JONQUIERES St VINCENT

Situation géographique

 

Jonquières St Vincent se trouve en terre d'Argence entre Rhône et Camargue.

De l'occitan « jonquieras » signifiant « roselière » ou « joncs ».

 

A la fin du 19ème siècle, le territoire couvert de marécages alimentés par de nombreuses sources se répartit en trois secteurs de vie :

Le quartier de Jonquières au coeur des marais, le quartier St Vincent, le quartier

St Laurent, hameau de pêcheurs sur les bords de l'étang de la Palud dont ne subsiste plus que la chapelle et le mas St Laurent. C'est là que séjourna Alphonse Daudet pour écrire « Le Petit Chose ».

 

 

 

Aujourd'hui, Jonquières St Vincent compte plus de trois mille habitants. Elle est traversée par la via Domitia sur laquelle on trouve des bornes milliaires dont celles de : « la Peïri di Novi » à la limite avec Redessan.

 

Histoire

 

La via domitia reprend le tracé de la route « héracléenne » célèbre pour le passage d'Hannibal et de ses trente sept éléphants.

Après la chute de l'empire romain, Jonquières passe sous la dépendance d'Arles.
L'armée sarrasine est écrasée, au bord du Gardon, près de Montfrin, par Charles Martel en 730, et la région passe aux Carolingiens.

 

LIENS de JONQUIERES St VINCENT avec l'oeuvre de DAUDET.

Le Mas St Laurent

 

 

C'est en février et mars 1866, à Jonquières St Vincent, et plus précisément au Mas St Laurent où il s'est retiré que Daudet écrit cette première oeuvre tendre et violente :  Le Petit Chose.

L'écrivain décide de quitter le brouhaha de Paris et de se réfugier dans le Midi.

Son cousin Louis Daudet et son épouse Octavie Ambroy mettent à sa disposition le Mas St Laurent à Jonquières St Vincent, un havre de paix et de silence.

Louis Daudet l'a acheté il y a six ans.

Une magnifique allée de platanes accueille le visiteur, ainsi qu'une grille à deux battants sur laquelle il a fait forger ses initiales.

 

 

Ferdinand Daudet, avocat nîmois, arrière-petit-fils de Louis, actuel propriétaire, nous a proposé de visiter la maison, le salon avec la bibliothèque, la grande salle à manger dallée et la vaste cheminée.

Dans la demeure déserte, balayée par le vent, Daudet sent monter en lui les réminiscences de son enfance, Nîmes, Bezouce et la Trinquierette toute proche.

 

Pour la première fois, Daudet, poussé par une force irrésistible, noircit des pages et des pages, tout se déroule : de sa vie à la fabrique, chemin bas d'Avignon, vendue plus tard au Carmel, le départ pour Lyon, la vie de pion au collège d'Alès.

 

Alphonse revit dans le silence du Mas St Laurent, sa première rencontre avec Monsieur NICOT, le recteur de Nîmes qui s'exclama en le voyant :

« Ah! Mon Dieu ! Comme il est petit ! ».

« Approche ici, mon garçon. Nous allons donc faire de toi un maître d' études.

A ton âge avec cette taille  et cette figure-là, le métier te sera plus dur qu'à un autre ».

Alphonse Daudet nous légue ici son premier grand roman « Le Petit Chose ».

 

« oui, c'est bien moi, ce petit chose, obligé de gagner sa vie à seize ans dans cet horrible métier de pion, et l'exerçant dans un fond d'une province, d'un pays de hauts fourneaux qui nous envoyait de grossiers petits montagnards m'insultant dans leur patois cévenol, brutal et dur ».

 

En effet, suite à son passage de trois mois et demi au collège d'Alès, en qualité de pion et aux rebuffades endurées durant cette période, Daudet décide d'écrire ses souvenirs de maître d'études.

 

Le livre est un succès. En 1912, 1923, 1938, Le Petit Chose est adapté au cinéma, et a inspiré aussi le titre d'une chanson.

Ce livre est un roman plein de sensibilité, amusant et bouleversant. Le style est

juste, vivant, original. Avec talent, Daudet nous transporte dans le Midi de son époque.

Quelques années plus tard, Daudet écrira « Jack », un roman très émouvant qui se rapproche du « Petit Chose », entre larmes et sourires.

Dans le Petit Chose, Daudet relate son départ de la fabrique paternelle située à Nîmes.

 

 

Ecoutons Daudet :

 

 « Aussi ma mémoire reconnaissante a-t-elle gardé du jardin de la fabrique et des platanes un imperméable souvenir, et lorsqu'à la ruine de mes parents, il m'a fallu me séparer de ces choses, je les ai positivement regrettées comme des êtres ».Le Petit Chose, Pléïade p 3.

