FONTVIEILLE

Situation géographique

 

Fontvieille est une commune située dans le département des Bouches-du-Rhône.

Située au sud-ouest du massif des Alpilles et au nord de la Crau, à proximité d'Arles. Ses habitants s'appellent les Fontvieillois.

Fontvieille, un joli village : « ...Sur la route d'Arles, passé le mont de Cordes et l'abbaye de Montmajour... un grand bourg... une montagnette chargée de pins d'un vert désaltérant... en bas s'accote une grande maison blanche, le domaine de Montauban, orginale et vieille demeure... »

 

 

 

 

Influence des Cousins Ambroy du Château de Montauban dans l'œuvre de Daudet

 

 

 

La famille Ambroy possédait une magnifique demeure datant de la fin du XIIIème siècle.

Ecoutons Daudet décrire ce château : « … originale et vieille demeure qui commence en château, large perron, terrasse italienne à pilastres, et se termine en murailles de mas campagnard, avec les perchoirs pour les paons, la vigne au-dessus de la porte, le puits dont un figuier enguirlande les ferrures, les hangars où reluisent les herses et les araires, le parc aux brebis devant un champ de grêles amandiers qui fleurissent en bouquets roses vite effeuillés au vent de mars... »

La jeune et jolie Octavie, née Ambroy avait épousé Louis Daudet, le cousin d'Alphonse. Elle avait quatre frères : Louis qui fut consul, Ligier avocat, Alphonse notaire et Timoléon, appelait Tim, viticulteur au Domaine.

 

Ecoutons Daudet dans ce magnifique extrait « Histoire de mes livres, Lettres de mon moulin ».

 

 

« Braves gens, maison bénie !... Que de fois l'hiver, je suis venu là me reprendre à la nature, me guérir de Paris et de ses fièvres, aux saines émanations de nos petites collines provençales. J'arrivais sans prévenir, sûr de l'accueil, annoncé par la fanfare des paons, des chiens de chasse, Miracle, Miraclet, Tambour, qui gambadaient autour de la voiture, pendant que s'agitait la coiffe arlésienne de la servante effarée, courant avertir ses maîtres, et que la « chère maman » me serrait sur son petit châle à carreaux gris, comme si j'avais été un de ses garçons.

Cinq minutes de tumulte, puis les embrassades finies, ma malle dans ma chambre, toute la maison redevenait silencieuse et calme.

 

Le château de Montauban a des allures de mas à l'italienne, avec sa façade à cinq arcatures, ses pilastres et son toit en terrasse.

Daudet occupe la chambre à l'angle gauche du premier étage, celle qu'on nomme ici, la chambre du vent.

 

« A l'intérieur, même disparate de manoir  et de ferme, des galeries dallées et fraîches, meublées de canapés et de fauteuils Louis XVI, canés et contournés, si commodes aux siestes estivales ; larges escaliers, corridors pompeux où le vent s'engouffre et siffle sous les portes des chambres, agite leurs lampes à grandes raies de l'ancien temps.
Puis, deux marches franchies, voici la salle rustique en sol battu, gondolé, que grattent les poules venues pour ramasser les miettes du déjeuner de la ferme, aux murs crépis soutenant des crédences en noyer, la panière et le pétrin ciselés naïvement »
.

 

Daudet imprime à jamais son Midi en paroles, en images, en

 expressions, couleurs, senteurs, légendes, sobriquets dans ses veillées au coin de la grande cheminée du château de Montauban.

 

C'est peut-être là, dans le silence de Montauban que le génie de Daudet opéra pour la création d'un chef d'oeuvre « Les Lettres de mon Moulin ».

 

Une grande complicité avec TIM


Il se promène avec lui dans cette campagne qu'il aime, et là, à l'abri du Mistral « au cagnard », il se confie à son grand ami.

 

Le troupeau de la famille Ambroy

 

Suivons le troupeau dans le texte « Installation » Lettres de mon moulin.

 

 

« Il faut vous dire qu'en Provence, c'est l'usage quand viennent les chaleurs, d'envoyer le bétail dans les Alpes. Bêtes et gens passent cinq ou six mois là-haut, logés à la belle étoile, dans l'herbe jusqu'au ventre ; puis, au premier frisson de l'automne, on redescend au mas, et l'on revient brouter bourgeoisement les petites collines grises que parfume le romarin... Donc hier soir les troupeaux rentraient.

Depuis le matin, le portail attendait, ouvert à deux battants ; les bergeries étaient pleines de paille fraîche. D'heure en heure, on se disait : maintenant ils sont à Eguyières, maintenant au Paradou.

 

Puis, tout à coup, vers le soir, un grand cri :« les voilà ! » et là-bas, au lointain, nous voyons le troupeau s'avancer dans une gloire de poussière. Toute la route semble marcher avec lui... Les vieux béliers viennent d'abord, la corne en avant, l'air sauvage ; derrière eux le gros des moutons, les mères un peu lasses, leurs nourrissons dans les pattes ; les mules à pompons rouges portant dans des paniers les agnelets d'un jour qu'elles bercent en marchant ; puis les chiens tout suants, avec des langues jusqu'à terre, et qui leur tombent sur les talons comme des chapes.

