ALPHONSE DAUDET "Sa vie et son Oeuvre"
Alphonse Daudet naquit à Nîmes le 13 Mai 1840, dans un immeuble du Boulevard Gambetta.
Le petit Alphonse était de santé fragile. C'était un enfant difficile. Très coléreux, il se cognait parfois, paraît-il, la tête contre les murs. Ses parents le confièrent aux époux Trinquier du petit village de Bezouce où il passa trois ou quatre ans. C'est à l'école du village qu'il apprit à lire et à parler provençal.
Ses parents étaient d'honnêtes et aisés fabricants de foulards. Ils furent ruinés par la Révolution de 1848 et le foyer fut dispersé malgré les efforts désespérés de la famille, réfugiée à Lyon en 1849 alors qu'Alphonse avait 9 ans.
Daudet avait deux frères: l'aîné Henri, s'était voué au sacerdoce et mourut jeune. Le deuxième, Ernest, partit pour Paris lors de la débâcle et se fit un nom honorable dans les lettres. Alphonse, qui avait poursuivi ses études au lycée Ampère à Lyon ne devait le rejoindre qu'après avoir connu les tristes humiliations d'un maître d'étude dans un collège d'Alais.
A 17 ans, le petit méridional, timide et pauvre, arrive à Paris. Là, après quelques années d'angoisses et de privations, il fit sa place de haute lutte parmi les romanciers contemporains grâce à un "talent original" que voulurent bien lui reconnaître les critiques de l'époque.
Cependant, tout en devenant rapidement très parisien, il demeura toute sa vie le Méridional, les yeux pleins du grand soleil de sa patrie nîmoise.
Il convient de préciser que c'est à partir de 1862, lorsqu'il devint le secrétaire du Duc de Morny que son existence fut transformée. "Je passais subitement, écrit Daudet, de la vie de bohème la plus bizarre à une vie de papillon goûtant à tous les plaisirs".
Déjà, en 1859, sa situation s'était améliorée lorsqu'il collabora au "Figaro".
En 1867, il épouse une parisienne Julia ALLARD, qui lui donnera trois enfants: Léon, né en 1868, mort en 1942 à St Rémy de Provence, Lucien, né en 1883 et Edmée. née en 1886.
Il avait 20 ans en 1860, lorsqu'il revint dans le midi. C'est grâce à Lamartine, qui avait consacré tout un article dans le " Cours familier de Littérature" à "Mirèio" , que venait d'écrire Frédéric Mistral.
Ayant lu cet article, Daudet n'eut qu'une idée: faire la connaissance de Mistral, son compatriote et presque son voisin de Provence: Maillane étant à moins de 40 Kilomètres de Nîmes.
Dés l'été 1860, il rencontrait Frédéric Mistral à Maillane. Ce fut le coup de foudre. Ils restèrent d'excellents amis durant toute la courte vie d'Alphonse.
Après quelques jours passés avec le poète, Alphonse vint à Fontvieille, au Château de Montauban, chez les AMBROY. Daudet connaissait déjà l'existence de cette famille par son cousin Louis Daudet. Pendant 30 ans, l'écrivain vint à Montauban. "J'arrivais sans prévenir, écrivait-il, sûr de l'accueil annoncé par la fanfare des paons, des chiens de chasse Miracle, Miraclet et Tambour qui gambadaient autour de la voiture, pendant que s'agitait la coiffe arlésienne de la servante... Cinq minutes de tumulte, puis les embrassades finies, ma malle dans ma chambre, toute la maison redevenait silencieuse et calme. Moi, je sifflais le vieux Miracle et je montais à mon moulin " .
L'œuvre de Daudet est considérable. LES LETTRES DE MON MOULIN sont universellement connues et ont été traduites en de nombreuses langues. C'est en 1866, alors que l'auteur avait 26 ans, que la première série parut dans le journal  "L'événement ". L'événement ayant cessé de paraître, en 1868, le " Figaro "publia les dernières lettres. Au total, trois ans s'écoulèrent pour que les lettres de mon Moulin parurent. En 1868, soit avant la parution des dernières lettres, parut "Le Petit chose". Puis, vinrent à partir de 1869, "Tartarin de Tarascon", "Lettres à un absent" , "L'Arlésienne" , jouée pour la première fois en 1872, sans succès. "Les contes du Lundi ","Fromont jeune" et "Risler Aîné" , "Jack".
Après 1877, parurent une vingtaine d'autres ouvrages dont les plus célèbres sont "Le Nabab" "Les Rois en Exil","Numa Roumestan" , "Sapho" .
D'une santé fragile, très myope, une implacable maladie assaille Alphonse Daudet dès 1884, et le torture jusqu'à son dernier jour le 16 Décembre 1897. Il avait 57 Ans.
Madame Daudet, survécut 43 ans à la mort de son mari. Elle mourut le 22 Avril 1940 à l'âge de 93 Ans.

Georges DUNAN (Association Les Amis des lettres de Marguerittes).
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