 

Ecoutons-le encore dans  son roman « Trente ans de Paris » mentionner le jardin de la fabrique du chemin d'Avignon :

« Tout au fond de la fabrique où le Petit Chose a passé son enfance, il y avait de hauts lauriers roses, en pleine terre, répandant un bouquet amer qui me hante encore après quarante ans ».

 

HISTOIRE et PATRIMOINE

 

La Via Domitia

 

La commune est traversée par la Via Domitia sur 5kms au sud. Elle partait de Nîmes (Nemausus) de la Porte Auguste et rejoignait Beaucaire (Ugernum). Elle était bornée tous les 1 Km 481 mètres.

La 10ème milliaire St Vincent

 

La Chapelle St Laurent

 

 

Cette chapelle datant du 12ème siècle appartient à la commune et est classée aux monuments historiques. La voûte du sanctuaire est portée par deux bornes milliaires de l'époque de l'empereur romain Claudius.

La chapelle dépendait de l'abbaye bénédictine de Psalmodi, près de St Laurent d'Aigouze.

Sur les rives de l'étang de la Palud, asséché depuis 1850, s'était installé un village de pêcheurs comme en témoigne « le chemin des poissonniers », sur la commune voisine de Comps.

Plusieurs fois abandonnée, elle bénéficia de restaurations en 1931, 2006 et 2010.

Aujourd'hui, la chapelle St Laurent a retrouvé sa splendeur d'antan.

 

Le Moulin des Aires

 

Sur la commune se trouvaient deux moulins, l'un au sud et datant de 1649, l'autre au nord et portant sur la pierre centrale de la voûte la date de 1785.

Ces moulins appartenaient à la famille SUBEY, minotier, et fonctionnaient encore au 19ème siècle.

 

La commune de Jonquières St Vincent a acheté les deux moulins en 1960.

Un important travail de restauration a été entrepris sur le moulin Sud dans le cadre d'un plan patrimoine grâce au savoir faire des compagnons du Tour de France.

 

 

Charpente, toiture, ailes et le mécanisme de meule seront reconstitués.

 

Il est  à souligner que la région gardoise est riche en moulins et n'en compte pas moins de trente sept.

 

La Mairie

 

Ce bâtiment se singularise par son architecture, et en particulier, la toiture,

composée de tourelles, de clochetons avec faîtes pointus recouverts d'ardoises.

La petite histoire raconte que le maire de l'époque Mr. Théophile Michel, dit le grand Philé, fut séduit par la ville de Vichy, dans le Bourbonnais et mandata un architecte Mr. Augère pour réaliser son oeuvre.

 

 

 

Le Marché couvert

 

      

  

Ce magnifique marché fut couvert sur la pente sud de la toiture de panneaux photovoltaïques.

Le marché couvert avait été motivé par le développement de la culture du raisin de table et le volonté des producteurs de disposer d'une halle pour accroître leur vente.

L'arrivée de nouveaux cépages multiplia le tonnage. (200 tonnes par jour).

Mais la création de marchés internationaux Cavaillon et Châteaurenard, entraîna son déclin.

Comme vous le savez St Vincent est le patron des vignerons qui nous a laissé ce dicton populaire : « Saint Vincent clair et beau, plus de vin que d'eau ».

 

 

Personnalités

 

Alphonse Daudet

 

Le pape Pie VII

 

 En février 1814, sur le grand chemin de Nimes à Beaucaire, le Pape Pie VII descendit de son carrosse et s'arrêta devant la Chapelle St Vincent pour y prier.

 

(entre autre le fauteuil où le Pape s'est assis est demeuré dans la chapelle). Puis, il entra dans l'auberge COURAN pour prendre un frugal repas.

Au bout de deux heures de halte, Pie VII repartit pour Rome où il arriva le 24 mai 1814.

 

Les traditions arlésiennes : langue, costumes, oreillettes et farandoleurs.

 

 

La langue

A Jonquières St Vincent, on parle le provençal dit « rive gauche », parlé

dans le pays d'Arles, alors qu'à Redessan, le provençal est dit « rive droite », jusqu'au Vidourle. Vers l'ouest, c'était l'occitan. 

Il faut rappeler que Jonquières appartenait à l'archevêché d'Arles jusqu'à la Révolution.

Les costumes

Toutes les fêtes et les réjouissance se déroulaient en costume provençal, ce qui est encore vrai pour le groupe  LI CIGALOUN JOUNQUIEREN.

Les oreillettes

Enfin, une tradition culinaire renommée : les oreillettes, sorte de beignets craquants et légers parfumés à la fleur d'oranger et saupoudrés de sucre.
La farandole

La farandole est une tradition établie en Provence. Il y avait dans le village des sociétés de farandoleurs composées de jeunes de moins de vingt ans.

 

                           
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