MAILLANE

Situation géographique

 

Maillane est une commune située dans le département des Bouches-du-Rhône et dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

 

Le chantre de la Provence : Frédéric Mistral

Maillane est un village paisible de Provence avec des boulevards ombragés de platanes.

Le Mas du Juge

C'est là qu'est né le 8 septembre 1830, Frédéric Mistral, le plus grand écrivain de langue provençale, membre fondateur du Félibrige, qui a réhabilité la langue occitane en la portant aux plus hauts sommets de la poésie épique et dont l'œuvre fut couronnée en 1904 par le prix Nobel de littérature.

 

Mistral et l'Abbaye de Saint-Michel de Frigolet

Un brave Cavaillonnais, appelé M. Donnat, était venu fonder, au couvent de Saint-Michel, un pensionnat de garçons. C'est là que le petit Frédéric fut mis en pension. Il y resta deux ans.

 

MISTRAL et AVIGNON

Frédéric Mistral poursuivit ses études au collège du pensionnat Dupuy à Avignon où enseignait Joseph Roumanille, futur père du Félibrige. C'est là qu'il rencontra le jeune Anselme Mathieu, futur félibre. Cette amitié se renforça lorsqu'ils se retrouvèrent à Aix-en-Provence. Mistral en licence de droit. Quelques années plus tard, Mistral fit la préface d'un recueil de vers écrit par Anselme Mathieu, intitulé « La Farandole ».

 

Ecoutons Mistral décrire ses escapades sur les COLLINES de St Michel de Frigolet :

« Et tous ces mamelons, ces gorges, ces ravins, avec leurs noms superbes en langue provençale, noms sonores et parlants ou le peuple de Provence, en grand style lapidaire, a imprimé son génie, comme ils nous émerveillaient ! Le Mourre-de-la-Mer, d'où l'on voyait à l'horizon blanchir le littoral de la Méditerranée ; au coucher du soleil, nous allions, à la Saint Jean, y allumer le feu de joie ; la Baume-de-l'Argent, où les faux monnayeurs avaient, jadis, battu monnaie; et la Roque d'Acier, qui domine le Rhône, avec les barques et radeaux qui passaient à côté : monuments éternels du pays et de sa langue, tout embaumés de thym, de romarin et de lavande, tout illuminés d'or et d'azur. O arômes ! O clartés ! O délices ! O mirage ! O paix à la nature douce ! Quels espaces de bonheur, de rêve paradisiaque, vous avez ouverts sur ma vie d'enfant ».

 

 

 

 

L'amitié indéfectible de plus de trente ans : DAUDET – MISTRAL

Daudet et Mistral ont tous deux porté la renommée de notre Provence autour du monde. La langue d'Oc est enseignée dans des dizaines d'universités, les œuvres de Mistral comme celles de Daudet sont traduites dans des dizaines de langues.

C'est en 1859, que Daudet fit la connaissance de Mistral. Le poète provençal venait à Paris pour présenter « Mirèio » (Mireille) et rencontrer Lamartine.

 

Ecoutons Daudet raconter à son ami Batisto Bonnet cette première entrevue :

 

« … Je n'y tenais plus. Je voulais absolument voir Mistral. Pourquoi? Pour une infinité de raisons ; par dessus tout, parce que je désirais vivre un peu de sa vie, j'éprouvais le besoin d'épancher mon âme dans la sienne, de jouir de ses impressions,  de  l'entendre me causer de son triomphe et de lui dire : « Moi aussi, je l'aime ta Provence, j'aime Mireille, ta jolie fille ; je suis heureux que tu sois jeune, et de voir en toi un peu de moi-même et dans ton amour vivre tout mon amour ! »

« ...Je me sentais, dis-je emporté malgré moi vers Mistral.
Pouvait-il en être autrement ? Mistral, cette nouvelle gloire française, se trouvait être non seulement un de mes compatriotes, mais il advenait encore que la célébrité le paraît justement pour avoir chanté la langue dont mon père m'interdisait l'usage.

 

« … Je le quittai, enchanté d'avoir fait la connaissance d'un dieu du jour, déjà tout rassasié de gloire. »

 

« ...J'ajouterai qu'à dater de ce jour, je pensais sans cesse à Mistral. Je lui exprimais dans de longues lettres mon admiration toujours plus vive. »

 

 

 

Les écrivains et poètes admirateurs de Mistral

 

Dans sa préface des « Iles d'Or », Mistral voulut unir dans une même reconnaissance Adolphe Dumas et Reboul, le poète ouvrier nîmois qui avait écrit à Lamartine « qu'un Homère Provençal » venait de se révéler.

