LAMALOU- LES- BAINS

Situation géographique

 

Lamalou-les-Bains est une commune située dans le département de l'Hérault et la région Languedoc Roussillon.

 

DAUDET, l'homme-orchestre de la douleur.

 

 

Alphonse Daudet a souffert le martyre à la fin de sa vie, le système nerveux détruit par une syphilis contractée à l'âge de 17 ans. Cette affection s'appelle le tabès dorsal, dégénérescence de la colonne vertébrale, avec altération des terminaisons nerveuses et l'ataxie motrice, seconde phase de la maladie.

 

Treize ans avant sa mort, il commence le journal intime de son calvaire : « La Doulou » (la douleur, en langue d'Oc).

 Ce journal d'un homme assailli par la douleur a été publié en 1931 par Julia, son épouse, 30 après la mort de Daudet.

 

Julia Daudet hésita longtemps avant de présenter cet ouvrage au public, témoignage d'un homme clairvoyant qui avait étudié sa souffrance avec la même lucidité qu'il accordait aux souffrances d'autrui, dans toute son œuvre, comme dans la vie.

 Notes brèves, lapidaires, acérées, pathétiques. Chaque phrase a la spontanéité et la force de l'esquisse.

Chaque mot, chaque phrase, chaque anecdote apportent la preuve de son génie littéraire, de sa clairvoyance, de sa bonté et de sa sensibilité intense, de son imagination féconde, mais aussi de l'inutilité et de la cruauté des traitements que les médecins lui infligeaient, de son courage durant un long calvaire sans espoir.

 Daudet ne se révolte pas contre l'inéluctable souffrance, sceau de toute existence. Il assume.

 

C'est un témoignage fascinant d'une époque où de nombreux écrivains du 19ème siècle contractèrent la maladie : Baudelaire, Maupassant, Flaubert et Jules de Goncourt.

Avec humour et dérision, il se murmurait : « passer la nuit avec Vénus, et le reste de sa vie avec Mercure . »

André Ebner, auteur de l'avant-propos biographique d'Alphonse Daudet, apporte « le témoignage de  son invincible résistance et des prodigieux redressements que sa vigilance imposait à sa chair ».

Voici quelques autres extraits de cet avant-propos :

« Daudet fera désormais converger ses efforts vers un but unique : préserver son intelligence contre le découragement et le retour sur soi, un remède, un seul, le travail. »

« En pleine crise de douleur, à sa femme qui l'interroge sur sa santé, il répond par un mot gai, amusant. »

« ...sa couverture tirée sur ses jambes, il dicte sans le moindre tressaillement, le front un peu incliné, les yeux sur son brouillon, évoquant au loin, par-delà les murs, la scène qu'il raconte, des pages de sa prose limpide, débordante de bonne humeur et de vérité. C'est ainsi qu'il m'apparaît toujours quand je pense à lui ».

 

« Toute la poésie dont son cœur déborde, tout ce que ses yeux ont glané de lumière, son être de joie de vivre dans l'apothéose de ses ardents vingt ans, s'épand comme un flot merveilleux dans les Lettre de mon moulin. »

 

« Ses enthousiasmes étaient splendides, il en émanait un rayonnement. »

« Beau comme le christ, il aimait les faibles, les déshérités, les pauvres. »

 

C'est sur les recommandations du Docteur Charcot qu'il descendait au Grand Hôtel Mas, situé face au Casino et au Théâtre.

Là, il retrouvait l'aimable Mme MAS, la cuisine méridionale, et les retrouvailles avec ses amis Brachet, le grammairien féru de Napoléon, Brochard, le professeur de littérature, Belloc, le greffier d'Agen et enfin Sully Prudhomme. Ces « sosies de la douleur » ne décidaient de leur séjour qu'en fonction de la venue de Daudet.

 Il disait alors : « je voudrais, ma tâche achevée, m'établir marchand de bonheur ».

Comme le soulignera son fils Léon :...c'est dans le dépassement de ses tourments que Daudet atteignit sa pleine stature ».

