FEDERATION ETERNEL ALPHONSE DAUDET

SORTIE EN VOIE DOMITIENNE

Sur les chemins d’Alphonse Daudet – JONQUIERES SAINT VINCENT

SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015

 

Etaient présents :

M.Jean-Marie FOURNIER, maire de JONQUIERES St VINCENT, Mme GAYAUD, M. Alain COULLOMB, M. GIBELIN,

Monique DEGRAVE, Robert GRIOT, Robert THILLIER et Mme, Ginette DUMAS, Pierre QUEYRANNE, Jean VALES et Mme, Michel SITJAR et Mme, Viviane et Jean-Pierre FRA, Daniel PRATS, Josiane MORIN, Colette et Claude FERRAND, Anne et Claude GRASSET, Julie FAURE, Claudette JAUBERT, Danièle BATY, Jean-Alain BAUGUEN, Emma CUPILLARD, Michel FALLORD, Michèle FOULGOC, Joëlle et Claude CADENAT, Yvette MAZZANTI, Christiane MATHIEU, Claude CORNEC, Richard CZABANSKI

 

Absents excusés : Henri SEGAUD, Christiane et Maurice CHAMAND, Chantal GARCIA, Anny SANCHEZ, Gérald GATTERRE, Evelyne LAVIE, Francine ROUX, Jacques SOULIER, Micheline MOUGNEAU, Michel DUMAS.

 

 

En cette belle journée du 26 septembre 2015, nous avions rendez-vous à 9 h 30 devant la chapelle Saint Laurent située en bordure de la route Nîmes-Beaucaire après Jonquières St Vincent. Nous étions accueillis par  M. Jean-Marie FOURNIER, maire de Jonquières, M. Louis GIBELIN ancien maire, M. Alain COULLOMB, Mme GAYAUD, Mme FESQUET, M. CADENAT.

 

Cette chapelle datant du XIIème siècle, appartient à la commune et est classée aux monuments historiques.

 

 

Cette chapelle était située sur un terrain marécageux  (la palud) qui a été asséché. Il semblerait que sa construction ait succédé à un temple païen (présence de villa gallo-romaine). Et côté levant  il y avait un cimetière dont il reste une croix avec sur le socle des armoiries. Un chemin traverse ce marais – le chemin des poissonniers ou chemin du sel et rejoint Beaucaire.

 

 

 

A l’intérieur de la chapelle nous pouvons voir une exposition de photographies retraçant les évènements historiques et l’évolution  du village qui a été présentée à l’occasion des journées du patrimoine.

 

Cette chapelle d’architecture carlovingienne possède 2 colonnes soutenant la voûte du chœur. Ce sont des bornes milliaires. La proximité de la voie romaine qui passe au sud de Jonquières explique la présence de ces pierres.

 

Elle fut brûlée plusieurs fois, notamment lors des guerres de religions et restaurée (la dernière restauration fut faite par l’ancien maire M. GIBELIN. Avant-guerre, il y était célébré une messe lors des fêtes de la St Vincent.

 

A la fin du XIXème siècle, le territoire couvert de marécages, est alimenté par de nombreuses sources.

Le secteur de vie est réparti en trois quartiers : le quartier St Vincent, le quartier de Jonquières, le quartier St Laurent.

 

Nous partons à pied en direction du Mas Saint Laurent. Là, Monique DEGRAVE évoque la jeunesse d’Alphonse Daudet qui a séjourné en ces lieux et a commencé à rédiger « Le petit chose » roman en partie autobiographique. De même, le hameau St Vincent, l’aurait inspiré pour écrire une nouvelle : « Les Deux Auberges », insérée dans les « Lettres de Mon Moulin ».

Monique DEGRAVE relate dans les grandes lignes pour les nouveaux membres la vie du petit Alphonse.

 

ALPHONSE DAUDET - LE PETIT CHOSE

Une jeunesse méridionale de 1840 à 1857

 

 

« PETITE ENFANCE  Naissance à NIMES.

 

1840 Famille nourricière Garimond  - FONS

 Alphonse Daudet naît à Nîmes, 20, cours Gambetta le 13 Mai 1840, au deuxième étage d'une maison bourgeoise.

Vincent Daudet, négociant en soies épouse Adeline Reynaud, la fille d'un riche soyeux des Cévennes. Les affaires sont florissantes. Adeline, de santé fragile, et comme il est coutume dans les familles bourgeoises de l'époque, place le nouveau-né dans la famille Garimond à Fons.

A trois ans,  le petit Alphonse revient à Nîmes, mais sa santé reste précaire.

 

1843 Famille nourricière Trinquier  BEZOUCE
Une nouvelle famille nourricière est trouvée à Bezouce.  C'est la famille Trinquier, le père dit « Jean  de la Mamare », la mère, les enfants une fille la Trinquierette qui allait jouer un rôle déterminant dans les émois amoureux d'Alphonse, et deux garçons.

