MONTFRIN

 

Situation géographique

Montfrin est situé dans le département du Gard et dans la région Languedoc-Roussillon.

 

 

Les racines montfrinoises de la famille Daudet

 

Antoine-Henry Reynaud, cousin germain de Daudet, branche maternelle, est né à Nîmes, face à l'hôtel de ville, dans la maison Wendisch, armurier.

On peut voir sur la façade des armes sculptées.

Antoine a vingt ans de plus que Daudet et l'appelle affectueusement « le petit Daudet ». C'est un personnage bâti comme un colosse, truculent, excentrique, fanfaron. Dans la famille, il reçoit le surnom de « chapatin » ce qui signifie « braconnier ».

Il aime aussi les jolies filles à qui il donne le joli diminutif « mes petits canaris ».

Après son mariage avec Angelina Tastevin, une dame fortunée, il vient habiter à Montfrin,  de 1860 à 1895, dans la maison située au 47 de la rue Victor Hugo.

 

Antoine aime la chasse, mais revient souvent bredouille aussi a-t-il une réputation de chasseur de casquettes, c'est à dire de castors dont on faisait les couvre-chefs, c'est pourquoi on l'appelle « lou cassaïre ».

 

Influence du personnage célèbre montfrinois dans l'œuvre de Daudet : «Tartarin de Tarascon ».

 

Tartarin de Tarascon ou Tartarin de Montfrin ou encore Tartarin de Nîmes.

Une légende vraie. 

Ecoutons Daudet : « Tarascon n'a été pour moi qu'un pseudonyme ramassé sur la voie de Paris à Marseille, parce qu'il ronflait bien dans l'accent du Midi... En réalité, le pays de Tartarin et des chasseurs de casquettes est un peu loin, à cinq ou six heures, de « l'autre main » du Rhône... ».

 

Origine de son nom : le vrai Tartarin est de Montfrin.

 

Son cousin fut l'inspirateur du personnage « Tartarin ».

En 1860, Alphonse Daudet vient plusieurs fois, par la diligence de Beaucaire, rencontrer son cousin qui lui servira de héros. Le frère aîné de Daudet, Ernest écrira « Une fameuse race que celle des Reynaud », et Daudet ajoutera :  « c'est un caractère ».

En 1872, paraît Tartarin de Tarascon.
Au début, Alphonse appelle son histoire une fantaisie baptisée « Chapatin de Tarascon », mais « Chapatin » était le surnom d'Antoine Reynaud qui le prit très mal.

 

Alphonse change alors Chapatin en Barbarin, mais Barbarin existe, il y en a en Arles.... nouvelle polémique.

Le fantassin deviendra en définitive « Tartarin ».

Pour se représenter Tartarin et ses frasques, je vous invite à lire « Montfrin, l'histoire au quotidien » de Micheline Mougneau. Où elle décrit le physique

 

Un personnage truculent

Dans le livre « Alphonse Daudet, 100 déjà », Micheline décrit le physique de Reynaud.

« Mais il a également en lui le corps très gras, très lourd, très sensuel, très douillet, très geignard, plein d'appétits bourgeois, et d'exigences domestiques de l'immortel Sancho Pansa ». « Tartarin porte en lui l'âme de Don Quichotte avec les mêmes élans chevaleresques, cherchant comme Don Quichotte à s'arracher par la vigueur de son rêve aux griffes de l'impitoyable réalité ».

« Faux naïf, humoriste, attendrissant dans ses idées démesurées, réparties théâtrales, verve intarissable, et émouvant par sa vie morne et triste auprès d'une épouse et d'un fils qui ne le comprenaient pas ».

 

Mystère à Montfrin

L'écrivaine Micheline Mougneau qui est considérée comme spécialiste de l'histoire de la ville, recherche des précisions sur la descendance d'Antoine-Henri qui aurait eu un fils, Paul, Marie, Joseph, né à Nîmes, vers 1843.

En 1887, il fait un testament léguant tous ses biens à sa filleule et cousine Anne-Marie Dumas, ce qui prouve qu'à cette date, il était célibataire.
Ce testament indique qu'en 1887, il travaille au Crédit  Commercial de France. Or, ce testament n'a pas été exécuté, ce qui indique qu'il a dû se marier après 1887.
A ce jour, une interrogation demeure : quel est le nom de son épouse ?