 

Ecoutons Daudet dans une lettre adressée en 1888 à Goncourt : « Vieux Goncourt très cher, il pleut, la rue est noire, la blêmeur des faces douloureuses se voit mieux, le Casino en vis-à-vis répète « l'Amour mouillé » et j'ai de la fièvre. Tel est l'état de mon âme ».

 

A voir le tableau de Paul CHABAS :  « Poètes du PARNASSE » Sully-Prudhomme entouré d'Alphonse Daudet, Jules Breton, Leconte de Lisle, Paul Bourget.

 

 

Un forum polyculturel

 

Longue est la liste des célèbres touristes de sante qui ont fréquenté Lamalou les Bains :

Alphonse et Léon Daudet, le Père d'Alzon, Toulouse-Lautrec, le roi Alphonse XII, Sully-Prudhomme, Ferdinand Fabre, le Maréchal Joffre, Mounnet-Sully, Emma Calvet, André Gide...

Journées A. Daudet à Lamalou-les-Bains le 16 mai 1988, article de Mr. Roger Ripoll paru dans le Midi Libre.

 

« On peut être célèbre et mal connu. L'image que nous nous faisons communément d'Alphonse Daudet est celle de l'auteur des « Lettres de mon Moulin »  et  de « Tartarin de Tarascon ». Méridional épris de soleil et de galéjade, conteur plaisant ou ému de légendes locales et de drames de village, chroniqueur fantaisiste des exploits héroï-comiques d'un chasseur de casquettes.
Et sans doute est-ce une des plus grandes réussites de Daudet que d'avoir su façonner et imposer cette image.

On ne peut s'en tenir là, d'abord parce que l'œuvre du conteur est plus abondante que ne le feraient croire les recueils couramment réédités de nos jours.

Elle est le résultat d'un travail régulier de journaliste ; c'est pour la presse parisienne qu'ont été écrits les récits rassemblés dans les « Lettres de mon moulin » et « les Contes du Lundi ».
A ces conditions de publication, ils doivent leurs traits les plus marquants :

ton d'un auteur qui interpelle son lecteur, cause avec lui, lui fait des confidences ; variété des sujets, de la fable à la polémique, de l'anecdote à l'impression ; évocation de la réalité quotidienne dans ce qu'elle a de plus éphémère et d'émouvant, partage d'une sensibilité entre la ville et la nature, que cette nature soit celle de la Provence ou celle des environs de Paris.
Les « Lettres de mon moulin » et les « Contes du lundi » ne nous offrent qu'un échantillonnage de cette production qui a donné naissance à bien d'autres ouvrages : « Lettres à un absent, Robert Helmont, Femmes d'artistes, où il ne serait pas difficile de trouver des textes présentant les mêmes qualités.


 

Extrait du Midi Libre du 17 mai 1988, d'andré Favard

 

Les masques d'Alphonse Daudet : marchand de bonheur, il dissimule la douleur qui le ravage. Sceptique, il constelle ses carnets de fulgurances mystiques.
Chantre de la Provence.... »

« Or cette connivence de l'homme avec sa patrie méridionale devait trouver son expression à la faveur des séjours répétés que fit Alphonse Daudet, de 1885 à 1893, au cœur du pays d'oc, à Lamalou-les-Bains.
Après qu'Alphonse y eut tracé les notes sublimes de « La Doulou », Léon Daudet, son fils, dans  « Devant la douleur », compléta ainsi l'hommage que son père projetait de consacrer à la station thermale : «
 Il est peu d'endroits aussi beaux, aussi âpres, aussi pathétiques, que les Eaux de Lamalou dans l'Hérault. »

 

LA  DOULOU

 

 

