Le mot de la Présidente

           Une année 2016 pas comme les autres...

 Création du musée Alphonse Daudet et

 Création d'un livre sur les chemins d'Alphonse Daudet

 

En ce début d'année, je vous présente mes chers amis en affection avec Daudet, mes meilleurs vœux pour une bonne et heureuse année.

 

Je tiens à vous remercier par votre présence et par vos messages de sympathie qui nous ont été envoyés tout au long de l'année.

 

Ces félicitations chaleureuse ont été un soutien essentiel pour continuer la tâche de Présidente dont vous m'avez honorée depuis maintenant quatre ans.

 

J'ai une excellente nouvelle à vous annoncer, le printemps  2017 verra la sortie du livre «Sur les Chemins d'Alphonse Daudet » pour lequel j'ai accompli un travail de longue haleine certes, mais peut-on prononcer le mot travail quand c'est la passion qui vous anime et qui vous guide.

 

Cependant ,il m'a semblé nécessaire de vous dire combien l'engagement a été intense et je remercie infiniment ma fidèle secrétaire, Madame Francine ROUX qui m'a accompagnée tout au long de l'année, dans nos rendez-vous nombreux auprès des Mairies dans les  vingt-cinq communes des départements du Gard, du Vaucluse, des Bouches-du-Rhône où nous sommes allées.

Je tiens aussi à remercier les maires, les adjoints, les conseillers municipaux à la culture, les directeurs de cabinet, les présidents qui nous ont reçues avec beaucoup de gentillesse et d'écoute, qui se sont montrés enthousiastes pour notre projet culturel  et  qui  apportent leur soutien.

 

Mes remerciements à M. ESCARGUEL, graphiste qui a mis en page le livre et avec qui j'ai travaillé une année entière dans une collaboration exemplaire.

J'associe M. PRATS qui a ouvert sa remarquable collection pour apporter les documents.

Enfin, Mme Roux et M. Soulier pour mise en œuvre des sets de table.

Un grand merci à M.Gosselin pour la conférence  sur Daudet organisée le vendredi 18 novembre 2016 à Lédenon devant un public attentif et intéressé.

Je souligne l'investissement de M.et Mme Cadenat, lors de la venue de Monsieur le Préfet à Jonquières Saint-Vincent.

 

Tous mes remerciements à M. LACOUR pour son amitié indéfectible et pour son engagement  indéniable auprès de Daudet.

 

Et vous tous, chers amis, chers adhérents, pour vos témoignages de soutien, d'engouement et de reconnaissance envers le but que nous nous sommes fixés.

 

Vous me pardonnerez de revenir un peu en arrière mais il m'a semblé utile à la veille de la sortie de mon livre d'en relater l'historique.

 L'idée de créer un espace culturel en hommage à Daudet s'est imposée à moi, comme une évidence, quand j'ai été élue conseillère municipale en 2008 dans mon village, Bezouce, petit village de plus de 2000 habitants, entre Nîmes et le Pont du Gard, agrémenté de quelques rues médiévales, d'anciennes maisons, et parmi ces bâtisses la maison où Alphonse Daudet jouait avec ses petits camarades sur le banc de pierre et apprenait à lire à l'école.

Pourquoi, direz-vous, Alphonse Daudet ?

Parce qu'il était là devant moi et qu'auparavant, je ne le voyais pas...

Un jour, lors des grandes vacances d'été, j'ai demandé à mes petits-enfants pourquoi j'éprouvais une telle passion pour Daudet... une petite fille m'a répondu parce qu'il est venu jouer dans ta propriété qui se trouve à quelques centaines de mètres de la maison nourricière où a grandi Alphonse Daudet.

Les enfants ont quelque fois une clairvoyance et une résonnance étonnante.

 

Alors, devant l'intérêt mystérieux que dégageait le personnage, je suis allée à sa rencontre. Il y avait le désir d'aller au fond des choses et de comprendre les raisons de la magie de Daudet qui m'était totalement inconnue.

En élève studieuse, au fil des lectures de sa biographie, de ses romans, de ses nouvelles, de ses pièces de théâtre, des personnes convaincantes, d'autres réfractaires, entre les uns et les autres, la magie a opéré.

 La vie a plus d'imagination que nous. Et puis, un jour, c'est le déclic, la pièce manquante du puzzle se met en place ! L'enthousiasme pour cet écrivain du terroir

de Bezouce, de Nîmes, et du Sud.

Quoi de plus beau que de partager un enthousiasme qui ne cessait de grandir pour un écrivain bien de chez nous, et bien plus, connu du monde entier !

N'est-il pas l'auteur français le plus étudié dans les textes par les élèves de tous pays ?

C'est un grand bonheur de découvrir combien il est populaire à l'étranger, et c'est avec fierté qu'on le reconnaît en tant que tel. Populaire, voilà un terme qu'il aimait car il rejetait les honneurs quels qu'ils soient.

