PONT-SAINT-ESPRIT

Situation géographique

Pont-Saint-Esprit est une commune située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon. Les habitants s'appellent les Spiripontains.

Sur les traces de François Bravay qui est à l'origine du célèbre roman de Daudet : « Le Nabab ». Caricature du nouveau riche, son existence extraordinaire a servi de trame à l'écrivain.

 

Le samedi 5 mai 2012, la Fédération Eternel Alphonse Daudet a organisé une sortie à Pont-Saint-Esprit. Le rendez-vous a lieu devant le Château du Colombier ayant appartenu à François Bravay. Aujourd'hui, c'est la propriétaire actuelle qui nous accueille.

Mr. Lombard et Mr. Pierre de Verdusan nous accompagnent pour cette visite au cours de laquelle il a été remis aux membres de la Fédération, le document suivant :

Bravay était mort depuis trois ans, lorsque M. Alphonse Daudet décida de le ressusciter par l'écrit. Il publia son roman « le Nabab » en 1878, qui souleva dans la presse parisienne, au sujet des personnages mis en scène, les polémiques les plus vives.
Le héros du roman, Janssoulet, n'était autre, assurait-on que l'ancien député du Gard, Louis François Bravay.

Ecoutons Daudet : « J'ai connu le vrai Nabab en 1864. J'occupais alors une position semi-officielle, secrétaire du Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, qui m'obligeait à mettre une grande réserve dans mes visites à ce fastueux et accueillant Levantin.

Plus tard, je fus lié avec un de ses frères, mais  à ce moment-là, le pauvre Nabab se débattait au loin, dans des buissons d'épines cruelles et on ne le voyait plus à Paris que rarement... ».

 

Qui était ce Nabab ?

 

Né à Pont-Saint-Esprit dans le Gard, le 25 novembre 1817, deuxième fils d'un marchand de casseroles et outils agricoles de Pont-Saint-Esprit. Il vint habiter la capitale en 1842 avec mère et frère, à la suite de revers de fortune éprouvés par sa famille. Il fut d'abord employé dans le commerce des vins.

Puis, de nouveau en souci d'argent en 1847, il arriva sur Marseille et il dit qu'il fit tourner son chapeau équipé d'un papier sur sa canne : là où le papier donna la direction, il alla, et ce fut en Egypte. Il se fixa à Alexandrie, créa une maison de commission laquelle ne tarda pas à prospérer. Il devint avocat.
En 1848, il défendit le consulat de France à Alexandrie contre une émeute, représenta plusieurs fois les intérêts de la colonie française et devint le confident, le protégé, l'intendant, vizir et bouffon de Saïd Pacha, ami des français, vassal des sultans ottomans. Il fit venir plusieurs centaines de spiripontains en Egypte qui y

firent fortune.

 

Après avoir amassé une fortune de plusieurs millions, revenu en France,

ce personnage éblouira  la bourgeoisie locale et par là, même les électeurs.
Il se fit nommer conseiller général du Gard pour le canton de Pont-Saint-Esprit, et,

le 4 juin 1863, fut, pour la première fois, élu député au Corps législatif.

 

Il fait construire le château du Colombier, il achète en 1856 le château de Belle-Eau à Donzère où il reçoit Saïd Pacha, il le revend en 1874.
Il a également un hôtel à Paris où il réside.


Ce train de vie dispendieux viendra rapidement à bout de son magot ramassé en Egypte. Ruiné, il mourra, aveugle et sans ressources à Paris, en 1874.

 

SCANDALE  autour du  roman : « Le NABAB ».

Le scandale commença, sitôt qu'il sortit des presses en 1877, quelques années après la mort de Bravay.

Dans le Figaro du 5 janvier 1878 : « Quant à l'auteur du roman (Daudet), il n'avait pour écrire l'histoire du Nabab qu'à recueillir ses souvenirs personnels, il est le compatriote de Bravay, qui ne lui fut pas inutile à son entrée dans le monde parisien où, depuis, M.Alphonse Daudet a pris une place si distinguée . »

Le jour même, Daudet protestait contre les insinuations du rédacteur du Figaro. Désolé que le rédacteur eut mêlé à son récit des personnes et des noms auxquels il n'avait jamais songé, il terminait sa lettre par ces mots :

Ecoutons Daudet : « Quant à moi, Monsieur, s'il est vrai que j'occupe dans le monde une situation aussi distinguée que vous voulez bien le dire, ce n'est pas à François Bravay que je le dois. Je ne l'ai vu que deux fois dans ma vie ; juste le temps de le juger, de le plaindre et de le peindre. »

 

« Cela fait beaucoup plus d'honneur à sa perspicacité qu'à son cœur », riposta Adrien Bravay, le frère du « Nababab. »

 

Daudet eut pu lui retourner l'équivoque compliment, car enfin le factotum de Mohamed-Saïd n'était pas un agneau sans tache et on a pu écrire avec raison :

« Fortune inattendue pour ce mercanti d'intrigues et de rapines, gagneur d'argent et d'insolence dans les Mille et une Nuits et les mille et une proxénétismes de l'Orient, que de passer un instant auprès d'Alphonse Daudet. L'observateur prêtera au ruffian la grandeur, qui lui manque et tirera sa catastrophe hors de son apparente banalité. Jansoulet tombe dans paris comme un crapaud dans un piège de fourmis-lions.
Tous les parasites de la presse, de la tribune et de la finance s'attellent à sa renommée, la hissent et la dévorent jusqu'au jour où, réduit à rien, dévalisé de ses illusions et lamentable

par la déconfiture de sa bassesse, il mourra avec l'étonnement de se découvrir des naïvetéset de se connaître un cœur.

