REDESSAN

 

Situation géographique

 

Commune située dans l'aire urbaine de Nîmes sur la ligne Tarascon-Sète et l'ancienne route nationale 99 entre Nîmes et Beaucaire.

 

L'Estampille méridionale

 

Légende ou vérité

 Dans une correspondance adressée en 1885 à son ami Frédéric Mistral, Daudet évoque un exploit taurin dont il aurait été le héros à Redessan.

« Mais non d'un !... tu oublies avec ton Espagne et ton Italie, tu oublies que je suis un bourgeois de Nîmes qu'à douze ans à Redessan, j'avais dos cop de bano de biou dino lou... ce qui est une estampille méridionale suffisante.
Les mêmes droits à parler Midi qu'Aubanel et Félix gras.

Et Lesage de Quimper n'a rien d'Espagnol non.

Em'aco, sies Frédéri e sieu Anfos que t'amo. »

 

Si cette estampille  juvénile est vraie, il s'en vante, c'est donc un signe d'appartenance et il en est fier.

Si elle est fausse, elle indique chez Daudet le titre de noblesse que peut représenter pour un méridional la fréquentation du monde de la bouvine.

 

 

Les arènes étaient constituées par un rond de charrettes, disposé sur « l'aire pour la fête votive, comme Daudet le décrit à Sernhac dans « Audiberte », et le culte du taureau s'y célèbre à travers des jeux divers : bastonnade du taureau, sauts, ferrade en piste, course à la cocarde.

 

A-t-il été  blessé ou a-t-il connu le délicieux frisson de la peur comme beaucoup de jeunes méridionaux , N'a-t-il pas embelli un souvenir d'enfance, lui qui savait si bien travestir la vérité ?

 

Daudet vient de fêter ses douze ans quand, en 1852 les courses sont à nouveau dites « libres » d'organisation.

 

 

Il est à noter que le XIXème siècle a très peu de document sur les courses taurines. Il faut attendre le journal L'Aïoli de Mistral et surtout le Marquis Folco de Baroncelli en 1891.

 

Evocation d'une corrida à Nîmes par Daudet

« La ville est écrasée de soleil, les cours, brûlés et désert... Par opposition, les corridors du vieil amphithéâtre froids et humides, la fraîcheur des voûtes contrastent avec l'éblouissement du jour tombant d'aplomb sur les gradins. » 

 

« A mesure que le jour avançait, le soleil tournait lentement dans la rondeur de l'immense amphithéâtre comme sur un cadran solaire, la foule groupée dans la zone d'ombre laissait vide tout l'espace exposé à la chaleur. Mais les arènes étaient surtout belles, vers la fin du spectacle à mesure que le soir arrivait, l'ombre semblait sortir, de toutes ces ouvertures, ces voûtes, ces couloirs, ces arcades, et se répandre dans le cirque.

Quelques fanfares joyeuses annonçaient la mort du dernier taureau que les chevaux  entraînaient.
La foule s'écoulait lentement... »

 

La bouvine dans le Midi d'Alphonse Daudet

 

Ecoutons Daudet dans « Audiberte »

 

« … il y eut une course de taureaux. Tous les jeunes gens de Sernhac s'y rendirent pour assister à la ferrade ; nous appelons « ferrade » une course au petit pied, ou l'on ne tue pas le taureau, où l'on se contente de lui arracher une cocarde placée entre les cornes et, ensuite, de l'abattre et de le marquer à peu près comme un galérien. »

 

« Les fêtes de Meynes furent très belles ; elles durèrent trois jours. Les étrangers campaient au milieu du village, les uns dans leurs charrettes couvertes de toiles, les autres à la belle lune.

 

On dansait le matin, on dansait le soir, on dansait toute la journée. Il y eut des courses dans  les  sacs, des tirs à l'oie ; il y eut aussi, deçà et delà, quelques coups de poing donnés et rendus entre gens de différentes communes ; mais Sernhac eut tout l'avantage : ses garçons étaient les plus vigoureux et les plus adroits ; ses filles les plus belles et les mieux coiffées.

 

Vers la fin de la troisième journée, le tambourin battit dans toutes les rues pour annoncer une forte lutte. On rangea les charrettes en amphithéâtre sur la place, et des lutteurs se firent inscrire. Ils étaient au nombre de huit ; il y en avait de Bezouce, de Montfrin, de Marguerittes, de Ressan et de Meynes . »

Daudet affirme : « Les ferrades sont de véritables courses de taureaux...moins la pompe, le clinquant, le brio des fêtes espagnoles avec quelque chose de plus sain et de plus fort, un amusement robuste sans la moindre cruauté. »

 

La ferrade

« Il s'agit de renverser les bêtes et de les marquer d'un fer rouge sur la croupe aux initiales du propriétaire. Ces initiales peuvent être un sigle ou un symbole de la manade et que l'on fait une « escoussure », découpe de l'oreille de forme différente selon les manades ».

En fait, il faut attendre le Marquis Folco de Baroncelli autour des années 1900, pour organiser les courses que nous connaissons avec, en vedette, les cocardiers élevés et sélectionnés pour ces manifestations.

 

L'arrivée... un cri   Li Biou ! Li Biou !

 

« On amenait les taureaux la nuit escortés de leurs gardiens. Tout le village va les attendre. Cette expédition nocturne fait déjà partie de la ferrade... : les boeufs sont indisciplinés et les accidents fréquents. »

 

 

Dans les Lettres

Daudet part de son moulin, visiter son ami Mistral qui l'attend à la gare de Graveson. Ils arrivent à Maillane en pleine fête votive et entre manifestations religieuses et profanes, comme toujours, « nous allâmes voir les taureaux et les jeux sur l'aire... »

 

En Camargue 1866, récit initialement publiés dans Robert Helmont : Etudes et Paysages et insérés par la suite dans les lettres.

 

« ...espaces infinis d'horizons bleus et de ciel ouverts... », lieux magiques

où les quatre éléments se mêlent , cabanes de roseaux pour les gardians, manades de chevaux et de noirs taureaux... »

 

 

Patrimoine

 

L'église et son clocher

 

En 1621, lors de la guerre de religion, l'église est saccagée par les protestants.
Au début du 19ème siècle, elle se trouve dans un état lamentable suite aux nombreuses attaques subies dans le village. Il s'avère alors nécessaire d'en reconstruire une nouvelle. Avec un aspect simple et sévère, cette nouvelle église reflète un pur style roman et présente les mêmes caractéristiques architecturales que la basilique Saint Paul à Nîmes.

 

Son horloge

 

A la suite d'une décision prise en janvier 1818 fixant l'implantation de l'horloge à son emplacement actuel, plusieurs requêtes auraient été adressées à Mr. le Préfet pour contester ce choix. Certains la trouvant trop éloignée du centre du village, d'autres pensant la dépense exagérée et préconisant son installation sur l'église existant alors.
Il existe même une lettre d'observations adressée au Préfet, par un sous-secrétaire d'état au département de l'intérieur, estimant que cette dépense était infondée pour une commune n'excédant pas les 800 habitants.
Malgré cela, et à la suite d'une enquête menée par le juge de paix de paix de Marguerittes, la construction de cette horloge fut décidée à une grande majorité.

S'il est difficile de donner la date d'inauguration, il est certain que cette horloge a été partiellement détruite par un incendie provoqué par la foudre le 24 juin 1873. Elle a été restaurée avec la mise en place d'un nouveau mécanisme en 1874. Ce mécanisme a été à nouveau remplacé en 1933.

 

 

 

 

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