FEDERATION ETERNEL ALPHONSE DAUDET

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             SORTIE SUR LE CHEMIN D'ALPHONSE DAUDET A TARASCON

                               le 28 avril 2018

 

Présents : DEGRAVE Monique, QUEYRANNE Pierre, FRA Viviane, FRA Jean-Pierre, MORIN Josiane, PRATS Daniel, BAUGUEN Alain, BATY Danièle, SANCHEZ Annie, GATTERRE Gérald, MONTEIL Anne-Marie, MONTEIL Claude, TSCHIRRET Simone, COLPART Didier, LAVIE Evelyne, Alain, GRASSET anne, GRASSET Claude, PRATS Yvonne, FOULGOC Michèle, HAULTCOEUR Francis, AGUZOU Nicole, JEAN Christiane, GIORDANO Elisabeth, BADAIRE Geneviève.

 

Excusés : VEYRIER Lionel, Viviet Nicole, PITHON Patrick, CHARDES Christian, LAVILLONNIERE Jean-Claude, FERRANT Colette et Claude, SELLES Marie-Dominique.

 

 

Les membres de la Fédération Eternel Alphonse Daudet ont répondu nombreux pour cette sortie dans la ville de Tarascon, classée ville provençale de la Culture pour 2018.

Nous nous sommes retrouvés à neuf heures sur le parking du château. Madame Monique Degrave après avoir remercié tous les Amis de Daudet pour leur fidélité, présente le nouveau secrétaire de l'Association, le Docteur Francis Haultcoeur, et souhaite la bienvenue aux nouveaux membres.

 

 

 

 

 

La Présidente nous présente LA TARASQUE, œuvre magistrale du sculpteur tarasconnais, Pascal Demaumont et nous relate le parcours prestigieux de celui-ci.

1999-2003 Travaille au Louvre, à l'Elysée, au Château de Vincennes, Eglise de Neuilly.

2005 – Sculpture de la Tarasque, classée patrimoine oral et immatériel de l'Humanité.

Oeuvres monumentales connues :

2008 – Crin Blanc aux Saintes-Maries-de-la-Mer

2017 – Le Moine Hervé à Déols (36)

2016 – Les 7 Moines de TIBHIRINE, sculptures visibles à l' Archevéché de Lyon.         

 Ecoutons Daudet :  Il y avait alors au bord du Rhône, à côté d'un grand rocher, dans un bois entre Arles et Avignon, vers l'Ouest, un énorme dragon mi-animal, mi-poisson, qui tuait beaucoup de gens traversant y compris ânes et chevaux, et retournait les bateaux sur le Rhône.
On avait beau venir en grand nombre et en armes, impossible de le tuer, car il quittait le bois et se cachait dans le fleuve... 

 

Sainte Marthe s'avança vers la bête en dressant une croix en bois. Le dragon s'amadoua et le peuple se vengea  en dilapidant le monstre.

Les Tarascaïres.

Depuis lors à Tarascon, on célèbre l'événement par des réjouissances où les Chevaliers de la Tarasque se cachent à l'intérieur du monstre et provoquent une effroyable panique.

Chaque année, à la fin du mois de juin, au cours des Fêtes de la Tarasque, on voit défiler des arlésiennes en costumes traditionnels et des gardians.

 

La Présidente nous présente Tarascon, la ville du célèbre Tartarin, le chasseur de casquettes (lou cassaïre). 

 

 

Repère biographique

« En France tout le monde est un peu de Tarascon » Alphonse Daudet.

C'est en février 1870 que paraîtra dans le journal « Le Figaro » les premiers chapitres de Tartarin de Tarascon. Puis, suite à une polémique sur le titre de ce roman qui s'appelait Barbarin de Tarascon, rapidement corrigé par Alphonse Daudet, l'éditeur Dentu décide de le publier. Cette histoire « galéjade » comme on dit dans le Midi, finira par créer « l'affaire ».

En effet, les méridionaux,  et en particulier les Tarasconnais, virent en Tartarin une caricature grotesque de leur personnalité. En créant ce type de héros populaire du midi, beau parleur, vantard, l'écrivain va s'attirer les foudres des gens du Midi. Cependant, Alphonse Daudet va défendre son héros en disant : « L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, il croit la dire ».

 

Seul, son grand ami Faubert reconnut dans ce roman un grand chef d'oeuvre. Quant à l'Impératrice Eugénie, en exil en Angleterre, lui adresse un beau salut : « Les Français n'ont pas à envier Don Quichotte aux Espagnols, puisqu'ils ont Tartarin ».

Le succès fut tel que Tartarin et Tarascon furent connus dans le monde entier.

 

Le fusil de Tartarin de Tarascon fut donné à l'Office du Tourisme de Nîmes par l'abbé Amat, originaire de Montfrin où Antoine Reynaud s'était retiré. Le célèbre fusil a peu servi. Les grandes chasses de Tartarin sont du domaine de la fable...Daudet a éprouvé un plaisir certain à évoquer ces chasses imaginaires...!