 

A Paris, Mistral était « dans la joie et la gloire ». Il était fêté par Alfred de Vigny, l'historien Mignet, Georges Sand qui l'appelait « un des plus grands poètes de France ».

Lamartine écrivit : « O poète de Maillane, tu es l'aloës de la Provence. »

   

 

Voici le portrait physique de Mistral par Daudet : «  Mistral, grand, fort, le teint hâlé, la tête fine, son large buste boutonné dans une redingote, représentant bien, malgré ce vêtement, le beau type des  paysans de la Vallée du Rhône. Il portait la moustache et la barbiche militaire ».

 

Et encore dans le Baïle : « Mistral est ample de partout. Sa carrure correspond à son génie ; Provençal des pieds à la tête, de stature olympienne, le front brillant d'espoir, plein d'énergie et de volonté, c'était bien le mâle puissant, l'amoureux aux brûlantes caresses, qui dans un tourbillon enivrant devait projeter au loin les lumineuses splendeurs de la Provence. »

 

Mistral et sa mère

 

Une grande complicité, un grand amour.

Peu de temps avant que sa mère ne meure, Mistral écrivait à Marieton «

« ..plaignez-moi, car je vais perdre celle qui m'a fait homme et poète ».
Evoquant l'époque où il était pensionnaire à Avignon, ne confie-t-il pas dans sa préface aux Iles d'Or :
« … au milieu des thèmes et des leçons fastidieuses qu'il me fallait subir, ah ! Combien je regrettais les beaux chants provençaux que ma mère en filant me chantait sans cesse ! Le  O... des Calendes, le Mousse de Marseille, et tant d'autres chansons, complaintes ou sornettes qui bercèrent mon jeune âge d'un balancement de rêves et de poésie émue. »

 

 

 

                     

 

Extrait du Baïle de Batisto Bonnet :

« … Après une bonne attente, nous entendîmes le souffle régulier et léger de la mère de Mistral ; la chère vieille dormait paisible... Le moment était venu de prendre la clef des champs... Je fus le premier à quitter ma couche.
_ Ne crois-tu pas, Alphonse, que c'est mal d'abandonner ma mère par un temps pareil ?

« Les félibrées, les fleurs et les parfums, les gambades joyeuses, les bals, les farandoles avec l'amour du rire, et ,

l'amour de l'amour conviennent encore mieux à la jeunesse que le tonnerre et l'éclair à l'orage ».

 

Mistral et son ami DAUDET

Extrait du Baïle de Batisto Bonnet : « … Oh les jolies réceptions ! La mère de Mistral cuisinait et quel fumet appétissant vous avait sa cuisine ! Une farandole d'arômes : lard, ail, thym et laurier s'évadait de la marmite, réjouissant la maison.

Et Frédéric ? Où est-il ? Est-il sorti ?

Non, disait la mère de Mistral, tu le trouveras au jardin, là-bas, seul, comme un ermite.

Je m'avançais avec précaution et derrière la haie de cyprès, je voyais mon ami qui, tout à son art, marchant à grands pas, le chapeau rejeté en arrière, le poing brandi dans le soleil, vers le front des Alpilles, chantait comme un tarin dans les rafales du vent . »

« … prompt comme un coup de feu, je disais à Mistral :

Si nous allions en Avignon ?

En Avignon, cela voulait dire pour nous :Théodore Aubanel, Anselme Mathieu, Grivolas, Roumanille et toute la compagnie des muses provençales. »

« C'est par tablées souriantes, sous les pins, sous les treillis, dans l'air parfumé des vignes et des oliviers, dans les allées feuillues, par les étendues d'épis dorés, par les prés, dans les chemins fleuris, que ces belles années félibréennes me traversent l'esprit ... »

« Je me souviens qu'après une de ces félibrées, prolongée dans l'enchantement  des belles strophes de Mistral, nous allions au travers des rues de la cité papale. Il faisait un temps suave et doux, un temps de micocoules ; le soleil,

donnait déjà de l'ardeur de ses nouveaux rayons, et les carillons du haut des campaniles cabriolaient sur Avignon, déversant un ruissellement de notes pimpantes qui s' éparpillaient en frémissements harmonieux dans les frissons et les premiers sourires du jour ».

 

Avignon, ville de tous les plaisirs, lieu des plantureuses agapes estrambordantes et poétiques, dans des décors champêtres et merveilleux au bord du Rhône...