« Ce que j'ai souffert hier soir -le talon et les côtes ! La torture... pas de mots pour rendre çà, il faut des cris. D'abord, à quoi ça sert, les mots, pour tout ce qu'il y a de vraiment senti en douleur ? Ils arrivent quand c'est fini, apaisé. Ils parlent de souvenir, impuissant ou menteur.
Pas d'idée générale sur la douleur. Chaque patient fait la sienne, et le mal  varie, comme la voix du chanteur, selon l'acoustique de la salle. Dans ma pauvre carcasse creusée, vidée par l'anémie, la douleur retentit comme la voix dans un logis sans meubles, ni tentures. »

 

« Hier soir, vers dix heures, une ou deux minutes d'angoisse atroce dans mon cabinet de travail. Assez calme, j'écrivais une lettre bête page très blanche, toute la lumière d'une lampe anglaise concentrée dessus, et le livre ou je ne sais quoi sur la table.

 

J'ai relevé la tête, et, à partir de ce moment, j'ai perdu toute notion pendant deux ou trois minutes. Je devais avoir l'air bien stupide.

J'ai dû me lever, m'orienter, tâter la bibliothèque, les portes, me dire : « C'est par là qu'on est entré. »

Peu à peu, mon esprit s'est ouvert, les facultés mises en place

Mais je me rappelle, l'aigüe sensation de la blancheur de la lettre que j'écrivais, rayonnant sur la table toute noire. »

Extrait du Livre d'Or de Lamalou.

 

Air connu

 

Lamalou le haut est pourvu d'appas !

Lamalou le bas ne s'en prive pas !

Nous avons encore Lamalou le centre,

Mais de celui-là, nous n'en parlons pas,

Lamalou le haut, Lamalou le bas,

Quels jolis coins pour prendre ses ébats.

Alphonse Daudet

 

Réunis, tous ces étranges et si variés malades de Lamalou se rassurent par le spectacle de leurs maux réciproques, similaires.

Puis, la saison finie, les bains fermés, tout cet agglomérat de douleur se désagrège, se disperse. Chacun de ces malades redevient un isolé perdu dans le bruit et l'agitation de la vie, un être bizarre que la cocasserie de son mal fait passer pour un hypocondriaque, qu'on plaint mais qui ennuie.

 

PATRIMOINE

 

Eglise St Pierre- St Paul

L'actuelle église paroissiale de Lamalou-les-Bains a été construite en 1933 sur l’emplacement d'un premier édifice en bois de 1893 qui a été détruit par un  incendie en 1930. De style néo-gothique et d'une hauteur de 45 mètres.

St Pierre – St Paul se caractérise par une nef unique ornée de 22 grands vitraux réalisés par un peintre verrier toulousain.

 

St Pierre de Rhèdes

 

 

L'église repose sur les fondations d'un antique sanctuaire chrétien installé

à la fin du IVème siècle dans le site gallo-romain de Rhèdes.
Dominant le cimetière, le Prieuré St Pierre de  Rhèdes, monument historique, constitue l'un des plus purs joyaux de l'art roman rural en France.

L'architecture et les sculptures de cette primitive paroisse date des XI et XIIème siècles.

Parc et Forêt de l'Usclade

 

Véritable poumon vert de la station, le parc aux cèdres majestueux renferme un kiosque à musique du XIXème.

THERMES

 

Autrefois, il existait trois établissements thermaux à Lamalou. Lamalou le Bas, Lamalou le Centre et Lamalou le Haut.
Aujourd'hui, seul l'établissement du bas continue son activité, tandis que lesdeux autres sont transformés en centre de rééducation.
Les fresques des façades actuelles ont été réalisées par M. Mongeois en 1998.
L'établissement thermal exploité par la Chaîne Thermale du Soleil est spécialisé dans le traitement des affections rhumatismales, traumatologiques et neurologiques.

 

CASINO – THEATRE

 

Ensemble architectural typique des stations thermales édifiées à la fin du XIXème siècle. Deux belle bâtisses de pierres ornées de colonnes doriques avec, pour le Casino, de remarquables vitraux classés du XIXème et un théâtre « bonbonnière » de 600 places, modifié au cours des ans, mais qui conserve néanmoins son aspect 1900.
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