En 1885, Daudet fait paraître « Tartarin sur les Alpes », souvenirs de son séjour en Suisse. Il est publié chez Calman-Lévy. En 1890, paraît « Port Tarascon ». La trilogie de « Tartarin » s'achève.

 

Un demi-siècle de Tartarinades...

Extrait de « Histoire de mes Livres » d'Alphonse Daudet : Qu'on le déteste ou qu'on l'aime...Pour ma part, mon émotion est toujours la même, quand d'un passant de la vie, j'entends dire  c'est un tartarin ». Alors, me passe... un frisson, l'orgueil d'un père, qui a envie de crier : c'est mon garçon !

 

Le 23 novembre 2013, c'est face à la foule des grands jours que la statue en bronze de Tartarin  et de son père Alphonse a été inaugurée en présence de nombreuses personnalités et de Mme Chamand.

 

Nous avons eu le privilège d'avoir la visite guidée du Château en la personne de Monsieur Bastié, Conservateur du Centre d'Art, René d'Anjou. C'est dire si la richesse de ce patrimoine emblématique, au cœur de notre histoire de France racontée par cet éminent guide nous a charmés.  

 



 

Le château de Tarascon, demeure des Princes d'Anjou, Comtes de Provence.

Le plus beau château médiéval de France et d'Europe. Construit de 1400 en 1435, durant 35 ans par les Ducs d'Anjou, Comtes de Provence

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Architecture du Château.

Entrée du Château : un pont qui enjambe les douves.

Plusieurs corps de bâtiments le composent.
Au Nord, la Basse-Cour destinée aux communs.

 

 

Apothicairerie
Dans cette aile, une remarquable apothicairerie provenant de l'Hôpital Saint-Nicolas de Tarascon, œuvre de sœur Marguerite Janin. Deux cents pots en faïence de la Manufacture royale de Montpellier de Jacques Ollivier.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le logis seigneurial.

En face, le Logis seigneurial dont les murailles ont quatre mètres d'épaisseur. On y trouvait un riche mobilier, dont un dressoir, un lit, des coffres, un retable, des tapisseries finement ouvragées et brodées. Certaines suites pour les chambres et les chapelles sont de drap d'or, d'autres de velours ou de damas, étoffes d'Italie, de Lucques ou de Gênes,ou, plus exotiques, tapis de Valence ou de Turquie. Les tissus brodés d'armes et de devises, de scènes de la vie du Christ ou des saints, d'histoires de l'Antiquité ou de scènes courtoises sont réalisés sur place par l'Atelier du Flamand Pierre de Billant.

La vaisselle de table est somptueuse en or, argent ou vermeil (aiguières et hanaps, drageoirs et salières). De nombreux bijoux en or et pierres précieuses : colliers, médailles pour les coiffes, broches pour les manteaux, bagues de rubis, diamants, émeraudes.

Les Tours, forteresse mais aussi résidence princière.

Il y a deux tours rondes appelées (tour de l'Horloge et tour des Chapelles).

Deux tours carrées de 45 m de haut à l'ouest qui témoignent de la puissante forteresse que représente le château, mais aussi résidence princière. Les appartements sont élégants : larges fenêtres ouvrant sur le fleuve, plafonds à caissons, voûtes gothiques, figures sculptées composent un logis seigneurial remarquable.

Une cour d'honneur avec des escaliers à vis dont un intégré dans une tourelle.

Ces escaliers desservent trois étages.

A l'intérieur de magnifiques salles ornées de hautes cheminées et de plafonds à la française. Des closoirs décorés entre les solives représentent des dessins admirables de bestiaires.

 

  

 

Les graffitis du Château.

Au 17ème, les prisonniers marins catalans dessinent des bateaux médiévaux et des galères de combat. On y trouve aussi des graffitis à caractères religieux (livre de Job) et profane (un jeu d'échecs et de trictrac), ainsi que de nombreuses citations.

Le château du Roi René, écrivain, mécène.

Le château a été habité par le frère de Saint-Louis, Charles d'Anjou.

Ensuite, vient le règne du Roi René, surnommé, le bon roi René, fils de Louis d'Anjou et de Yolande d'Aragon. René vient au monde en 1409 à Angers et décède le 10 juillet 1480 à Aix en Provence. En 1420, il se marie avec Isabelle de Lorraine. De cette union naissent plusieurs enfants. Au décès de son épouse, il se remarie avec Jeanne de Laval, maîtresse femme qui exécutera les volontés testamentaires de son époux.
Le roi René est un mécène averti. Il accueille de nombreux artistes. Écrivain, il est l'auteur de poèmes et de romans, dont le plus connu est le
Livre du Cœur d'Amour épris.

