensis ou voie Limousine,

La via Podiensis ou voie du Puy en Velay,

La via Tolosana ou voie de Toulouse.

Des empreintes des chemins casadéens :

Bezouce est fier d'avoir appartenu jadis, grâce au Prieuré de St André ou Casa Dei « Maison de Dieu », aujourd'hui disparu, au réseau des sites casadéens.

En juin 2009 est édité un livret casadéen qui montre le cheminement du ravitaillement des moines bénédictins entre la Chaise Dieu et la Méditerranée en passant par le Gard et les Cévennes.

 

Le réseau européen des sites casadéens est une association loi 1901, créée le 13 octobre 2001 avec la France, l'Espagne, l'Italie puis la Suisse.

 

 

L'église Saint-André

 

Les fresques de l'église sont aujourd'hui classées au registre complémentaire du patrimoine. Les peintures des trois nefs de l'église, de la chapelle de la Sainte Vierge et de la chapelle du Sacré-Coeur sont confiées à Monsieur Beaufort de Nîmes.  Les murs présentent la croix de Saint André traversée par une flèche.

Les semis de la nef principale se composent :

-      d'une chimère traversée par la croix

-      d'un lys entouré d’épines, tiré des armoiries de Mgr Gilly

-      d'une crosse (en souvenir du sacre d'un évêque dans l'église de Bezouce.

 

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La Glacière

 

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Cette construction circulaire en parfait état se trouve dans une propriété privée et date de 1860.

Au début du siècle, de nombreuses glacières furent démolies .
ou incluses dans des bâtiments, ce qui fait de celle de Bezouce un

patrimoine rare. Construction utilitaire d'un style particulier : une tour ronde de quatre mètres de hauteur pour huit mètres de diamètre.

Les murs sont épais de 60 cm. Sa couverture suggère un cône écrasé de 2 m de haut. Elle est composée d'un assemblage de dalles, disposées en rond, chaque rang recouvrant en partie le précédent.

Une porte et une baie sont les seules ouvertures, l'intérieur a une voûte en forme de demi-sphère.
A l'origine, cet édifice entourait un puits assez profond, on y déversait glace et neige durant l'hiver. Fortement tassé, ce mélange se conservait jusqu'à l'été. Il était débité et vendu aux utilisateurs durant la saison d'été.

 

 En parlant de son enfance Alphonse Daudet disait : « Plus je regarde, nous dit-il, plus je vois et compare, plus je sens combien les impressions initiales de la vie, de la toute première enfance, sont à peu près les seules qui nous frappent irrévocablement ».

JUMELAGE :

Bezouce est jumelée avec Corneliano d'Alba, Commune italienne de la province de Coni dans la région du Piémont qui  jouxte les Alpes-Maritimes et la province d'Imperia au sud.

En 2010, Corneliano d'Alba comptait 2O91 habitants.

 

 

Itinéraire recommandé dans BEZOUCE :

                                         

1.           Place des Coopératives ( Jadis Cave Oléicole et Cave Vinicole).

2.          Rue des Ecoles (Ecole Alphonse Daudet).

3.         Abside de l'église (souterrain avec la Maison des Evêques)

4.          Rue Croix du Sang

5.          Rue Saint-André (l'église)

6.          Rue de Provence  (Maison des Trinquier)

7.          Rue François 1er  (Résidence Claude de France)

8.          Place Corneliano (ancien cimetière)

9.          Rue du Château d'eau (la glacière)

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