Abbaye Saint-Michel de FRIGOLET

 

 

Situation géographique

 

L'Abbaye de Saint-Michel de Frigolet est une abbaye de chanoines prémontrés, située près de Tarascon, au cœur de la Montagnette, dans le département des Bouches-du-Rhône.

Cette abbaye est installée au creux d'un vallon de la Montagnette, au milieu des pins, des oliviers, des cyprès, embaumés de thym, de lavande et de romarin.

 

Etymologie : elle doit son nom au mot provençal « frigoulo » qui signifie thym.

 

Deux grands noms, qui sont, à la fois, la gloire de la Provence et l'honneur de la France, ont jeté par  leur plume un peu de leur célébrité sur saint-Michel de Frigolet : le grand poète mistral et le conteur délicieux Alphonse Daudet.

 

HISTORIQUE de L'ABBAYE

 

Dix siècles de pèlerinage :

 

Saint-Michel fut fondé au Xème siècle par les moines de Montmajour.

Le premier prieur s'appelle Guillaume de Loubières.

 Souvent atteints de fièvres paludéennes au cours de leurs travaux d'assèchement, ils venaient se rétablir dans la Montagnette.

Ils y élevèrent la chapelle Notre-Dame du Bon Remède. Elle devint l'objet d'un pèlerinage qui dure encore.

Dans le Monastère, construit auprès de la chapelle, des religieux de divers ordres se succèdent.

Vendu comme bien national à la Révolution, il devient, par la suite un pensionnat où le jeune Frédéric Mistral est élève à l'école de Mr. DONAT.

 

En 1858, le Révérend Père Edmond de Boulbon et quelques disciples fondent une communauté de chanoines réguliers de l'Ordre de Prémontré.  Il entoure l'abbaye d'une enceinte néo-médiévale, avec tours, courtines, créneaux et mâchicoulis.
De vastes bâtiments sont édifiés pour recevoir les pèlerins ; une ferme, des ateliers, une église luxueusement décorée s'y ajoutent.

 

 

Expulsions .

- En 1880, fermeture de l'abbaye par le gouvernement anticlérical. Les moines s'exilent en Angleterre où ils fondent le Prieuré de Storrington. Après quelques années, la Communauté revient à Frigolet.

-En 1903, un nouveau gouvernement anticlérical fait confisquer et vendre les bâtiments de l'abbaye. Les religieux partent en exil à Leffe en Belgique.

-En 1922, retour à Frigolet


Pendant la guerre de 1914-1918, Frigolet devient un camp de concentration, puis les Prémontrés, une fois encore, reviennent dans leur abbaye.

 

En 1982, en honneur de Notre-Dame, et vu l'afflux des pèlerins, le Pape Jean-Paul II élève l'église abbatiale au rang de basilique.

 

L'élève Frédéric Mistral à FRIGOLET

 

Une plaque se trouve sur le mur d'entrée de l'abbaye en souvenir du passage du jeune élève Mistral en tant que pensionnaire de 1839 à 1841.

Monsieur Donat de Monteux, dans le Vaucluse, ouvre à Frigolet déserté en septembre 1839, une maison d'éducation pour la jeunesse des alentours.

Au soir de sa vie, le grand poète Frédéric Mistral, prend un plaisir visible à se remémorer l'heureux temps de son séjour à Frigolet.

 

 Extrait de Mémoires et Récits de Frédéric Mistral :

L'odeur de la montagne, dès qu'il faisait du soleil, nous rendait ivres.

Pour courir, nous avions toute la montagnette. Quand venait le jeudi, ou même aux heures de récréation, on nous lâchait tel qu'un troupeau et en avant dans la montagne, jusqu'à ce que la cloche nous sonnât le rappel.

Aussi, au bout de quelque temps, nous étions devenus sauvages, ma foi, autant qu'une nichée de lapins de garrigue...

Et nous, nous roulions dans les plantes de thym.

 

LA MONTAGNETTE

« … O baume ! O clarum ! O regale ! O miramen ! O pas de la naturo manso ! Que relarg de bonur e de pantai paradisen avès dubert sus moun enfanço ! », s'écriait Frédéric Mistral, se souvenant dans son vieil âge, des heureux moments de l'enfance, à Frigolet dans la Montagnette. « O arômes ! Ô clartés ! Ô délices ! Ô mirage ! Ô paix

de la nature douce ! Quels espaces de bonheur, de rêve paradisiaque, vous avez ouvert sur ma vie d'enfant !....

 

Il semblerait que Mistral se promène ,dans ce lieu magique, avec son jeune ami Daudet ,dès ses premières visites. Mistral lui fait découvrir les bâtiments et le jardin botanique, mais aussi il lui montre les vignes, les amandiers, les figuiers sauvages et toutes les senteurs de la garrigue.

 

Influence de FRIGOLET dans l'œuvre de Daudet

 

Lors de ses visites à St Michel de Frigolet, Daudet s'est imprégné des  parfums, des couleurs, de sa chère Provence,  et sans doute, a-t-il rencontré les frères dont un tout particulièrement qui était préposé aux alambics : le frère Calixte Gastinel.

Il n'y avait qu'un pas à franchir pour le jeune Daudet à l'imagination débordante pour écrire cette  lettre de mon Moulin dont voici un extrait :

 

L'Elixir du Révérend Père Gaucher

 

«... buvez ceci, mon voisin ; vous m'en direz des nouvelles.