 

Le Mausolée de Mr. BRAVAY

 

Au cimetière de la petite ville, un mausolée gothique domine toutes les autres tombes. Le temps a noirci sa façade ornée de bandeaux. Il se termine en pointe, comme un pigeonnier ; sur le fronton, on lit : « Famille BRAVAY ».
Derrière la grille en fer forgé, on distingue un autel en plâtre, avec des filets gris, des chandeliers rouillés, des couronnes flétries, des photographies jaunies.
Deux ou trois chaises à prie-Dieu achève de pourrir.
Des feuilles mortes roulées par le vent jonchent les dalles couvertes des plâtras tombés des murs crépis de chaux ocrée qui verdissent et s'écaillent sous l'humidité.
Dans l'angle des fenêtres en ogive dont la poussière a terni les vitres, les araignées ont tissé leurs toiles.
Quelques fleurs germées toutes seules dans les fentes des chapiteaux frémissent sous la brise.

 

Il repose dans ce caveau qu'il s'était fait construire, le buste à l'intérieur est celui de son fils François, né en 1854 (Bravay a alors 39 ans) et qui fut commissaire-priseur sur Avignon (dont a priori deux enfants : Jeanne et Jules).

 

Extrait de « Mon Frère et moi » par Ernest Daudet

 

… Puis, quand il eut été élu, porté à la Chambre par l'enthousiasme des populations qu'excitaient sa réputation de millionnaire et sa générosité, servies par une parole chaude, fruste comme sa personne, mais bien faite pour être comprise par des « ruraux », il me proposa de devenir son secrétaire politique. J 'acceptai et n'eus pas à m'en repentir. Je n'ai pas connu de plus honnête coeur. C'est un de mes regrets de n'avoir pas possédé l'influence nécessaire pour lui imposer mes conseils et lui faire comprendre combien valaient peu quelques-uns de ceux qui l'entouraient.

Ses fréquents voyages en Egypte, l'emballement de son existence toujours tiraillée entre les solliciteurs et les besoins d'argent créés par leurs exigences, faisaient le plus souvent de ma fonction près de lui une véritable sinécure.... ».

 

« …. Le portrait que mon frère Alphonse a tracé de lui, dans ce livre inoubliable, ne me laisse rien d'autre à dire, si ce n'est qu'en parlant de l'exquise bonté de cette âme toute naïve, en dépit des apparences contraires, l'auteur du Nabab n'a rien exagéré.

Pour ceux qui ont  connu et aimé François Bravay, le roman dont il est le héros est l'oeuvre la mieux faite pour rendre hommage à sa mémoire et la venger de calomnies ineptes... ».

 

Ecoutons DAUDET : « ...Qui s'en occupe de ce pauvre Nabab ? Qui se souvient même de son nom ? L'histoire de ses richesses fabuleuses, personne ne le savait précisément !

… son intelligence de français du midi...était arrivée à faire une de ces fortunes comme on n'en fait que là-bas dans ces diables de pays chauds où tout est gigantesque...et sa générosité était excessive ». Etudes et Paysages un Nabab, étude historique.

 

Histoire

Les trois légendes à l'origine de Pont-Saint-Esprit autrefois appelé

Saint-Saturnin-du-Port.

La première légende est une reprise de la légende de St Bénézet (le célèbre Pont d'Avignon). Un berger à qui un ange était apparu pour lui ordonner de faire construire un pont.

La seconde légende est d'inspiration bénédictine : un moine aurait vu « en songe des langues de feu descendre des nuées et se poser, de distance en distance, sur le Rhône, les langues de feu marquant l'emplacement des piles et des arceaux.

La troisième légende est celle du « treizième ouvrier » qui fournissait à lui seul un travail considérable et qui, selon la croyance populaire, aurait été « le Saint-Esprit ».

C'est pourquoi les Spiripontains étaient-ils surnommés encore au siècle dernier,

 les « touca dou san Esprit » (touchés du Saint-Esprit).

 

Les fleuves sont à la fois des chemins et des frontières.

La localité qui devint Pont-Saint-Esprit fut à la limite des états du Pape, de l'Empereur et du roi de France ; cette position privilégiée en fit un lieu de passage de premier ordre quand, au début du 14ème siècle, un pont y fut construit.
Le mot de Pont-Saint-Esprit est à la fois le témoignage du passage et de la religion.
Par ce pont et autour de ce pont, nous touchons à l'histoire politique, religieuse et artistique.

Pont-Saint-Esprit est le type même de ville-pont.