Ecoutons Léon Daudet : La recherche du Beau.

« Mistral me montrait le pont ruiné, qui a si grand air, me contait la tradition naïve de Saint-Bénezet. J'avais huit ans. Je réfléchis un petit moment, puis je répondis : « Oh ! Tout çà, monsieur Mistral, c'est de la légende.

Quarante ans plus tard, le Maître en riant m'en parlait encore ».

 

Mistral et le Félibrige

 

1854 Frédéric Mistral et ses amis créaient le Félibrige dont le but était de promouvoir le provençal et la langue d'Oc, d'initier une prise de conscience durable en sensibilisant les gens à la richesse de langues et des cultures et de lutter contre l'uniformisation.

Le Félibrige fut fondé le 21 mai 1854 au Château de Fontségugne à Châteauneuf-de-Gadagne (Vaucluse).

Eblouis par l'enthousiasme de Mistral, six jeunes poètes : Aubanel, Brunet, Mathieu, Roumanille, Tavan et Giéra décident de faire éclore le Félibrige.

Les enjeux du groupe fondateur a été d'utiliser quotidiennement la langue, la diffuser, l'enseigner, la respecter.

 

   

 

1904 Frédéric Mistral recevait le prix Nobel de Littérature pour Mirèio, sa première œuvre, publiée en 1859. C'était la première fois que ce prix était attribué à une œuvre écrite dans une langue qui n'était pas une langue d'état.

Ecoutons Daudet raconté à Batisto Bonnet : « … Les Anselme, Mathieu, Roumanille, Aubanel, Gras, Tavan, Girard, Roumieux, Arnavielle n'ont été dans cette exaltation d'une langue que ce que sont les petites étoiles de la constellation que les Provençaux appellent : le petit troupeau, tandis que Mistral est l'étoile du matin, la belle lueur d'aube, et de la grande cloche dont les coups de battant font bourdonner l'air, dont les vibrations passionnées vont éveiller tous les campaniles du pays d'oc et faire -assaveoir- partout, dans le nord comme aux pays étrangers, que des Français à force de lutter, grâce à leur génie qu'enflammait l'amour de leur terre natale, ont fini par arracher de l'ombre une langue qui dès maintenant demeurera comme un trésor incomparable pour l'Académie de France. » Le BAÏLE

 

Mistral et son œuvre

 

Mirèo, œuvre lyrique, dont la musique est de Gounod,  première représentation à Paris au Théâtre Lyrique le 19 mars 1864.

Calendal, opéra présenté pour la première fois à Rouen en 1894, la musique est de Maréchal, et enfin joué au Grand Théâtre de Nîmes en 1898.

Nerto, le poème de la Rose, le Grand Dictionnaire provençal-français (Lou Tresor dou Felibrige).

 

Histoire et Patrimoine

 

Première maison de Mistral :Le Mas du Juge

Mistral naquit au Mas du Juge le 8 septembre 1830. Cette bâtisse du XVIIIème siècle marquera à jamais l'âme du poète, car il y vivra 25 ans.

C'est là qu'il commencera à écrire Mireïo.

 

 

 

Deuxième maison : La Maison du Lézard

Construite au XVIIème siècle, Mistral y vécu de 1855 à 1876.

 

Aujourd'hui, Bibliothèque municipale, Office de Tourisme et centre de recherches mistraliennes.

 

Troisième maison : de 1876 jusqu'à 1914
Maison bourgeoise, située en face de la Maison du Lézard .

Aujourd'hui Musée Mistral

Demeure authentique avec meubles, objets, portraits ayant appartenu à Mistral, ainsi qu'un lieu renfermant plus de 60.000 lettres de l'immense correspondance.

 

Le Mausolée de Mistral

    

 

Frédéric Mistral repose dans sa chère terre de Maillane où il fit construire son tombeau à l'image du Pavillon de la Reine Jeanne aux Beaux de Provence sur lequel figure l'étoile à sept branches, emblème du Félibrige.

 

L'église Sainte Agathe

          

 

D'origine romaine XIIIème siècle, puis agrandie au XVIIème siècle, la chapelle Notre-Dame abrite également une vierge noire en noyer du XIVème siècle. Elle est fêtée les 28 et 29 août en souvenir du miracle qu'elle réalisa d'avoir sauvé du choléra Maillane en 1854.

Elle fut  couronnée en 1994 et fait l'objet d'une fervente vénération.

 

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