PLACE A LA CULTURE AUTOUR DE DAUDET

Au cours des siècles, des hommes se sont levés pour souligner l'importance de la culture, de l'enseignement et de la liberté d'expression.

 

Nous habitons un pays visité par les touristes du monde entier. 

Aujourd'hui la France est blessée.

Comme vous, j'ai été atteinte par l'ampleur des massacres de jeunes dans leur joie et leur art de vivre la musique, leur culture.

 

Notre pays touché en plein coeur, amputé et déchiré dans ce qu'il a de plus chers : ses enfants.

Notre pays meurtri d'avoir attenté à sa culture, sa pensée et sa liberté d'expression.

L'année 2015 restera comme une plaie marquée au fer rouge. Rouge comme le sang de l'innocence et de la liberté. 

Désormais, il y aura un avant et un après.

 

Mais qu'est ce que la culture ?

La culture unit, rassemble, crée des liens.

La culture est en soi une résistance face à la violence.

Elle est un lieu de création, de travail, un réceptacle d'idées et de liberté.

Elle est en lien avec le terroir, la région, le pays.
Quand la culture vacille, la démocratie vacille.

 

Nous devons faire une place à la culture, la protéger, la défendre, car elle fait partie de notre art de vivre, l'art de vivre à la française qui s'est transmis à travers le temps, c'est notre patrimoine culturel.

 

 Il y a encore quelques années, l'exception culturelle française était dominante et plongeait ses racines dans le latin et le grec.

 Pour ne citer que ses noms prestigieux qui font encore notre fierté : Rabelais, Montaigne, Corneille, Racine, Molière, Chateaubriand, Zola, Flaubert et notre Alphonse Daudet.

Aujourd'hui, si nous sommes de plus en plus nombreux à nous rassembler autour d'Alphonse Daudet, c'est que nous avons reconnu en Daudet, un écrivain du terroir qui dans un style simple et poétique nous fait découvrir le parfum de la Provence, sa couleur, l'authenticité de la tradition et des coutumes.

 

 En parcourant les chemins de Daudet dans son Midi, nous renouons non seulement avec la vie rude de nos ancêtres, mais aussi avec les vraies valeurs transmises par nos parents.

 

 La décadence de notre société et le monde qui s'embrase nous rapprochent un peu plus les uns des autres et nous font rechercher ce temps perdu, ce temps qui nous enracine.

 

Et comment ne pas être sensible à l'écrivain le plus étudié à l'étranger pour l'enseignement de la langue française.


Au Japon, les professeurs enseignent le français à partir d'un texte « La dernière classe » extrait  des Contes du Lundi.

Les anglais, les catalans les russes et les roumains viennent à la découverte du midi de Daudet.

 

 Dans de nombreux pays les traductions  du Petit Chose, de Jack, des Contes du Lundi, des Lettres de mon Moulin, de Sapho, du Trésor d'Arlatan, ont fait connaître l'écrivain.

 

Daudet ce sont des souvenirs personnels d'enfance, de tendresses et de grandes vacances aux contes parfois drôles et humoristiques mais toujours empreints d'humanité.

 

L'année 2015 a pris un nouvel essor et a grandi par ses membres puisque l'Association Eternel Alphonse Daudet a inscrit une trentaine de nouveaux adhérents à qui je souhaite la bienvenue.

 

 A vous chers adhérents, j'adresse tous mes remerciements pour ce que chacun d'entre vous m'avez apporté et avez apporté à la Fédération au cours de l'année par votre fidélité, votre soutien, votre amitié.

 

Si notre Fédération a atteint les objectifs qu'elle s'est fixés, c'est à vous qu'elle le doit.

Chaque année, vous donnez un nouveau souffle à nos sorties daudétiennes qui reçoivent un accueil chaleureux et un appui incontournable de la part des municipalités que je remercie vivement.

Notre projet est de créer un dépliant en douze volets  ou un livret-guide couleurs que nos petits-enfants liront et se raconteront comme un merveilleux conte d'une époque ancienne empreinte de nostalgie.

 

Au mois de mars, nous présenterons notre projet au Conseil Départemental.  

Nous espérons qu'il soutiendra notre association culturelle, touristique,  intergénérationnelle, et sportive.

Je pense que renier et abandonner l'aide à la culture, c'est déjà faire un pas en arrière, un pas vers le renoncement, le renoncement à notre histoire, à notre liberté.

 

 

Nous devons regarder l'avenir sans peur en construisant avec des sentiments de paix, en édifiant des passerelles pédagogiques pour les jeunes et en créant grâce à la  culture, un lien social.

 

Les chemins de Daudet seront accessibles à tous et un lieu de rencontre pour chacun d'entre vous, chemins de partage, de convivialité, d'amitié.

Chemins de richesses dans la découverte de notre histoire de France et des siècles qui l'ont parcourue.

Chemins de couleurs, de senteurs et de lumière de notre région.

 

Il est impossible de penser que nous vivons dans un pays qui ne sait pas trop où il va et ne sait donc pas dire d'où il vient.

Une large place, je dirais même une place prioritaire, voire identitaire doit être donnée aux actions et initiatives culturelles pour les maintenir, les sauvegarder  et les laisser en héritage aux enfants du futur.

 

 Renoncer aujourd'hui à la transmission de nos écrivains qui ont émaillé la littérature française,  c'est condamner demain à l'oubli tout un pan immense de cette littérature.

Nous avons mille ans de littérature française, en tant qu'humaniste je ne conçois pas que l'on puisse tirer un trait final sur notre histoire, notre langue, notre littérature, notre culture.

 

L'avenir de nos enfants est largement pénalisé. Aussi, ne laissons pas dépérir notre bien le plus précieux : la langue et la culture française.

 Ne soyons pas aux yeux de l'histoire les hommes et les femmes qui n'auront pas su protéger, ce qui peut encore être sauvé et de défendre, ce qui fait notre fierté, notre art de vivre.

 

Personne ne peut contester qu'Alphonse Daudet aimait tout particulièrement la vie, la folle vie de bohême, la vie parisienne, et puis plus tard la vie pour la vie : c'était son art de vivre.

Ne l'avait-on pas surnommé « le bobo »?

 

Sur le fronton de la maison natale d'Alphonse Daudet  au 20 avenue Gambetta à Nîmes, je vous invite à vous arrêter devant la façade et je vous invite à lire ces trois mots ...qu'il a laissé en héritage à ses enfants et à nous tous.

Nous qui devons aujourd'hui affronter l'avenir sans en avoir peur, nous pouvons dire merci Monsieur Daudet de nous avoir donné ces trois mots d'espoir : VIVE LA VIE.

                                      Monique DEGRAVE

                 Présidente de la Fédération Eternel Alphonse Daudet
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