A-t-il eu des héritiers? Leurs noms et dates ?

 

Le voyage en Algérie

Daudet en fréquentant les filles de joie a attrapé la syphillis. Le docteur Marchal reconnaît une grave maladie des poumons et lui recommande un séjour dans un pays très chaud.

 

Le Duc de Morny, qui n'a pas besoin d'un troisième secrétaire, lui octroie généreusement un congé de maladie de trois mois. La maladie s'est déclarée en juillet 1861. On lui donne, avant de partir, un traitement de cheval, il doit boire six fois par jour un mélange de mercure et d'ammoniaque.

L'ordonnance est formelle, il faut aller au soleil.
Le cousin Reynaud de Montfrin encore plus féru d'exotisme que le reste de la famille, l'accompagnera. Sa maison était toute décorée de plantes grasses, de fusils, de casques coloniaux et de baobabs. Tout ce qui faisait rêver à l'époque.

Alphonse est ravi, ce cousin paie tout de même la chéchia.

Ecoutons Daudet dans « Histoire de mes livres » : « C'est de là qu'un jour de novembre 1861, Tartarin et moi, armés jusqu'aux dents et coiffés de chéchia nous partîmes chasser le lion en Algérie ».

 

Ils embarquent tous deux pour l'Algérie le 19 décembre 1861, costumés à l'exotique, ceinture rouge et chéchia flamboyante. Marseille recule derrière le bateau « le Zouave ». Alphonse fier et hâbleur comme à son habitude s'amuse de tout.

Le cousin Reynaud cherche déjà la première piste qui les conduira sur la trace des lions, tout en renvoyant par-dessus le bastingage les bons repas qu'il vient de faire.

Arrivés à Alger, c'est la déception : même ville que toutes les villes du continent. Personne ne sait où se trouve le sable du désert.

Alphonse et son cousin ne quittent jamais leurs tenues de chasseur, et, en plus, Daudet doit porter sur ses épaules le médicament indispensable à son ravitaillement que lui a prescrit le docteur Marchal de Calvi, c'est-à-dire un tonnelet d'huile de foie de morue.

Fini les plaisanteries, Alphonse en a assez. Il sort ses lettres de noblesse, et là, la belle vie : il est le secrétaire du duc de Morny. Ce sont des réceptions chez tous les caïds.

 

Un soir, alors qu'il était reçu princièrement arrive un émissaire avec une dépêche diplomatique.

C'est son frère Ernest qui lui fait savoir que sa pièce écrite en collaboration avec l'Epine a été jouée au théâtre de l'Odéon. Cette pièce s'intitule : « Dernière Idole ». C'est un succès.
Même l'empereur Napoléon III et l'Impératrice Eugénie iront voir cette pièce.

Alphonse Daudet rentre à Paris.

 

Quant au fameux fusil de Tartarin, il est visible à l'Office du Tourisme de Nîmes.

 

Des conséquences fâcheuses :

 

En stigmatisant sur son héros les exagérations et la verve facétieuse qu'on prête aux gens du Midi, on se doute qu'Antoine-Henri Reynaud se fâcha très fort avec son cher cousin et cela dura un certain temps.

A la parution du roman, les habitants de Tarascon ridiculisés déclarent la guerre à Daudet.

Pourtant, l'Impératrice Eugénie dira « les Espagnols ont leur Don Quichotte et nous, nous avons notre Tartarin ».

 

Cependant à Tarascon une superbe maison du 18ème siècle, devant laquelle se trouvait un jardin luxuriant et exotique avec palmiers a pu inspirer Daudet.

 

III.   Etymologie de Montfrin

Du latin montferinus signifiant la montagne giboyeuse où montagne des bêtes sauvages, car de vastes forêts y abritaient loups et sangliers.

De cette époque, il nous reste la base du château actuel, les rues à angles  droits construites comme un camp romain, des morceaux de rempart et la voie domitienne allant de Beaucaire à Nîmes.

