« SUR LES CHEMINS DE DAUDET »

 A LASALLE EN CEVENNES LE 26 AVRIL 2014

 

Bonjour à toutes et à tous, chers amis Daudet,

 

Je vous souhaite la bienvenue dans les Cévennes, les Cévennes et les Causses qui ont été classées patrimoine mondial par l'UNESCO le 28 juin 2011.

J'aimerais souligner l'importance de Lasalle dans la vie d'Alphonse Daudet qui passa ses vacances d'été en août 1857 avec ses cousins germains, il avait alors 17 ans, et trois charmantes cousines qui s'appelaient : Maria, la prima dona, Joséphine, la gracieuse miss, Octavie, la belle provençale.

C'est à ses trois gracieuse cousines que Daudet dédia dans la première édition des Amoureuses publiées en 1858, trois poèmes :

·         La Perle des vallons, en hommage à ses 3 cousines,

·         Les petits-enfants,  paru en 1856, dont la famille GIBELIN possède un manuscrit, dédié à Louis Gibelin.

·         Les Prunes, récité dans les salons de l'Impératrice Eugénie, et qui a fait le tour du monde, dont nous lirons quelques lignes.

 

« Si vous voulez savoir comment

Nous nous aimâmes pour des prunes,

Je vous le dirai doucement,

Si vous voulez savoir comment

l'amour vient toujours en dormant

Chez les bruns comme chez les brunes

En quelques mots voici comment

Nous nous aimâmes pour des prunes ».

 

La Perle des Vallons c'est le Val de Salindrenque, le 131, rue de la Gravière, la Maison Gibelin, maison bourgeoise, habitée par Pierre-Henri Gibelin, filateur.

 

J'aimerais souligner que Daudet a par ses ascendants maternels et paternels des racines cévenoles :

 

Branche paternelle issue du hameau de la bize, sur la commune de Concoules, aux confins du Gard et de la Lozère, des Cévennes et du Vivarais, sur la voie Régordane.

 

Branche maternelle, les REYNAUD, installé à La Vignasse, à Saint Alban d'Auriolles, aux confins du Bas Vivarais et des Cévennes.

Famille prolifique de neuf enfants dont Antoine-Henri REYNAUD« Lou Cassaïre » , personnage de Tartarin de Tarascon.

François REYNAUD, prêtre, principal du Collège d'Alès en 1813.

Jean-Baptiste REYNAUD, chapelier de la reine Marie-Antoinette.

Antoine REYNAUD, grand-père maternel d'Alphonse, père de 5 enfants dont Adeline.

 

MONOBLET : village cévenol de 700 habitants, terre d'accueil. Site remarquable avec son temple octogonal et son église romane.

MONOBLET, siège du renouveau, de la sériciculture en Cévennes, possède dans les ateliers de Gréfeuilhe la dernière filature de soie française. Et le mûrier reste un arbre d'or très respecté, l'autre arbre aussi respecté » est le châtaignier, arbre à pain.

 

Visite du Musée à St HIPPOLYTE DU FORT.

 

Bonne journée dans ce paysage magnifique que sont les CEVENNES, terre de passion et de courage.

 

Monique DEGRAVE, Présidente

Eternel Alphonse Daudet

Ce samedi 26 avril 2014 un groupe de la Fédération Eternel Alphonse Daudet, composé de Monique DEGRAVE, Pierre QUEYRANNE, Jacques SOULIER, Ginette et Michel DUMAS,  Chantal GARCIA, Bernard PRADIER, Evelyne LAVIE, Michelle GOULGOC, Anny et Gérald GATTERRE, Viviane et Jean-Pierre FRA, Emma CUPILLLARD, Nicole et Gilbert VIVIET,  Fabrice DEMADE avions rendez-vous devant le temple de Lasalle pour une ballade dans la cité où la culture du vers à soie et son exploitation ont laissé une empreinte indélébile. La journée s’annonce belle, le ciel est bleu et la température est agréable.

 

M. Alain CHEVALLIER notre guide, nous explique la configuration de la cité qui est organisée essentiellement sur la route qui relie Anduze à St Hippolyte du Fort. D’aspect austère (côté rue)  elle est découpée en divers quartiers reconnaissables à l’architecture plus ou moins élaborée en fonction de la richesse des habitants. Le quartier des « riches » en son milieu, reconnaissable par les génoises aux toitures de plusieurs rangs de tuiles, puis le bas quartier plus pauvre des ouvriers. La rivière de la Salindrenque  parcourt le bourg à l’arrière des maisons.

 

L’empreinte du Magnan :

 

Henri VI et l’agronome Olivier de Serres ont encouragé la production du vers à soie dans le royaume.

 

Il faut rappeler qu’en 2010 la Fédération Eternel Alphonse  Daudet, sous l’égide d’Henri Segaud, Président,   s’est rendue en Ardèche  au domaine Olivier de Serres sur la commune du Pradel – Mirabel (à 15 mn d’Aubenas)

 

Olivier de Serres est né sous le règne de François 1er. A  40 ans, il se retire dans son domaine en Ardèche, où il crée un système de captage d’eau. Il pratique l’élevage du vers à soie. Il achète les plants de mûriers blancs chez  les Trenquier à Nîmes. La soie ayant été découverte par les Chinois 3000 ans avant JC.

