VISITE EN ARDECHE

SAMEDI 12 JUIN 2010

 

Le samedi 12 juin 2010 a eu lieu la traditionnelle sortie annuelle réunissant la Fédération Eternel Alphonse Daudet, l’Association Arts, Rencontres Provence et le Club Richelieu d’Alès Cévennes.

 

Le car parti de Tarascon très tôt le matin a fait étape à Nîmes, à la Calmette puis à Alès pour amener le groupe au Domaine Olivier de Serres sur la commune de Le Pradel – Mirabel à 15 mn d’Aubenas en Ardèche. Le temps s’était amélioré dans la nuit, la journée s’annonçait belle.

 

Nous avons été reçu par une animatrice au Musée dans la salle de conférence pour nous présenter pourquoi ce lieu et qui est Olivier de Serres.

 

Olivier de Serres est né à Villeneuve de Berg – bastide royale en 1539 sous le règne de François 1er. Il est issu d’une famille de riches commerçants drapiers. Il est l’aîné de 5 enfants. Il apprend le Grec et le Latin et part à l’Université de Valence. Il complète ses études par des voyages en Italie, en Allemagne, en Suisse. Il s’intéresse et se convertit au protestantisme, il adhère aux idées de Calvin.

 

A la mort de son père, il hérite et achète un domaine agricole sur la Commune de Mirabel. Ce sera le Domaine du Pradel. Il se marie avec Marguerite d’Arcons et a 7 enfants.

 

A 40 ans, il se retire dans son domaine où il crée un système de captage d’eau. Il pratique l’élevage du vers à soie. Il achète les plants de mûriers blancs chez Trenquier à Nîmes. La soie ayant été découverte par les Chinois 3000 ans avant JC.

 

Il est aussi écrivain : il publie « Le Théâtre d’Agriculture et Mesnages des Champs ». Il rassemble les recherches qu’il a effectuées sur l’agriculture de son temps. Mais, plus qu’un traité d’agriculture, c’est une leçon de vie, il y distille à la fois de sages méditations et de profondes connaissances théoriques et pratiques.

 

Les huits « lieux » du Théâtre  (en Français de l’époque):

 

-        Du devoir du Mesnager : C'est-à-dire de bien cognoistre et choisir les terres, pour les acquérir et les employer selon leur naturel. Approprier l’habitation champêtre et ordonner de la conduite de son ménage.

-        Du labourage des terres-à-grains : Pour avoir des blés de toutes sortes.

-        De la culture de la vigne : pour avoir des vins de toutes sortes : aussi des passerilles et autres gentillesses procédantes des raisins. Ensemble de se pourvoir d’autres boissons, pour les endroits où la vigne ne peut croistre.

-        Du bétail à quatre pieds : des pasturages pour son vivre, de son entretenement et des commodités qu’on en tire.

-        De la conduicte du poulailler : du colombier, de la garenne, du parc, de l’estang, du rucher et des vers-à-soye.

-        Des jardinages : pour avoir des herbes et fruicts potagers, des herbes et fleurs odorantes, des herbes médicinales, des fruits des arbres, du saffran, du lin, du chanvre, du guesde, de la garance, des chardons-à-draps, des rozeaux : en suite, la manière de faire les cloisons pour la conservation des fruicts en général.

-        De l’utilité de l’eau et du bois.

-        De l’usage des alimens : et de l’honneste comportement en la solitude de la campagne.

 

C’est de cette période que sont importées les cultures suivantes : pomme de terre, riz, canne à sucre, houblon, tabac, céréales, grâce aux découvertes des navigateurs.

 

Il a institué l’enrichissement des sols, améliorer la productivité par la rotation des cultures et l’assolement triennal. Avec Barthelemy de Laffemas, Conseiller chargé du Commerce et de l’Industrie sous Henri IV, il a développé la culture du vers à soie.

Il est mort en 1619 à l’âge de 80 ans et on suppose qu’il est enterré à Villeneuve de Berg, mais on n’a pas trouvé de trace de sépulture (En 1628 le Pradel sur ordre de Richelieu a été entièrement rasé). Il ne reste pas de traces matérielles d’Olivier de Serres, hormis le Théâtre d’Agriculture et l’unique portrait réalisé par son fils Daniel qui le représente à 60 ans.

 

Nous avons visité l’espace Muséographique où sont évoquées ses recherches et notre visite s’est achevée par la traditionnelle photo du groupe sur les terrasses du Domaine. (la photo paraît sur le quotidien  « le Dauphiné libéré»). Ensuite nous avons pris un repas dans les salles de l’EPLEA (Etablissement Public Lycée d’Enseignement Agricole) C’est un lieu qui permet des stages de formation en agriculture en partenariat avec le Lycée Agricole d’Aubenas.

 

Hélas nous n’avons pas pu visiter la ferme et les espaces autour du Musée, car il nous fallait poursuivre notre visite au musée de la Vignasse  à Saint Alban Auriolles. De même nous n’avons pas pu visiter la commune de Mirabel sur laquelle se trouve le Domaine du Pradel.

 

A notre arrivée au Musée nous avons été reçu par M. Marc Renaud qui nous a amené dans la maison où la famille Reynaud (côté maternel de l’écrivain) passait une partie des vacances. Dans la cour sont exposés des objets usuels des métiers de l’agriculture. Le portrait d’Alphonse Daudet en céramique figure sur un mur, de même que un tableau représentant « la chèvre de Monsieur Seguin » et un autre « la Mule du Pape ».

 

Nous avons pénétré dans la maison où son exposés des photos, des gravures, des affiches, des documents originaux des textes d’Alphonse Daudet dans toutes les pièces : le couloir, le salon, la cuisine avec son imposante cheminée et tous les instruments pour l’usage culinaire, la chambre d’Alphonse Daudet, son lit, son bureau… et un salon où l’on peut admirer les costumes de l’époque. Nous avons hélas, été limité par le temps, ce qui ne nous a pas permis de nous attarder plus longuement sur cette multitude d’objets.

 

Des rafraîchissements et des gâteaux nous ont été proposés par nos hôtes dans le parc à l’ombre.

 

Et nous avons du songer au retour en nous promettant de revenir afin de refaire une visite plus détaillée. La journée s’est achevée avec bonheur et plein de souvenirs sur deux illustres personnages qui ont marqué chacun leur époque dans leur domaine respectif.

 

Grand merci à M. Henri Segaud, Président de la Fédération « Eternel Alphonse Daudet » d’avoir imaginé cette sortie pleine de riches enseignements.

 

La secrétaire

Ginette Dumas

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