C'est là qu'il apprend le provençal, à lire, à écrire, à courir dans la campagne dans les vignes et les champs d'oliviers, à dénicher les oiseaux, avec ses petits camarades de jeux...Une vie de liberté, de parfums, d'odeurs et de sons.

 

1847 : 7 ans, il revient chez ses parents, ses frères Henri et Ernest, et une petite soeur Anna qui vient de naître.

La faillite est prononcée et son père Vincent vend sa fabrique aux Carmélites d'Aix en Provence.

1849 :  La famille quitte Nimes ville-lumière pour Lyon ville-brouillard. Il y reste huit ans, jusqu'en 1857. Il fait l'école buissonnière, et préfère  passer ses journées sur l'eau.

A la Manécanterie de Lyon, le professeur l'apostrophe dans la classe :

Hé, vous, là-bas, le PETIT CHOSE.

1856 : Le frère aîné Henri tombe malade et meurt à 24 ans.  Alphonse a 16 ans et apprend la nouvelle par un télégramme « Il est mort ! Priez pour lui! ».  Et le cri de douleur humaine du père.

1857 :  La famille éclate. Vincent trouve un emploi de commis, Adeline et Anna rentrent à NIMES, Ernest part pour PARIS, Alphonse part pour ALES.

 

1er Mai 1857 – Arrivée au Collège d'ALES.

Il a 17 ans, il est pion, il touche un salaire.

 

Daudet restera 6 mois à ALES qui le marqueront d'une tache indélébile. Il masque son mal être en composant des vers.

Les Amoureuses, Les Prunes. Enfants d'un jour,   poème composé pour la naissance de Louis, fils de Louis-Hyppolyte et d'Antoinette Vernez (fille de Marcel et de Zoé Reynaud).

Adolescent, mal dans sa peau, séparé de sa famille. Son hypersensibilité se heurte à la rude vie cévenole et aux quolibets qui fusent dans les classes, au mépris et aux humiliations du pauvre.

Le 10 août 1857, c'est la distribution des prix par une chaleur accablante. Il renonce à présenter le baccalauréat. Il passe ses vacances à Lasalle. Il y compose la Perle des Vallons.

Le 7 octobre 1857, l'année scolaire reprend, aussi  dure, voire insupportable.

A la suite d'une intrigue amoureuse, il est renvoyé du Collège.

 

Le 1er novembre 1857, il arrive à Paris et tombe dans les bras de son frère Ernest.

Sa jeunesse méridionale est terminée.

Sa jeunesse parisienne commence elle va durer 10 ans.

 

Mariage

Le 29 Janvier 1867, Julia Allard, intelligente et dévouée qui donna un plein développement à ses dons vraiment grands de romancier. Romancier qui atteignit une renommée mondiale.

Ici, commence l'HISTOIRE du PETIT CHOSE.

En février, mars 1866, Daudet fuit les brumes de Paris, et s'isole à Jonquières St Vincent, dans le Mas  St Laurent, propriété de son cousin Louis Daudet.

Il est seul et prépare une fin pour une pièce de théâtre qui ne vient pas. Dans ce grand logis de campagne, désert, perdu, il retrouve le soleil, le mistral, les jours heureux de sa petite enfance. Commencé dans les premiers jours de février, ce fougueux de travail s'arrêtera fin mars.

 

Un isolement total. Seule personne la femme du baïle qui lui sert son repas, au bout de la vaste salle à manger, dont toutes les fenêtres sont fermées.

Une promenade le soir, dans l'allée de hauts platanes.

 

Alors, il prend sa plume et commence la première phrase du Petit Chose :

« Je suis né le 13 mai 18.., dans une ville du Languedoc, où l'on trouve, comme dans toutes les villes du Midi, beaucoup de soleil, pas mal de poussière, un couvent de Carmélites et deux ou trois monuments romains ».

Je laisse au lecteur de ces lignes le soin de lire ce chef-d'oeuvre à l'usage de l'enfance et de la jeunesse. Pépite pour les générations à venir.

Daudet dira plus tard : « aucun de mes livres n'a été écrit dans des conditions aussi désordonnées que celui-ci ». Ni plan, ni notes, une improvisation forcenée sur de longues feuilles de papier, rugueux et jaune.

 

Pourquoi cet amour pour la Provence ?

On trouve les racines cévenoles, sa naissance à Nîmes, l'apprentissage du provençal à Bezouce, qui a été son Maillane à lui.

Ses impressions d'enfance et le sentiment de l'exil lui ont donné ce goût pour la saveur de la langue populaire et la noblesse des moeurs rustiques.