 

Donc la culture de la soie reste modeste à Lasalle jusqu’en 1709, année d’un hiver très rigoureux où gèlent tous les oliviers, vignes et châtaigniers. Quelques années avant la révocation de l’Edit de Nantes et la guerre des Camisards avaient déjà appauvri la région. Lasalle étant dans le pays des Camisards la religion protestante y est ancrée fortement. Les cévenols se lancent dans la culture des muriers, et édifient des terrasses (ou faïsses) pour en faciliter la culture.

 

Un siècle  plus tard apparaissent les premiers ateliers de filature. Elles sont alimentées par deux canaux (les béals) celui du moulin de la Roque et celui du moulin d’Algues dont l’eau faiblement minéralisée convenait à la fragilité de la soie.

 

La population devient plus nombreuse par l’immigration des Cévennes lozériennes et du Gévaudan. En 1805, le maire de Lasalle, Manoël de la Gravière recense que tous les foyers ont un élevage de vers à soie (1935 habitants). Pas de filature, mais des faiseurs de bas de soie.

 

En 1813, une enquête impériale révèle la présence de 60 fileurs (trahandiers) qui ont 4 ou 6 tours et bassines dans des petits ateliers familiaux. On tire le fil unique du cocon – plus de 1000 m par cocon.

 

La première machine à vapeur arrivera à Lasalle en 1823 en même temps que les premières filatures modernes qui vont être édifiées jusque dans les années 1870. La plus ancienne est la filature MARTIN au 143 -149 rue de la Gravière. La filature Amédée et Justin VERNET fonctionnera en 1825 jusqu’en 1852 à l’emplacement de lactuelle filature du Pont de Fer.

 

13 filatures seront construites portant l’activité à son maximum dans la deuxième moitié du 19e siècle (une population avec un pic de plus de 2500 habitants).

 

Mais c’est sans compter sur la première crise « La maladie de la pébrine » qui affecte les vers à soie et fait chuter la production. En 1867, Pasteur trouve une solution en mettant en place une sélection rigoureuse des œufs que l’on fait éclore pour élever les vers à soie.

 

La percée du Canal de Suez en 1869 achèvera la production du vers à soie cévenol, en ouvrant d’autres voies vers l’Extrême Orient qui gagnent le marché Lyonnais.

En 1930, apparaît la soie artificielle le désastre dont l’économie locale ne s’est pas remise.

 

La promenade se dirige vers la grande rue – rue de la Gravière - du quartier aisé vers le bas quartier, …en direction Anduze, en parcourant des ruelles caladées. Nous passons devant l’hôtel des Camisards, ancien relais de poste. Puis nous nous dirigeons vers le Pont vieux pour admirer les anciennes filatures qui portent le nom de leurs créateurs et qui sont situées le long de la Salendrenque :

 

Les riches filateurs vivaient dans maison luxueuses aménagées sur plusieurs étages avec escalier monumental desservant petits et grands salons, meubles de qualités, tableaux, bibliothèques, gypseries décoratives, mais avec une façade sobre.

 

Le travail des fileuses :

 

C’était du personnel féminin le plus souvent jeune (14 à 18 ans) ou sans charge de famille. Elles travaillaient de 5 à 21 heures (12 heures de travail et 3 heures de pause).

 

Les plus jeunes chargées de battre le cocon dans des bassines d’eau à 80°. Les fileuses tirent le fil de cocon et assemblent 2 à 8 brins ensemble. Elles alimentent plusieurs tours sur lesquels le fil s’enroule. au début le travail est manuel, puis il est mécanisé : elles reboutent le fil – elles ajoutent un fil à celui qui se termine.

 

A Lasalle on ne produit que de la soie « grège » c'est-à-dire enrobée de grès (sécrétion collante) qui ne peut être teinte en l’état. Les fileuses viennent des villages alentours et logent chez l’habitant. L’élevage du vers à soie et le travail des filatures produiront un effet d’émancipation féminine puisqu’elles amènent l’argent frais dans le ménage. Chaque filature emploie environ une centaine de jeunes femmes. Les filatures ont du employer plus de 1000 ouvrières et ouvriers, à leur haute époque.

 

Vers midi, nous quittons Lasalle et nous nous dirigeons vers Monoblet petit village à proximité où nous sommes reçus à l’auberge du Major pour savourer un succulent repas. L’après-midi, certains poursuivent en direction de Saint Jean du Gard pour visiter le musée de la soie.

 

Ainsi ce fut une belle journée en Cévennes.

 

 

Une prochaine sortie est envisagée, cet automne, sur les chemins de Daudet, à Bellegarde.

 

Ginette DUMAS, secrétaire Eternel A. Daudet

 

Quelques photos de Lasalle…

 

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Une filature vue du Pont Vieux

 

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Derrière ce portail « Le jardin aux prunes »

 

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Le parc de la maison GIBELIN                                     Retour à la page d’accueil