Et, goutte à goutte, des  avec le soin minutieux d'un lapidaire comptant

des perles, le curé de Graveson me versa deux doigts d'une liqueur verte, dorée, chaude, étincelante, exquise... J'en eus l'estomac tout ensoleillé. »

-  « ... C'est l'élixir du Père Gaucher, la joie et la santé de notre Provence, me fit le brave homme d'un air triomphant ; on le fabrique au couvent des Prémontrés, à deux lieues de votre moulin...
N'est-ce pas que cela vaut bien toutes les chartreuses du monde ?...

Et si, vous saviez comme elle est amusante l'histoire de cet Elixir !

Ecoutez plutôt... »

« ...Cette distillerie, où personne, pas même le prieur, n'avait le droit de pénétrer, était une ancienne chapelle abandonnée, tout au bout du jardin de chanoines. La simplicité des bons Pères en avait fait quelque chose de mystérieux et de formidable ;.... »

« ...Le Père Gaucher, avec sa barbe de nécromant, penché sur ses fourneaux, le pèse-liqueur à la main ; puis, tout autour, des cornues de grès rose, des alambics gigantesques, des serpentins de cristal, tout un encombrement bizarre qui flamboyait ensorcelé dans la lueur rouge des vitraux.

Il fallait voir quel accueil quand il traversait le monastère ! Les frères faisaient la haie sur son passage. On disait : « chut !... il a le secret... »

« ...il préparait ses réchauds, ses alambics, triait soigneusement ses  herbes, toutes herbes de Provence, fines, grises, dentelées, brûlées de parfums et de soleil... »

« Tout à coup, au beau milieu de l'Ave veru, voilà mon Père Gaucher qui se renverse dans sa stalle et entonne d'une voix éclatante : Dans Paris, il y a un Père blanc

Patatin, patatan, tarabin, taraban...

Les chanoines se signent,. La crosse de monseigneur se démène... Mais le Père Gaucher ne voit rien, n'écoute rien ; et deux moines vigoureux sont obligés de l'entraîner par la petite porte du chœur, se débattant comme un exorcisé et continuant de plus belles ses patatin et ses taraban . »

 

L'histoire vraie de l'Elixir de Frigolet n'a rien avoir avec l'écrit imaginaire de Daudet.

Vers 1860, la liqueur du Frère Gastinel, distillée dans l'abbaye, commercialisée sous le nom de Norbertine, du nom du fondateur le Père Norbert, rencontre des difficultés de vente.

Plus tard, vers 1883, elle sera fabriquée sous licence à Châteaurenard. Bien sûr, elle prendra le nom que lui a donné Daudet dans ses Lettres de Mon Moulin.

Aujourd'hui, cette distillerie existe toujours  26, rue Soltain à Châteaurenard, 13160.

 

Allez déguster cette exquise liqueur « Frigolet », fabriquée avec les fines herbes de la montagnette, selon la formule du Révérend Père Gaucher : « la liqueur était d'un beau vert doré »!

 

Lieu de paix... lieu magique … St Michel de Frigolet

 

La magie prend le visiteur au moment où, quittant la plaine, il s'enfonce dans la Montagnette, en direction de Saint-Michel de Frigolet, et elle l'accompagne, d'abord sur le chemin, puis dans ce vaste ensemble de constructions diverses de l'abbaye que blanchit la ruisselante lumière du soleil de Provence.

D'abord, la vieille église claustrale des moines bénédictins, l'église Saint-Michel, puis le joli petit cloître du XIIème siècle. Ensuite, le visiteur entre dans la belle église abbatiale au mille couleurs, aux peintures si riches en symbolisme. La chapelle de Notre-Dame du Bon Remède « ce bijou de la Montagnette », disait Mistral.

 

Depuis dix siècles, la foule  afflue dans ce lieu prédestiné. Les rois et les reines sont venus prier N-D du Bon Remède.

Au 14ème siècle, Jeanne, comtesse de Provence, reine de Naples et de,  Sicile. Le bon roi René, comte d'Anjou et souverain de Provence.

Enfin, en 1632, Anne d'Autriche, reine de France, vient ici pour obtenir la grâce d'avoir un héritier que la France attend depuis quinze ans.

A la naissance de son fils Louis XIV, elle fait revêtir la modeste chapelle de riches boiseries dorées : quatorze belles toiles de Mignard.

L'ancienne vierge de pierre est remplacée par une statue richement parée, placée sur l'autel dans une niche parsemée de lys d'or et représentant l'auguste donatrice.

 

Grimpez sur les crêtes, sur la côte 162 ou le Mourre de la Mer, et vous apercevrez un panorama grandiose.

Nord, Avignon, avec son palais, ses palais et N-D des Doms.

 Villeneuve les Avignon, avec le fort Saint-André et la Tour Philippe le Bel. Barbentane, manoir seigneurial des archevêques d'Avignon.

 

Est, Châteaurenard avec ses deux tours.

 

Sud-Est, la ligne des Alpilles. A ses pieds, Saint-Rémy avec ses souvenirs romains, au milieu de la plaine, Maillane, pays de Mistral, Graveson.

Au midi, Tarascon et Beaucaire avec leurs châteaux.

 

FETES SPECIALES

 

Lundi de Pâques, fête de la jeunesse, rassemblement folklorique,

Lundi de Pentecôte, fête de N-D du Bon Remède,

Journée des malades, dernier dimanche de juin.

Fête de saint Norbert, fondateur des Prémontrés, (11 juillet).

Fête de saint Michel, patron du lieu (29 septembre).

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