 N'a-t-il pas décliné l'invitation à entrer à l'Académie française ? Et s'il a reçu

 la Légion d'honneur, en 1870, c'est à la demande de son frère Ernest.

 

Daudet aimait les pauvres gens et leur venait en aide toujours de façon discrète. Lors de ses promenades, il avait toujours dans sa poche des papillotes dans lesquelles il glissait de la monnaie...

C'est une grande émotion de sentir cette humanité transpirer dans ce corps disloqué. Treize ans de souffrances qu'il arrivait à transcender en conseillant les jeunes écrivains, en trouvant des emplois pour les uns et pour les autres, en assurant une pension à de vieux amis dans le besoin, en obtenant une pension pour certains dans les Ministères. Il avait trouvé le don de soi, et peut-être bien, il avait acquis la sagesse.

Car « le sage ne dépend pas d'autrui ; il n'attend pas la faveur de la fortune ou la faveur d'un homme », ainsi parlait Sénèque, 72e lettre à Lucilius.

 

Qui sait si les Chemins d'Alphonse Daudet ne nous mèneront pas sur la voie de la sagesse et sur la voie de la fraternité ?

 

Au fil des lectures de ses contes pleins de lumière, j'ai regardé autrement les beautés de la nature et  la douceur de notre Midi (un ciel bleu azur, un coucher de soleil flamboyant, une place inondée de soleil, etc …). Des bonheurs simples et à la portée de tous.

Son hypersensibilité et son humanité ont façonné son œuvre en chef-d’œuvre.

 

J'encouragerai toujours les lecteurs à découvrir dans ses textes les phrases

- qui baignent dans la lumière et nous racontent les traditions provençales.

- qui nous conduisent au détour d'un chemin devant un moulin,

- qui guident nos pas vers des villages au charme fou.

Tous ces lieux, sont des lieux symboliques de notre terroir où il a laissé des traces dans son œuvre immense : deux recueils de poèmes, dix-neuf contes, nouvelles et courts récits, quinze romans, seize pièces de théâtre.

 

Comme vous le savez dans les grandes histoires, il y a toujours la petite histoire qui fait sourire, et qui en dit long...

Il y a huit ans, certains se souviennent  de mon arrivée à une réunion, avec  vingt quatre chemises roses dans lesquelles je commençais à placer de la documentation, prendre des notes, des adresses, des numéros de téléphone, des courriels, des contacts, etc..

 

Ce livre est en fait une longue gestation, il s'est mis en place à mon insu, et a pris toute sa dimension quand je suis devenue votre Présidente. Il s'est révélé que cette lente maturation allait porter ses fruits. Rien n'arrive par hasard, le fil conducteur est là qui guide nos pas...

 

 Ce livre Sur les Chemins d'Alphonse Daudet de la Provence au Languedoc  jusqu'aux Cévennes, de la Camargue jusqu'aux Corbières, sera une fenêtre ouverte sur une mosaïque de terroirs baignés de lumière et tout bruissant du chant des cigales.

Ce livre nous conduira vers des paysages méditerranéens offrant un écrin de verdure au creux desquels se nichent des villages authentiques dans lesquels nous iront à la rencontre des personnages qu'il a fait naître : les Tartarins, les Petits Choses, les Arlésiennes.

Ce livre nous guidera vers des villes prestigieuses imprégnées de notre histoire où se trouvent des sites classés patrimoine de l'humanité dont nous sommes si fiers.

 

Quel bel hommage rendu à Daudet que de partir sur ses chemins de découvertes jalonnés de surprises et de mystères ?

Quoi de plus vivant que ces contes délicieux qui ont bercé notre enfance, nos enfants et aujoud'hui nos petits enfants ?

 Comment rester insensible à l'histoire de la petite chèvre de Monsieur Seguin, au coup de pied de la mule du pape, et au tendre secret de Maître Cornille ?

 

 

N'avons-nous pas découvert  le lien étroit qui existait entre le truculent cousin germain Antoine Reynaud et le célèbre Tartarin de Tarascon ?

 

Ces recherches animent notre esprit, toujours dans le souci d'être au plus près de la vérité, même si la légende perdure...

 

Nous allons entrer dans la quatrième année de nos chemins sur les traces de Daudet. Certains parmi vous se souviennent que nous avons sillonné :

 Les sentiers cévenols de Lasalle où nous avons découvert les jolies cousines et le verger du célèbre poème les Prunes, ainsi que la maison du cousin de Daudet.

 

Les sentiers de Bellegarde en Terre d'Argence qui nous ont conduit vers Batiste Bonnet, félibre, le fidèle ami jusquà la dernière heure de Daudet avec lequel il travaillait encore la veille de sa mort.

 

Les sentiers de Barbentane, Graveson, Châteaurenard en Montagnette. Et la célèbre farandole, symbole de la Provence, ensuite la jolie petite gare où nous attendaient Daudet et Mistral, enfin le divin élixir du Révérend Père Gaucher.