 

 HISTOIRE

En 736, à Montfrin, au lieu dit St Jean des Vignes, eut lieu une grande bataille entre Charles Martel et les troupes sarrasines défaites à Poitiers.

 

Les trois sources guérisseuses

 

Céserac, Malotière et Foncluze ont fait la renommée de Montfrin, qui devient une station thermale de haut niveau.
Au cours de l'Histoire, plusieurs rois et notables y viendront prendre les eaux : Charlemagne, François 1er, Louis XIII, Anne d'Autriche et Richelieu.

Des nombreux puits qui fournissaient l'eau à Montfrin, il en resterait trois dont un dans une cour intérieure de la Commanderie des Templiers.

 

Le PATRIMOINE

Le Château (privé)

 

Il y eut en premier lieu un château ou une tour romaine.

Terminés au XVIIIème siècle, les jardins sont attribués à Jules Hardouin-Mansart. Il a appartenu  à la famille des marquis de Monteynard.

Il fut acquis par Robert Servan-Schreiber en 1925. Ensuite à sa fille Marie-Claire Mendès-France. Aujourd'hui, il appartient à son petit-fils, Jean-René de Fleurieu, oléiculteur de renom qui produit une huile d'olive appelée « Château de Montfrin ».

 

La commanderie des Templiers

 

C'est un espace immense, qui a été morcelé, démoli à la Révolution, qui n'a jamais fait l'objet d'une restauration.

 

 

Le périmètre peut cependant être reconstitué : il comprend l'église, la cave jusqu'à l'hôtel  de ville, une tour massive fait l'angle avec la rue Georges Clémenceau. Situé à l'intersection de l'avenue Mendès-France et de la rue des Templiers.

 

 

L'église construite par les Templiers en 1180 est un fleuron des édifices romans du Bas-Languedoc (Notre-Dame de Malpas).

 

 Ce sont les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem (les Chevaliers de Malte) qui ont succédé aux Templiers et ont construit le rocher de l'église qui est donc gothique.

La Commanderie au départ dépendait de St Gilles.

 

 

SITE DE LA BAUME : Les Ruchers

 

Il faut suivre les pancartes jaunes derrière le château, situé chemin de la Baume.

A partir du parking : y aller par le chemin des Moulins, avenue R.Cassin, puis chemin de la Garrigue et chemin de la Baume.

A l'origine ce sont les carrières qui ont servi à la construction du château fort et de la Commanderie.

C'est un espace unique : des niches anciennes au nombre soixante et seize ont été creusées dans la carrière pour en faire des ruches. Le site en pleine nature est aménagé et entretenu par la Mairie.

 

A noter que quelques mas comportaient également une ruche creusée dans un mur.

 

Squelette d'un mammouth acheté aux enchères à Paris récemment dans le but de faire venir les clients à la Cave Intercommunale des Vignerons.

 

La Maison d'Antoine-Henri REYNAUD

Située au 47 avenue Victor Hugo, seule une simple plaque vieillie rappelle le lieu d'habitation de « Tartarin ».
La maison a été achetée par un particulier et la Mairie n'a pas usé de son droit de préemption pour mettre en valeur ce patrimoine.

 

La tombe d'Antoine-Henri REYNAUD

Seule une petite plaque commémore et atteste sa tombe du reste mal orthographiée « RAYNAUD » devant un  lopin de terre aride.

 

Les célébrités locales

 

Mistral ami de  Daudet a eu des parents qui habitaient Montfrin.

Ulysse Larrey, neveu du médecin de Napoléon, ancien maire.

Le Docteur Michel Granier, précurseur de l'homéopathie.

La famille Servan-Schreiber, Mendès-France

Jean-Baptiste Poquelin, MOLIERE.

 

 

MOLIERE


Lors de la venue de Louis XIII à Montfrin en 1642, Molière qui n'est encore que Jean-Baptiste Poquelin, tapissier du roi, fait la connaissance et tombe amoureux de Madeleine Béjart.
Une plaque située sur la place qui sert de parking en témoigne : au bout de l'avenue Mendès-France au croisement de la rue Jean Moulin.
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