A sa mort, à l'âge de 71 ans, selon ses volontés son cœur et son corps seront déposés à la Cathédrale Saint-Maurice d'Angers, tandis que ses entrailles resteront à Aix-en-Provence dans le couvent des Grands Carmes.

Le château de Tarascon a rempli une double fonction à la fois résidentielle et militaire.

Le  Château au fil du temps...

En 1481, Charles du Maine, cède le Comté de Provence à Louis XI, roi de France dont le château de Tarascon.

En 1652, le château est bombardé par la Fronde des Princes, et l'on peut voir l'impact des boulets de canon sur la façade extérieure, côté Rhône.

 

 

 

Le Château, prison royale et républicaine

Du XVIIIème siècle jusqu'en 1926, le château de Tarascon est prison d'Etat.

En 1926, il est classé monument historique. Le Château est racheté par l'Etat.
Aujourd'hui, il est devenu la propriété de la ville de Tarascon.

 



 

 

Nous terminons la visite par « Les chambres des Merveilles ». Exposition du 6 avril au 4 novembre 2018. Sept cabinets lumineux ou sonores rassemblent près de 250 objets de différentes époques : colliers, coquillages, minéraux, instruments scientifiques, créatures chimériques, statuettes en jade, masques rapportés des terres lointaines etc...

 

 

Accueil à l'Hôtel de Ville de Tarascon par le Monsieur le Maire, Lucien Limousin.

A midi, un apéritif sympathique et convivial nous attendait dans le magnifique et prestigieux Hôtel de Ville de Tarascon, en présence de Monsieur le Maire qui a remis la médaille de la ville à notre Présidente pour l'édition de son livre « Sur les Chemins d'Alphonse Daudet ».


Le restaurant « Le Château », nous accueille avec une savoureuse gardiane arrosée de côtes du Rhône régalant nos papilles

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La rencontre avec Sainte-Marthe. Mais qui est Sainte-Marthe ?

Marthe est la sœur de Marie-Madeleine et de Lazare. Noble femme juive de Palestine, elle vit en Béthanie, près de Jérusalem. Maîtresse femme, elle se distingue par son énergie, son amabilité, sa charité envers les pauvres et par l'hospitalité délicate qu'elle réserve à Jésus et à ses disciples. Chassée de Palestine, elle accoste sur les côtes de Provence.
Lazarre évangélisera Marseille, Marie-Madeleine la région d'Aix et Marthe restera à Tarascon. Appelée par les Tarasconnais, elle s'approcha du dragon en lui présentant la croix et en lui lançant de l'eau bénite. La bête s'amadoua.

Marthe termina sa vie dans la prière, le secours des pauvres et l'enseignement de l'Evangile. Son culte est répandu dans le monde entier.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le perron de la Collégiale nous attendait, notre second guide, le colonel M. Mastai qui nous a décrit admirablement l'historique ce site.

La Collégiale royale Sainte-Marthe

C'est l'un des sanctuaires les plus célèbres de Provence. Au cœur d'une maison romaine découverte en 1979 sous la crypte actuelle, se trouve la tombe du 1er siècle.

 Au 4ème siècle, une première basilique accueille le sarcophage de sainte Marthe.

En l'an 500, Clovis, tombé malade vint y prier pour sa guérison. En 1187, furent redécouvertes les reliques de Sainte Marthe.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De toute la chrétienté, on vint alors en pèlerinage à Tarascon. Les miracles étaient innombrables. Cadeaux somptueux dont celui du roi Louis XI.

 

L'église haute, restaurée en style gothique, présente son porche roman martelé à la Révolution. On trouve 12 chapelles et une rare collection de tableaux du 15ème au 18ème. (Nicolas Mignard, Hans Klamer, Pierre Parrocel, Carl Van Loo). Une chapelle conserve une Sainte Epine de la Couronne du Christ. De grandes orgues exceptionnelles (1604-1712) restaurées en 1984.

 

Le clocher

lors des bombardements du 16 août 1944, la flèche et le campanile furent détruits. Des quatre cloches formant le carillon, seule reste la plus ancienne, celle du roi René, elle sonne aujourd'hui les heures.

 

Une superbe chasse de Sainte-Marthe en or massif de 35 kg. La municipalité en 1793 fut contrainte de l'envoyer à la monnaie de Marseille.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons eu le privilège d'avoir des guides passionnés qui nous ont transmis une étape de notre Histoire de France. Ces sites emblématiques à la notoriété particulièrement forte. Des sites d'exception de notre patrimoine provençal que certains membres ont découvert ou redécouvert. Ces lieux, au-delà de l'attrait qu'ils génèrent, servent de point de départ pour une véritable plongée au cœur de notre département, au cœur de notre identité.

 

Cette promenade d'exception tant sur le plan de la qualité  que de la convivialité restera un moment privilégié sur les Chemins d'Alphonse Daudet.

 

                              

 

Monique Degrave

Présidente de la Fédération Eternel Alphonse Daudet

                             

Illustration photos Daniel PRATS