 

Tout cela défile devant nous joyeusement et s'engouffre sous le portail, en piétinant avec un bruit d'averse... Il faut voir quel émoi dans la maison. »

 

Les séjours de Daudet dans la famille Ambroy au château de Montauban ont laissé sur l'écrivain une trace profonde de sa sensibilité.

Cette maison familiale a été un point d'ancrage, lui qui avait connu l'instabilité durant son enfance et son adolescence.

Daudet trouve là une unité familiale, une culture locale vivace et un paysage méditerranéen dont il sera amoureux toute sa vie.

 

Il séjournera souvent soit seul, soit avec Julia et les enfants, à Montauban, centre d'inspiration des personnages de ses oeuvres.

C'est en hiver 1891, qu'il vient rendre visite à son cher Tim, très malade,

ce sera pour Daudet son dernier passage à Fontvieille.

 

Patrimoine

 

Quatre Moulins sur la colline de Fontvieille

 

 

 

 

Le moulin d'Alphonse Daudet :vrai et faux !

« … Francet Mamaï, un vieux joueur de fifre, m'a raconté : « le secret de Maître Cornille », ...  tout autour du village les collines étaient couvertes de moulins à vent... ».

 

« Mon moulin ne m'appartint jamais, ce qui ne m'empêchait pas d'y passer de longues journées de rêve et de souvenirs ». Histoire de mes livres.

 

 

Le premier le Moulin Tissot appartient à la famille Avon.

Ce moulin s'arrêtera vers 1905. Alphonse Daudet s'y rendait souvent lors de ses balades.

 

Le deuxième Moulin Ramet, fermera vers 1900.

 

Le troisième, Moulin St Pierre ou Ribet, fermé en 1914, sera restauré et ouvert en 1935, appelé « le Moulin Alphonse Daudet ».

« … Comme on est bien dans mon moulin... C'est là que je vous écris... pas de bruit... et... tout ce beau paysage provençal ne vit que par la lumière ». Lettres de mon Moulin : installation.

 

Le dernier, le Moulin Sourdon, surnommé « moulin tombé » sur l'autre colline, plus à l'ouest, un peu isolé.

« … Les meunières étaient belles comme des reines avec leurs fichus de dentelles et leurs croix en or... »

 

 

 

Je me souviens, dans mon enfance, de cette magnifique promenade avec mes parents, au moulin Daudet. 

Sa renommée était-elle que les touristes affluaient de tous les pays!

Il est infiniment regrettable que ce moulin soit aujourd'hui fermé...

 

Le paysage était un enchantement de lumière, de senteurs, d'azur...

l'air était enivrant... la Provence était là à nos pieds.

 

Le Château de Montauban devenu Musée Daudet

 

Vous y trouverez les souvenirs de Daudet, le pupitre sur lequel il a écrit ses oeuvres, les éditions originales de ses ouvrages, des écrits corrigés par la main de l'écrivain.

Fontvieille en histoires. Salles thématiques : des santons, des crèches provençales,de la tauromachie, des courses camarguaises, des costumes d'Arlésienne et les peintures de Léo Lelée.

 

 

 

Histoire

Les hypogées

La découverte de tombes funéraires  souterraines nommées « hypogées » attestent de l'existence de Fontvieille entre 5000 et 2800 ans avant JC.

Dès la période romaine, le village fut façonné par l'utilisation des pierres blanches du pays.

Le quartier du PLANET où l'on peut voir des maisons troglodytes.

 

Les Aqueducs et la Meunerie romaine.

 Les aqueducs (un ouvrage complexe de deux aqueducs parallèles) et la meunerie hydraulique de Barbegal ont permis d'alimenter la ville d'Arelate en eau et en farine pendant plus d'un siècle.

 

L'église Saint-Peyre Es Liens

La donation du terrain par l'abbé de Montmajour, a permis la construction de l'église Saint-Pierre Es Liens de Fontvieille au XVIIème siècle.

Particularité de l'église : deux clochers de styles différents.

 

La Tour des Abbés

 

Cette tour d'observation et de défense face aux puissants Seigneurs des Baux, fut un prieuré rattaché à l'Abbaye de Montmajour.

Elle fut édifiée à la demande de l'abbé Pierre de Canhillac durant la guerre de Cent ans. Le blason de la famille Canhillac est un lévrier, lequel figure aujourd'hui sur les armoiries de Fontvieille.

 

La vieille Font et le Lavoir

Une « Font » en Provençal désigne une fontaine. Cette source, connue des Romains, fut protégée au 12ème siècle. Après la Révolution Française, elle donna son nom au village « Font-Vieille ».

Le lavoir date du 19ème siècle.

 

Personnages célèbres

 

Alphonse Daudet, Léo Lelée, Carl Liner maître de l'abstrait, Yvan Audouard,

écrivain, journaliste.

 

 

Fêtes et traditions

 

 

 

 

Foire aux chevaux.

Fête des Moulins

Fête Alphonse Daudet

Fête de la Saint-Jean

Foire aux Santons

Fête de la Saint-Pierre

Ferrade d'automne

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