Fin mars 1866, il rentre à Paris pour retrouver une charmante, intelligente jeune fille de la bourgeoisie parisienne : Julia ALLARD. Il se fiance et les premières pages du manuscrit sont placées dans un tiroir, pendant quelque temps.

 

En Janvier 1867, Daudet a 27 ans, épouse Julia, à l'église St Denis du Sacrement, rue de Turenne à Paris. Somptueux repas chez Véfour, célèbre restaurant parisien fondé en 1784. Le couple part en voyage de noces dans le Midi. Visite aux parents de Nîmes, à la famille Ambroy du Château de Montauban à Fontvieille, au grand ami Mistral à Maillane, et ensuite à Cassis.

 

Mais Le PETIT CHOSE reste dans le tiroir de la table de travail.

Daudet heureux, fait le plein d'images, d'expressions provençales, d'anecdotes, de parfums, d'odeurs, de coins à l'abri du mistral, le cagnard, de couleurs, la mémoire des sens, des sons, bref il note tout dans un petit cahier vert dont il puisera son  inspiration pour ses futurs chef d'oeuvre.

 

Alphonse reconnaît que la musique et les bruits le frappent beaucoup plus que la vue, car Daudet est myope.

 

Sous la protection bienveillante de sa chère épouse, il se remet au travail et ressort du tiroir le PETIT CHOSE.  Rien ne pourra rendre Julia plus heureuse que de voir son mari réussir en littérature.

ETE 1867 : sous les ombrages du château de Vigneux, propriété des parents de Julia,  Daudet se remet à la deuxième partie de son roman.

A l'automne, le livre, enfin terminé, parut en feuilleton au « Petit Moniteur » de Paul Dalloz, à qui il est dédié.

 

En 1868, l'éditeur Hetzel lance Le PETIT CHOSE en plusieurs éditions successives ».

 

 

                                            

 

Sur les grilles de l’entrée du mas les lettres LD (Louis Daudet) cousin germain d’Alphonse Daudet, fils de Claude Daudet (frère de Vincent) et d'Irma David. Actuellement, Fernand Daudet, arrière-petit-fils de Louis Daudet, séjourne avec sa famille au mas St Laurent plusieurs mois par an.

 

Le groupe poursuit la visite sur la voie domitienne qui relie l’Italie à l’Espagne et passe dans le Gard – au sud de Jonquières- avant de rejoindre beaucoup plus loin Narbonne. Elle arrive de Nîmes par la porte Auguste puis la route de Beaucaire.

 

Nous nous arrêtons devant la 10e borne milliaire puis poursuivons jusqu'à la borne des « novis » où les futurs mariés de Jonquières venaient avec le notaire sceller le contrat de mariage qui allait les unir.

La via domitia reprend le tracé de la route « héracléenne » célèbre pour le passage d'Hanibal et de ses trente-sept éléphants.

 

La visite se poursuit à la mairie de Jonquières construite en 1902 par l’architecte Louis Augère (il a construit le musée des Beaux-Arts rue Cité Foulc à Nîmes) à la demande de M. Théophile Michel, maire de l'époque, qui demande aussi la construction d’une fontaine monumentale.

 

L’édifice d’architecture du Bourbonnais, (petit manoir avec toit en ardoises, murs en briques roses, clochetons et tourelles) est inauguré par Gaston Doumergue, député du Gard et ministre des colonies. Un repas de 400 couverts est offert aux personnalités dans l’école des garçons. Cette manifestation est agrémentée par la présence d’un grand chanteur d’opéra (GIBERT) et d’une violoniste (COMBRET). L'après-midi une course de vaches est offerte à la population sur la place du village. Les élections suivantes le maire fut battu !

 

 

La présidente prononce quelques mots et remercie vivement le Maire de son accueil et lui remet la médaille de la Fédération Eternel Alphonse Daudet. Ci-après le discours :

 

« Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour mes chers Amis de Daudet,

Bonjour Monsieur le Maire,

 

Les membres de la Fédération Eternel Alphonse Daudet vous remercient pour vôtre chaleureux accueil.

Notre célèbre écrivain, enfant du pays du Gard, Alphonse Daudet, nous a conduits jusqu'à Jonquières-St Vincent, grâce à un roman  « Le Petit Chose » écrit en février et mars 1866, au mas St Laurent, dans la propriété de son cousin germain Louis Daudet.

Le Mas est toujours habité par la famille Daudet. Actuellement, par Fernand Daudet, ingénieur. Son frère Jean-Marie et sa sœur Marie-Françoise y viennent régulièrement. Leur père, Pierre Daudet, a été professeur de droit, archiviste et paléographe du grec palaios (ancien), étude des écritures anciennes. Une place de Nîmes (route d'Avignon) porte son nom.