Sources de Mr. Guy Dupré, Docteur ès lettres – Un Pont au Moyen Age.

 

Histoire du Petit Blanc, impôt du sel.

 

Le roi Philippe VI de Valois, lors de son passage à Pont-Saint-Esprit, fut émerveillé à la vue du pont récemment bâti. Pour permettre d'entretenir ce monument, ce roi créateur de la gabelle, permit aux recteurs de l'Œuvre du pont de percevoir un droit de cinq deniers sur chaque minot (cent livres) de sel passant sous le pont ou déposé au grenier de la ville. Cet impôt fut appelé « Petit Blanc ».

 

Patrimoine

 

L'Hôpital et la Collégiale de l'Œuvre du Saint-Esprit.

La grande salle de l'hôpital (1315-1320) pouvait recevoir près de 80 personnes.

La Collégiale servait de chapelle à l'Hôpital : les « pauvres du Christ), les pèlerins se recueillaient devant la statue miraculeuse de Notre-Dame.

Le Pont

 

Le Pont, de près de 1000 mètres de longueur, est construit selon les techniques de l'Antiquité.

Les techniques de liaison entre les axes, inconnues des constructeurs du pont d'Avignon, assurèrent sa longévité... et la fortune commerciale de la ville qui prit le nom du pont au XVème siècle.

 

La Maison du Roi

C'est la maison de l'Œuvre du Saint-Esprit où furent reçus 12 rois de France ; les Etats du Languedoc s'y réunirent à plusieurs reprises.

 

Eglise Saint-Saturnin

Cette église serait bâtie sur un temple gallo-romain dédié à Cybèle.
L'édifice est agrandi au Xième siècle, puis au cours des siècles suivants. Le financement a été assuré par un transporteur de sel de la ville. On y trouve des orgues du XVIIIème siècle.

 

L'HOTEL-DIEU

Ancien cloître des Visitandines (XVII et XVIIIèmes siècles).

 

La Chapelle des Pénitents

Elle témoigne de l'intense mouvement religieux qui anime Pont-Saint-Esprit.  Les pénitents bleus qui portent l'habit blanc au cordon bleu.

La statue de la niche est placée sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste.

 

Le Prieuré Saint-Pierre

Du prieuré clunisien fondé par Géraud d'Uzès au Xème siècle, il ne subsiste que la chapelle située au sud de la place Saint-Pierre.

 

MUSEE MUNICIPAL PAUL-RAYMOND

 

Il est installé dans l'ancien Hôtel de Ville dont la façade date de 1836.

Ce Musée rassemble des objets d'art provençaux, de la préhistoire, des peintures et la Pharmacie de l'Hôpital : 247 faïences. Les pots de pharmacie datent des XVIIème et XVIIIème siècles.

 

Le MUSEE d'ART SACRE


Fleuron du patrimoine gardois, le Musée d' art sacré du Gard, est installé dans la Maison des Chevaliers, ancien hôtel ayant appartenu aux Piolenc, riches négociants de la Vallée du Rhône.

Des anciens magasins à blé sur la rue aux pièces d'apparat ouvertes sur le Rhône, de la salle de Justice aux pièces de service, tout ici témoigne de l'authenticité de la vie quotidienne d'une grande famille rhodanienne.

 

 

La constitution de la collection d'art sacré du musée départemental et sa présentation au public relèvent d'un constat : la perte d'une culture générale dans le domaine religieux limite la compréhension d'œuvres peintes ou sculptées. L'ignorance du religieux  risque d'empêcher l'accès aux œuvres majeures du notre patrimoine artistique, littéraire et philosophique. L'art religieux souffre de méconnaissance, voire de rejet.
Au-delà des convictions des uns qu'il transcrit en images, cet art est une des composantes fondamentales de notre civilisation occidentale sans laquelle il est impossible d'étudier l'art et la création au cours des siècles.
Aussi, le Musée d'art sacré souhaite-t-il favoriser l'approche de ce patrimoine.

Cette finalité n'est pas sous-tendue par un quelconque zèle catéchétique, -le musée n'entend pas convaincre- mais par le souci de partager des biens de culture et de nourrir la mémoire collective.
Sa démarche est laïque.


Le cours du Rhône a été déplacé dans Pont-Saint-Esprit.
La terre est cultivable devant l'Ardèche et le Lauzon qui se jettent dans le Rhône.

 L'Ardèche se jette entre  deux rochers.
On traversait le Rhône en barque ou en bac.

En 1265, un premier pont est construit (45 années pour l'édifier).

La légende raconte que le roi Louis XIII est passé le premier sur le pont avec une charge importante pour tester sa solidité.

La guerre des Albigeois a détruit le pont d'Avignon et le pont de Pont-Saint-Esprit. Une confrérie était chargée de soigner les blessés et devait entretenir le pont. Cette confrérie construisit un hôpital (un des quatre premiers de la chrétienté).

Le pont est élargi en 1861 et une arche est supprimée.
Chaque pile du pont a un nom (celui d'une famille donatrice).

 

En 1924, Pont-Saint-Esprit devient une ville de garnison.

 

Retour en page d'accueil