 

Les sentiers de Jonquières Saint-Vincent sur la voie domitienne où Daudet a écrit les premières pages de son livre le petit Chose dans le mas St Laurent, toujours propriété de la famille.

Ne pas oublier les traces encore visibles... du conte assez poignant «  Des deux auberges ». La chapelle classée St Laurent, et la non moins pittoresque mairie.

 

Les sentiers de Fontvieille dans les Alpilles à travers les pins jusqu'aux quatre moulins au milieu des senteurs de serpolet et de menthe sauvage. Le site grandiose de Barbegal.

Les sentiers de Montfrin  qui nous ont guidés vers la maison et la tombe du cousin germain de Daudet, ainsi que sur les traces des Templiers et la riche histoire du Château de Montfrin.

Les chemins d'Alphonse Daudet sont le commencement d'un grand et noble voyage à travers le temps, pour les grands comme pour les petits.

 

 Aujourd'hui, si nous continuons à tenir éloigner nos enfants et  nos petits-enfants de la  lecture d'écrivains qui ont enchanté de nombreuses générations, le choc  sera la perte de tout.

Car si nous n'arrivons plus à nous faire entendre de nos jeunes et si nous ne préparons pas la transmission de nos valeurs, de nos coutumes, de notre langue, ces jeunes iront chercher ailleurs d'autres valeurs, d'autres coutumes et une autre langue. Voici ce que disait Alphonse Daudet : « La langue française...ne jamais l'oublier...quand un peuple tombe esclave, tant qu'il tient bien sa langue, c'est comme s'il tenait la clef de sa prison. »

 Enfin, il y a quelques années, je formulais le souhait de rendre à cet illustre écrivain la place qui lui est due dans son Midi.

 

Ce vœu a été exaucé par la rencontre magique avec Monsieur Lacour qui se trouvait  devant moi sur le chemin de Daudet.

Je tiens à lui exprimer ma reconnaissance et mes remerciements personnels, mais aussi ceux de l 'Association Eternel Alphonse Daudet, pour son engagement de mécène et pour la création de notre musée qui manquait dans le paysage nîmois à quelques pas de sa maison natale.

 

Les écrivains contemporains et amis de Daudet, tels que Mistral, Zola, Flaubert, Maupassant, Georges Sand, Lamartine etc... ont leur musée, la reconnaissance et  la fierté de leur ville, car ils ont forgé notre patrimoine littéraire en tant que grands écrivains du XIXème siècle et sont le socle de notre belle langue française.

 

Animés du même esprit d'honorer la mémoire de Daudet, de promouvoir l'oeuvre universelle de ce grand homme de lettres, et de maintenir notre langue, nous avons créé le musée retraçant les différentes étapes de sa vie.

 

Vous le verrez à sa table de travail entrain d'écrire, et à ses côtés sa tendre épouse Julia. Vous verrez de nombreuses photos de famille, des lettres, des facs-similés, des journaux, des affiches, des livres inédits et réimprimés par les Editions Lacour-Ollé, romans, contes, nouvelles, essais, pièces de théâtre, autobiographies... et bien d'autres surprises que je vous laisse le soin d'aller découvrir tout autour de Daudet.

 

Fierté et symbole rendus aux grands écrivains, n'est-ce pas le devoir de mémoire de chacun de sauvegarder notre littérature, notre langue et notre histoire de France qui est malmenée depuis quelques années ?

Nous constatons avec effarement que nos petits-enfants ne savent plus rien de la France dans ce qui fait sa gloire : arts, culture, histoire, patrimoine.

L'histoire est survolée, le latin et le grec remplacés, en grammaire, le complément d'objet direct est supprimé.

 Nous avons le droit de nous interroger... que vont devenir nos enfants si on les maintient dans l'ignorance de nos racines, de notre passé, des héros et  des hommes de lettres qui ont façonné la France pendant des siècles.

 

Les témoignages de gratitude et d'enthousiasme déposés sur le Livre d'Or du Musée Daudet situé 25 boulevard Amiral Courbet à Nîmes, nous confortent dans l'idée que sa gloire vient de jaillir sur la ville et vient de déposer une étoile sur les chemins d'Alphonse Daudet. Elle nous fait prendre conscience que la ville a une personnalité et qu'elle est bien vivante.

 

 Une année qui commence est toujours porteuse d'espoir et de rêves.

Et j'ai toujours en tête cette phrase prononcée par le célèbre Martin Luther King

« I have a dream ».J'ai fait un rêve et, par expérience personnelle, je sais maintenant que la passion, la ténacité et une volonté inébranlable sont des facteurs majeurs pour la réussite d'un projet, surtout s'il est culturel.

 

                                    Monique DEGRAVE

     Présidente de l'Association Eternel Alphonse Daudet

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