Le grand-père Fernand Daudet a été avocat et bâtonnier à Nîmes.

 

« Le Petit Chose » est une œuvre majeure pour Daudet,  un roman en partie autobiographique, imprégné de ses souvenirs d'enfance et de ses six mois au Collège d'Alès.

Ce roman va le propulser, à 28 ans, dans la sphère littéraire du XIXème siècle au niveau des plus grands : Gustave Flaubert, Emile Zola, Edmond de Goncourt, Tourgueniev.

 

La Fédération a choisi de venir aujourd'hui dans votre ville pour Daudet, mais aussi pour découvrir les trésors qu'elle renferme.

 

La chapelle St Laurent, site classé, la via domitia, les bornes milliaires qui nous ont fait voyager avec les Romains, les moulins à vent, cet après-midi,  tout autant de richesses qui font partie de votre patrimoine.

 

Les journées du Patrimoine ont montré combien les français sont nombreux  à manifester leur attachement à leur Patrimoine.

 

La France est parmi les premières destinations touristiques au monde. Un touriste sur deux y vient pour la richesse de son patrimoine et le renom international de ses grands hommes.

 

Lors de notre entrevue, Monsieur le Maire, vous m'avez dit : « ma famille est sur Jonquières-St Vincent depuis plusieurs générations », et j'ai compris combien vous aimiez votre ville, votre patrimoine. Il y a quelques années, vous avez entrepris la restauration des Moulins des Aires.

Personnellement, et avec plusieurs membres de la Fédération, nous avons assisté à l'inauguration. Daudet est un écrivain du MIDI. Son œuvre nous enracine dans cette région de Provence que nous aimons tant. Alphonse Daudet lui a donné toutes ses lettres de noblesses par sa poésie musicale, sa sensibilité et son don d'observation dans son œuvre.

 

Aujourd'hui, il me semble important, voire « urgent » de faire une large place à notre langue française et à notre littérature française.

La Fédération qui est une association à la fois littéraire, culturelle et touristique, est en train de mettre en place, une carte graphique en couleurs, douze volets.  Cette carte servira à construire un pont daudétien entre les villes et les villages où Daudet a laissé ses pas. Elle sera un fil conducteur pour tous ceux qui souhaitent découvrir l'histoire de leur région. Elle sera un support pour les voyages scolaires, les associations diverses, les visiteurs locaux, les universitaires.

 

D'un pont à l'autre, on trouvera 24 chemins de Daudet.

L'année dernière, nous avons cheminé à LASALLE dans les Cévennes, BELLEGARDE en terre d'Argence.

 

En Avril 2015, BARBENTANE et GRAVESON en montagnette.

 

Ces sorties daudétiennes se font sur les sites marquants qui ont forgé notre Histoire.

La Fédération Eternel Alphonse Daudet, les communes partenaires et les offices de Tourisme, créeront ce lien qui nous unit les uns aux autres, l'amour de notre patrimoine et l'amour de notre illustre écrivain : Alphonse Daudet ».

Monique DEGRAVE

Présidente de la Fédération Eternel Alphonse Daudet

 

Un apéritif est offert par M. le maire et son conseil.

 

Et nous allons en direction du restaurant « LE ROBINSON » à Beaucaire, où la famille LEON-BLANC nous accueille dans la plus pure tradition provençale. Au cours de ce repas, nous avons une pensée pour Maurice Chamand et lui souhaitons ainsi qu’à Christiane son épouse toutes nos affectueuses pensées.

 

Michel SITJAR agrémente ce repas de quelques bonnes histoires dont il a le secret. On se lève de table après avoir chanté « LA COUPO SANTO ».

 

 

 

L’après-midi nous repartons vers Jonquières pour visiter Les moulins à vent des Aires.

Sur la commune se trouvaient deux moulins, l'un au sud et datant de 1649, l'autre au nord et datant de 1785. Ces moulins appartenaient à la famille Subey, minotier, et fontionnaient encore au XIXème siècle.

La commune a acheté les deux moulins en 1960. Un important travail de restauration a été entrepris sur les moulins. Charpente, toiture, ailes et le mécanisme de meule seront reconstitués.

 

A cet effet, M. le maire a proposé de remonter les voiles sur les ailes et faire une démonstration du travail du meunier. Mais il y a peu de vent. Toutefois, nous pouvons admirer les parties rénovées qui permettent de comprendre le fonctionnement du moulin.

 

La journée avance et nous devons poursuivre vers la cave coopérative où les vignerons créateurs présente la cuvée MILLE X et offre une dégustation à notre groupe.

 

En face de la cave coopérative se trouvent les deux auberges.

 

La journée s’achève et tous les membres se séparent à regret, mais pleins de bons souvenirs de cette excellente journée. Retour à la page d'accueil